Parution en français LES MIROIRS EMPOISONNES, nouvelles de Milorad Pavic

Les miroirs invisibles couverture

Editions Venus d’ailleurs, collection Pallas Hôtel, 2012.

Traduction du serbe.

Couverture de Tino Di Santolo

Les miroirs empoisonnés présente un choix de cinq nouvelles de Milorad Pavić opéré à partir d’un ensemble publié en 1979 puis traduit du… serbe en langue française en 1991 par Maria Bejanovska pour les éditions Belfond, sous le titre Le lévrier russe. (le livre reprend également la postface intégrée à cette édition française, où l’auteur apportait un bref éclairage sur la composition de ses récits et sa conception de l’écriture).
Les textes contenus dans Le lévrier russe, outre leur indéniable qualité, exercent un charme particulier sur le lecteur qui n’est pas aisément explicable — à quoi bon d’ailleurs l’expliquer, puisque cette relation au lecteur aura toujours été un sujet de réflexion essentiel de l’auteur, par l’utilisation de formes narratives dont il s’explique lui-même ? Fût-elle partielle, une réédition s’imposa rapidement, destinée à remettre en lumière les éléments d’une œuvre littéraire qui, depuis deux décennies, a été rejetée dans l’ombre. En effet, malgré l’attention dont ils avaient bénéficié en France (1) et l’intérêt qu’ils continuent de susciter, les livres de Pavić sont devenus pour la plupart indisponibles, alors même que nous sommes encore loin d’en connaître l’intégralité. Offrir un nouvel accès à ces œuvres, contribuer à leur imprimer un nouvel élan, voilà qui recouvre donc une mission estimée d’importance, bien que modeste, celle-ci restant conditionnée à la faible mesure de nos moyens.
Si, comme on le dit, les livres une fois écrits n’appartiennent plus à leur auteur, il arrive que celui-ci soit néanmoins soumis aux événements de l’histoire. Pavić avoue avoir payé pour cela une chère redevance. Certes, toute œuvre — ne serait-ce que par sa propre langue — porte l’empreinte d’un temps, d’un espace géographique précis, mais ce qui nous intéresse ici, bien au-delà des querelles obscures qui agitèrent différents peuples et opposèrent différentes communautés, c’est d’offrir au public la possibilité de redécouvrir un auteur qui a fait de cette mosaïque, de ce croisement des civilisations dont il connaissait toute la richesse, une vraie valeur d’échange.
La collection Pallas Hôtel, créée en 2010, offre trois « portes », qui sont en fait trois voies fonctionnant en accord avec les couleurs primaires : M pour Magenta, C pour Cyan et J pour Jaune. Par la nature des échos qu’il fait résonner en nous, et comme son prénom y prédisposait, Milorad emprunte la porte M, qui est donc celle de la Magie, de l’illusion. En souhaitant que ce point de passage permette d’ouvrir d’autres issues… Ici même et ailleurs, au croisement de mondes encore inconnus, tels que Milorad Pavić se serait plu de les imaginer.
Rémy Leboissetier (Le Lièvre Lunaire)

http://venusdailleurs.over-blog.com/categorie-11517745.html

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A propos bejanovska

journaliste - traductrice littéraire
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