Proposition du roman ERVEHE de Luan Starova (titre en macédonien: Ervehe, Editions Dijalog, 2005, Skopje)

Ervehe couverture

Le roman Ervehe – Livre sur une mère – septième tome de la saga balkanique de Luan Starova est consacré à “la belle, l’admirable et discrète figure de la mère, épouse certes, mais aussi acolyte du grand liseur, servante elle-même des livres, génie silencieux du foyer qui s’active et se tait, qui sait défendre les siens parce qu’elle connaît les langues telles l’italien, le grec et le français”.

Il y a dans ce livre tout de douceur et de larmes radieuses, une forte charge émotive. Cet ouvrage a, par ailleurs, le mérite d’élever la femme albanaise et balkanique au-dessus de toutes les contradictions qu’elle rencontre dans l’histoire de la péninsule, tout en la rendant proche et acceptable pour tous les lecteurs, à quel qu’endroit qu’ils se trouvent et quelles que soient leur appartenance ethnique et/ou religieuse. Dans ce livre, qui rehausse le niveau de sa saga et qui constitue un défi de plus pour ses anciens et nouveaux lecteurs, Luan Starova  démontre qu’il écrit pour témoigner et consigner, avant qu’une dernière catastrophe ne vienne disperser les reliques, les dernières archives, les traces volatiles d’une encre trop ancienne sur des parchemins en voie de désintégration.

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« La saga de Starova, qui commence avec les livres de son père, sonne comme une prise de conscience d’une figure symbolique, celle de la bibliothèque elle-même, avec les livres sur les chèvres, sur les anguilles, sur les janissaires et autres phénomènes, une bibliothèque qui se transforme alors en mythe, en bibliothèque des mythes, mythes pénibles, mais riches en espoir pour ces Balkans que nous aimons et que l’auteur s’évertue à nous faire encore aimer davantage sur un fond d’incertitudes et de réactivation de tentations historiques lourdes de conséquences. Ce sont tous ces éléments combinés qui font de la création de Starova une œuvre monumentale dans un contexte qui reste grave et en des heures qui s’avéreront peut-être décisives pour les Balkans”.  (Yves Bonnefoy)

Notice bio-bibliographique

Né en 1941 à Podgradec, en Albanie, Luan Starova a fui son pays en 1945 pour se réfugier de l’autre côté du lac d’Ohrid, dans ce qui était en train de devenir la république de Macédoine, au sein de la Yougoslavie. Devenu professeur de littérature française à l’université de Skopje, il est aussi traducteur en macédonien d’auteurs français. L’oeuvre littéraire de Luan Starova lui a valu de devenir membre de l’Académie macédonienne des sciences et des arts et membres d’honneur de l’Académie des sciences d’Albanie. Quant à l’action diplomatique que Starova a menée, notamment en tant que premier Ambassadeur de la République de Macédoine à Paris, avec accréditation simultanée en Espagne, au Portugal, en Andorre et près l’Unesco, elle lui a non seulement valu honneurs et distinctions (il est, à titre d’exemple, commandeur de l’Ordre français des Arts et Lettres), mais encore offert la possibilité de confronter, et à de multiples reprises, la culture des peuples d’Orient et de ceux d’Occident ce qui, combiné à sa longue expérience de brillant universitaire, lui a permis au bout du compte d’intégrer l’identité balkanique dans sa production romanesque.

Ses romans sont traduits en une vingtaine de langues.

Luan Starova est l’auteur de 13 ouvrages dont sept sont publiés en français:

Les livres de mon père , Fayard, 1998) ; Le temps des chèvres , Fayard, 1998) ; Le musée de l’athéisme , Fayard, 1999 ; Le rivage de l’exil , Éditions de L’Aube, 2003; Le chemin des anguilles , Éditions des Syrtes, 2009; Faik Konitza-Guillaume Apollinaire, une amitié européenne, Esprit des Péninsules, 1998; Poème de Carthage, Ed. des Forges, 2002

autres titres publiés en macédonien:

La forteresse de cendres (2002); Ervehe – Livre sur une mère – (2005); La recherche d’Hélène Lejbovicz (2008); L’amour du Général (2008); Ambassades (2009) ; Nouvelles Ambassades (2011).

Pour son dernier roman Balkanbabel, Luan Starova a reçu le Prix « Roman de l’année » (2015) en Macédoine, décerné par le quotidien Utrinski vesnik.

couv Les Balkanbabyloniens

 

 

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A propos bejanovska

journaliste - traductrice littéraire
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