CERNODRINSKI REVIENT A LA MAISON de Goran Stefanovski à Paris, en juin prochain

Goran Stefanovski

Goran Stefanovski

 

 

CREATION

Après Le démon de Debarmaalo voici un autre texte dramatique de Goran Stefanovski qui sera présenté en juin prochain sur une scène parisienne.

Production : Théâtre national de Syldavie, Mise en scène: Dominique Dolmieu,

Traduction: Maria Béjanovska (éditions l’Espace d’un instant, Paris)

du 2 juin au 20 juin à 20h30.

Maison d’Europe et d’Orient

3, passage Hennel – 75012 Paris 01 40 24 00 55

contact@sildav.org http://www.sildav.org

C’est une pièce sur un personnage Qui N’Est-Pas-Là, et qui est pourtant le personnage principal. Il est omniprésent et brille par son absence. Il ne s’agit pas d’un anonyme ni d’un inconnu. Au contraire, il s’agit de Vojdan Černodrinski, l’un des fondateurs du théâtre macédonien, dont la biographie est aussi riche et tumultueuse que les événements qu’il a vécus. Černodrinski revient à la maison suit les traces profondes et magnétiques que le célèbre dramaturge a laissées dans l’inconscient collectif. Avec une structure en fragments, un style direct et plein d’humour, une galerie de personnages confrontés à des situations ubuesques, Goran Stefanovski nous emmène ici bien plus loin que le simple hommage, au point que chacun pourra, par-delà les nationalités et les générations, reconnaître son propre Černodrinski.

« Un après-midi de l’été 1970, je me suis trouvé sur la place Saint-Marc à Venise. Il est très probable que des Japonais se sont photographiés là-bas justement au moment où je passais derrière eux. Ainsi, une trace furtive de ma jeunesse se serait trouvée sur une photo de leur album familial, disons à Osaka. Ils n’ont aucune idée sur moi, ni moi sur eux, mais voilà, notre rencontre hasardeuse et mystique a laissé une trace. Nous laissons des traces volontaires ou involontaires dans la vie d’autrui. À chacune de nos actions, à chaque mot et chaque humeur nous touchons les autres, proches et lointains. Ces contacts sont tendres et profonds ou brutaux et superficiels ou vice versa. Les autres aussi, bien entendu, laissent des traces en nous. Même les traces des morts qui soi-disant n’existent plus sont vivantes. Lorsque j’étais enfant, ma mère était actrice. Elle mourait tous les soirs en jouant le rôle de Cveta dans la pièce Les Noces de sang macédoniennes de Černodrinski. Au théâtre ces traces sont épaisses et collantes. Chaque scène garde l’énergie et les ombres de tous ceux qui sont passés par elle. Dans le théâtre mondial les traces les plus profondes sont celles de Shakespeare, dans le théâtre macédonien, ce sont celles de Vojdan Černodrinski. En Macédoine, Černodrinski est considéré comme quelque chose d’implicite. On se demande bien ce qui demeure de lui en filigrane. La dernière fois qu’il fut joué, c’était en 1965! Des générations de spectateurs et d’hommes de théâtre n’ont donc pas la moindre idée de qui il s’agit. Il y a quelqu’un d’absent. Est-ce Černodrinski ou nous? Cette pièce suit les traces ensevelies. Certaines sont réelles et nécessaires, d’autres supposées et probables. On prépare un gevrek de la façon suivante: on dispose la pâte en rond en laissant un trou au milieu. Sans ce trou, le gevrek se nommerait un croissant. Le sens du gevrek se trouve dans son vide organisé. Cette pièce dessine un rond en se servant des tangentes ». (Goran Stefanovski).

http://www.sildav.org/images/stories/pdf/dossier_cernodrinski.pdf

http://goranstefanovski.co.uk/

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A propos bejanovska

journaliste - traductrice littéraire
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