Le retour des chèvres, roman de Luan Starova (Vrakanje na kozite, éd. TRI, Skopje 2016)

Après Le temps des chèvres voici Le retour des chèvres

« Luan Starova manie avec intensité la malice et la magie, (…) Gogol n’est pas loin” (Alain Bosquet)

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L’histoire de ce nouveau roman de Luan Starova commence avec l’évocation de son célèbre roman Le temps des chèvres, publié en 1992 et traduit dans une vingtaine  de langues dont le français (Éditions Fayard). Le livre a connu un succès remarquable auprès de la critique et du public français. Le narrateur, un jeune garçon, est confronté à la fin du paradis de son enfance du fait que le régime, dans sa volonté forcenée de créer un homme nouveau en transformant une paysannerie au mode de vie traditionnel en un parangon de classe ouvrière, avait opté pour le massacre des chèvres qui avaient jusqu’alors joué un rôle clef dans une société encore profondément ancrée dans sa ruralité. Écrit il y a plus de vingt ans, ce livre, qui met à nu le mécanisme provocateur du mal totalitaire et dénonce tout le jeu des inerties qui mèneront plus tard aux guerres fratricides des Balkans (Bosnie, Herzégovine, Kosovo etc…) est toujours d’actualité. Parmi les critiques dithyrambiques de l’époque, citons celle d’Alain Bosquet :Le roman le Temps des chèvres est écrit comme une litanie, où les épisodes s’enchevêtrent. La satire s’allie à la parabole, et la fable admet plusieurs interprétations symboliques. Luan Starova manie avec intensité la malice et la magie, (…) Gogol n’est pas loin”.

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Luan Starova au Printemps balkanique (2016) et au Salon du Livre à Paris (2016)

Dans Le retour des chèvres le narrateur est le même que celui du Temps des chèvres mais il est devenu adulte. Nommé ambassadeur de Macédoine à Paris au moment où son roman paraît en français, il a l’occasion de rencontrer et de se lier d’amitié avec d’éminentes personnalités comme Robert Badinter et Edgar Morin qui, après avoir lu Le temps des chèvres, organisent une conférence au Sénat dont l’objectif est d’attirer l’attention sur la situation catastrophique de l’élevage caprin dans ce petit pays des Balkans qui ne cesse de s’appauvrir. À cette occasion l’auteur rencontre aussi les « amis des chèvres » comme Jean Domenc, auteur de nombreux textes consacrés à la chèvre, et l’ingénieur agricole André Decoster de l’association « Chèvres sans frontières ». Tous sans exception se disent prêts à organiser le retour des chèvres en Macédoine afin de réparer en quelque sorte l’erreur catastrophique du régime communiste au lendemain de la Seconde guerre mondiale et d’apporter une aide humanitaire à la population démunie. Et, en effet, après de longs préparatifs, une centaine de chèvres françaises de race, minutieusement sélectionnées et accompagnées de quelques boucs, arrivent par avion spécial à Skopje, la capitale macédonienne. Mais…

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Né en 1941 à Pogradec, en Albanie, Luan Starova a fui son pays en 1945 pour se réfugier de l’autre côté du lac d’Ohrid, dans ce qui était en train de devenir la république de Macédoine, au sein de la Yougoslavie. Devenu professeur de littérature française à l’université de Skopje, il est aussi traducteur en macédonien d’auteurs français. L’oeuvre littéraire de Luan Starova lui a valu de devenir membre de l’Académie macédonienne des sciences et des arts et membres d’honneur de l’Académie des sciences d’Albanie. Quant à l’action diplomatique que Starova a menée, notamment en tant que premier Ambassadeur de la République de Macédoine à Paris, avec accréditation simultanée en Espagne, au Portugal, en Andorre et près l’Unesco, elle lui a non seulement valu honneurs et distinctions (il est, à titre d’exemple, commandeur de l’Ordre français des Arts et Lettres), mais encore offert la possibilité de confronter, et à de multiples reprises, la culture des peuples d’Orient et de ceux d’Occident ce qui, combiné à sa longue expérience de brillant universitaire, lui a permis au bout du compte d’intégrer l’identité balkanique dans sa production romanesque.

Ses romans sont traduits en une vingtaine de langues.

Luan Starova est l’auteur de 13 ouvrages dont sept sont publiés en français:

Les livres de mon père , Fayard, 1998) ; Le temps des chèvres , Fayard, 1998) ; Le musée de l’athéisme , Fayard, 1999 ; Le rivage de l’exil , Éditions de L’Aube, 2003; Le chemin des anguilles , Éditions des Syrtes, 2009; Faik Konitza-Guillaume Apollinaire, une amitié européenne, Esprit des Péninsules, 1998; Poème de Carthage, Ed. des Forges, 2002

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A propos bejanovska

journaliste - traductrice littéraire
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