L’AVALANCHE, roman de Boris Visinski (Lavina, Makedonska revija, Skopje)

traduit du macédonien par Maria Béjanovska

couverture : Kole Manev

L’Avalanche est une radiographie d’une conscience individuelle torturée par les souvenirs de la guerre. D’une façon discrète et non imposée, l’auteur y crée le mécanisme délicat du temps dans la conscience de son héros, en faisant bouger les deux aiguilles à la fois : la grande qui désigne le temps historique et la petite qui détermine le temps subjectif. Le temps historique est représenté à travers un processus dense, symbolique et fluorescent, on reconnaît Skopje des années de l’occupation et cela jusqu’à l’inondation de 1962 qui précédera au tremblement de terre dévastateur de l’année suivante.

L’AVALANCHE est publié en italien, roumain, serbe, espagnol, grec, maltais, anglais (longs extraits dans une revue) et en japonais.

Sujet :
Martin, jeune membre de la Résistance, se voit confier une mission importante : protéger et faire soigner un groupe de résistants terré dans une cave de la ville. Lors d’une rafle, Martin est arrêté et, sous la torture, il prononce le nom de son inséparable ami d’enfance, l’incarnation pour lui de la lutte pour la liberté. Cette trahison emportera sa raison dans les méandres de la folie, là où n’existe plus de frontières entre la réalité et l’imaginaire, le passé et le présent, le conscient et l’inconscient, là où pulse une autre vie, une réalité différente dans laquelle l’homme est présent dans toute son individualité.

Extrait : « J’avais l’impression d’être, depuis un temps infini, grand, énorme, anormalement étiré. Ainsi couché, en découvrant mes jambes, mes orteils paraissaient loin de moi, petits, presque invisibles. Souvent, dès que je me levais, j’avais un sentiment de panique craignant, si je ne me baissais pas, de me cogner la tête au plafond et de le percer. Et c’est ainsi que, penchant mon buste par la fenêtre, j’eus toutes les peines à revenir en arrière.
Ma haute taille me gênait particulièrement, non seulement pour mes mouvements dans la chambre, mais aussi lorsque je sortais et rentrais dans l’immeuble. Seul le hall était vaste, et là je me sentais plus à l’aise. Alors que pour sortir dehors, dans le jardin, je devais surmonter de grandes difficultés. Et pourtant, ce vaste jardin était le seul refuge où je descendais par ces journées étouffantes, au crépuscule seulement, car je ne pouvais le faire avant. Là, je pouvais déployer toute ma taille.
Cette taille faisait de moi un homme marqué. Ceux qui me cherchaient pouvaient mieux me suivre et me reconnaître parmi des centaines et des milliers d’hommes. À part le Juge d’Instruction, rôdaient autour de moi d’autres hommes semblables à lui qui cherchaient à savoir où j’étais, ce que je faisais et le notaient soigneusement. Ce plaisir, je les en privais seulement pendant la nuit quand l’obscurité me protégeait. »

Boris Visinski

Boris Visinski (1929 – 2011 à Skopje, Macédoine) passe son enfance en Turquie et en Iran avec ses parents immigrés. Il revient dans sa ville natale juste avant la guerre de 1941 qui laissera des traces profondes en lui et, plus tard, dans toute son œuvre littéraire. Après avoir terminé ses études de droit à Belgrade, il quitte la carrière de juriste pour se consacrer au journalisme. Il travaille plusieurs années pour le quotidien national Nova Makedonija, puis il dirige Kulturen zivot (La vie culturelle) une revue consacrée à la culture, la littérature et les arts. En 1971, il crée la Macedonian Review qui paraîtra en anglais jusqu’en 1994. Il a effectué plusieurs séjours d’études à Paris, Stockholm et Rome. Il a été président de l’Institut Dante Alighieri à Skopje, membre de l’Association des Ecrivains de Macédoine depuis 1958, et du PEN Club macédonien.
Boris Visinski parlait une dizaine de langues dont le français, l’anglais, l’italien et l’espagnol.

Bibliographie
Nouvelles : Les rivages antiques, Barbara ;
Romans : Ombres et Soif, L’Arc-en-ciel, L’Avalanche, Le Défilé, La mer étroite, La couronne de sable, La peau dans les nuages, La croix de Bogomile ;
Théâtre : La jeune fille, Ratsine ;
Monographie : Vision de la Macédoine ;
Il a reçu des prix prestigieux dans son pays et à l’étranger : « Petrozino », « Mikhail Eminescou », « Mario Restivo » et « Dante Alighieri » pour l’œuvre littéraire d’un auteur étranger en Italie. En Macédoine et en ex-Yougoslavie : Koco Ratsine, 4 juillet (prix yougoslave pour L’Avalanche), Stale Popov ;
Les textes de Boris Visinski ont été traduit dans plus d’une trentaine de langues. Le roman L’AVALANCHE est publié en italien, roumain, serbe, espagnol, grec, maltais, anglais (longs extraits dans une revue) et en japonais.

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A propos bejanovska

journaliste - traductrice littéraire
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