SKUTASKO, roman de Živko Čingo (titre original: Srebrenite snegovi, Skopje, 1966)

Si vous avez aimé La Grande eau vous adorerez Skutasko !

SKUTASKO, roman de Živko Čingo

traduit du macédonien par Maria Béjanovska

Après La Grande eau, voici le deuxième et dernier roman de Živko Čingo en français: Skutasko. Il n’y en aura pas d’autres car ce merveilleux narrateur macédonien est mort beaucoup trop tôt. Il nous a laissé deux recueils de récits dont quelques uns ont été publiés en français dans des revues et le journal Le Monde. J’espère avoir un jour la possibilité de vous les faire connaitre.

Le titre original de ce texte est : Les Neiges argentées. Alors pourquoi Skutasko?  Parce que ce village, perdu dans la montagne dans ces années d’après-guerre, est un véritable trésor de destins humains qu’il ne faut pas oublier. Et comme je suis impatiente de vous les faire connaître, je viens de publier Skutasko sous la forme électronique. Mais si un éditeur décide de publier ce beau texte en livre, je lui céderais volontiers le titre original.

couverture skutasko

sujet

En cette période trouble où les incendies de la guerre fument encore, un jour gris d’automne arrive à SKUTASKO, un village perdu dans la montagne, la jeune institutrice Guenka Ilieska. Son objectif est d’y fonder la première école populaire afin d’ « ouvrir les yeux aux petits enfants aveugles », de semer une nouvelle graine d’instruction.

Les habitants de la vallée, qui vivent encore « à l’ancienne » avec leurs coutumes, préjugés et croyances, mais aussi avec leur haine, leur primitivisme, ignorance et superstition, accueillent froidement l’institutrice qui ne leur inspire pas confiance. Aussi essayent-ils d’empêcher son travail par des moyens vilains et brutaux. Mais Guenka résiste, grâce à l’amour qu’elle porte à son travail et aux enfants, elle tient bon. Sa sincérité et la pureté de son âme, ses yeux toujours brillants et souriants, sa persévérance et son bon cœur feront fondre la glace dans les cœurs des paysans.

extrait

« Tant d’années ont passé depuis ce temps-là, sans exagérer, peut-être mille, cinq mille. J’ai l’impression que c’est aujourd’hui que Guenka est arrivée chez nous à Skutasko. Je revois tout en détail. Je dois cependant dire que cette histoire s’est passée à l’époque où j’étais très simple, simple et ignorant. L’époque, à dire vrai, où j’étais aveugle, où, bien qu’ayant des yeux pour voir, je vivais dans une nuit noire. J’avais huit ou neuf ans et je n’avais pas encore touché à un crayon ou un cahier, je n’y pensais même pas. Mais ce que je vais te raconter maintenant, mon ami, c’est peu, une petite graine, une perle qui a (on ne sait comment) traversé la vaste écume de la vie. Imagine, mais il n’y a pas de quoi pleurer, si seulement j’avais eu un tout petit crayon et un bout de papier ; mais, je te l’ai dit, j’étais aveugle, aveugle et illettré. »

zivko_chingo

L’écrivain macédonien Živko Čingo (prononcer : Jivko Tchingo) est mort en 1987 à l’âge de 52 ans. Il a laissé derrière lui plusieurs recueils de récits, romans et textes dramatiques qui ont été traduits en anglais, serbo-croate, en albanais, en russe, en polonais, en slovène, en allemand, en hongrois et en français. Né dans le village de Velgochti, près du lac d’Ohrid, en Macédoine, Živko Čingo fait des études de lettres à l’université de Skopje. Il publie ses premiers récits en 1957. Son premier recueil Paskvelia, qui provoque l’enthousiasme de la critique mais aussi la méfiance du pouvoir, paraît en 1963. C’est une date dans la littérature macédonienne. On le compare à Isaac Babel par la vivacité du regard qu’il porte sur la période post révolutionnaire et par les couleurs impressionnistes de sa narration. Deux ans plus tard paraît le recueil La famille Ogoulinov puis celui de la Nouvelle Paskvelia, en 1966 le roman Les neiges argentées, en 1970 un autre recueil de récits Incendie, puis en 1971 le roman La Grande Eau. Ce dernier est traduit en plusieurs langues dont en anglais, en russe et en français et adapté au cinéma en 2004 par Ivo Trajkov sous le titre The Great Water. Dorénavant, Živko Čingo se consacre à l’écriture dramatique : Obrazov (1973), Eau-Mur (, adaptation de La grande eau, 1976), avant de publier son dernier recueil de récits En bref (1984). Živko Čingo est lauréat de plusieurs prix littéraires yougoslaves.

« Je n’écris que si le sujet revient en rêve. »

« J’ai plus besoin de la vie que du papier. Mon premier livre, j’ai attendu cinq ans et je l’ai écrit en quatorze jours. Je n’écris que si le sujet auquel je pense revient en rêve. Sinon, il n’a pas de nécessité. La littérature, c’est toujours un défi, toujours un risque. » (Živko Čingo)

C’est dans la Comédie humaine que Živko Čingo a appris le plan de Paris. Il est fils de plâtrier. Dans sa formation, assure-t-il, le don de conteur de son père, sa culture, ont compté plus que les auteurs russes lus et adorés plus tard. Sa mère lui lisait la Bible ; c’était aussi une bonne école, à laquelle s’ajoutaient les merveilleuses histoires achetées par fascicules chez l’épicier, et dont il découvrit plus tard qu’elles étaient des extraits de grands classiques.

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A propos bejanovska

journaliste - traductrice littéraire
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