DEUX POEMES POUR GORAN STEFANOVSKI de Risto Lazarov

POEMES POUR GORAN STEFANOVSKI

Noce avec les étoiles
A « La chair sauvage » de Goran Stefanovski

Fin de représentation
Les projecteurs s’éteignent
sur les éclairs de la parole
Là finissent les Balkans
Et peu nous importe le prix
du billet pour l’Europe
Brillent dans la nuit les bateaux sur Danube
Héï, le faucon boit de l’eau du Vardar*
Vin enivrant de joie
dans les cœurs, un havre d’étoiles
Thalia sautille comme un poisson
à la noce macédonienne avec les étoiles
Les projecteurs s’éteignent
sur les éclairs de la parole
fête folle des dieux.

*chanson traditionnelle macédonienne

Avec Goran à la station de bus du quartier « Jané Sandanski »

Au lieu de nous retrouver le soir au buffet du théâtre

Nous nous rencontrons de plus en plus souvent le matin

à la station de bus

du quartier « Jané Sandanski »

(nous ignorons le nombre des Jané ici, mais des Jana il y en a beaucoup).

Si nous étions des footballeurs

nous nous serions dit trois fois « salut »

-Et c’est tout !

Nous, nous commençons l’échange matinal

des rêves frais de la nuit.

Nous croisons dans L’Histoire de l’Est sauvage*

(chair sauvage*, est sauvage, cochons sauvages,

-vie devenue sauvage :

femmes nues hystériques

succulentes comme des pêches;

machines à moudre les désirs ;

marzipan de la moelle osseuse

vendu en sachet au kiosque du coin

avec une dose obligatoire de thé indien ;

ourse et lion attelés au même joug

galop de cerfs en automne précoce ;

mots éparpillés sur le trottoir

(les nôtres, d’anglais, d’arabe, de toutes sortes).

Sous le lampadaire cassé de la rue

nous nous sommes créé une île

pour un temps futur

(ou : un trou noir*, peut-être ?).

Bonjour les joggeurs, bonjour les ouvriers !

Il est clair comme deux plus deux

que le vin rouge de Tikves

ne coule pas de nos chauffe-eaux électriques

et même si c’était le cas : demain il faudra nous brosser

longtemps les dents avant d’aller au travail !

Des visages fatigués nous regardent aux fenêtres des bus.

Nous ne remarquons même pas

que nous avons manqué encore un bus pour le buffet du théâtre.

………………

  • Textes de Goran Stefanovski

Risto Lazarov  (né en 1949 à Stip, Macédoine ) est poète, essayiste, critique, journaliste, traducteur et éditeur. Il est l’auteur d’une trentaine de recueils de poésie, du premier Oiseau nocturne dans le parc (1972) au  Poèmes du lac (2020).

Ses poèmes sont traduits en anglais, en allemand, en russe, en serbe, en bulgare, en albanais, en slovène, en tchèque, en turc… Il a reçu de nombreux Prix dont celui des Soirées poétiques de Struga et deux fois La plume de Kocic.

Il a traduit en macédonien Ceslav Milosh,  Carl Sandburg, Charles Simic, Abdulah Sidran, Goran Babic…

Risto Lazarov est membre de l’Association des écrivains de Macédoine. Il était Président du PEN club macédonien du 2006 au 2014.

  

 

 

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LA TOILE D’ARAIGNÉE, roman de Vidosav Stevanovic (PAUCINA, Zvanicni list, 2019)

UNE OEUVRE QUI VA MARQUER DURABLEMENT LA LITTÉRATURE SERBE

Le livre de Vidosav Stevanovic… nous arrive avec la violence d’un coup de poing…

Quand le feu sera éteint on pourra s’approcher du lieu de l’incendie, les agresseurs survivants y trouveront quatre squelettes. Ils les mettront dans un sac et les apporteront à leur commanditaire pour se justifier du travail inaccompli. Et Chéhid, attiré par l’odeur douce et irrésistible du brûlé, y jettera un coup d’œil. Reste-t-il quelque chose de la belle endormie ?

Même si je n’étais plus qu’un os cramé, d’un bond je m’enfoncerais dans son œil, tournoierais dans sa tête et ressortirais par sa nuque. D’où je m’envolerais sous la forme d’un papillon ensanglanté et la poudre rouge de mes ailes enflammera la terre et le ciel. 

Il y a quelques années Vidosav Stevanovic a écrit ISKRA, un roman où il raconte le destin d’une jeune femme de Bosnie que des paramilitaires ont enlevée, puis enfermée dans un moulin abandonné et violée. Alors qu’elle hésite entre se suicider ou fuir, Iskra constate qu’elle est enceinte et elle décide de vivre. Un paramilitaire l’aide à s’enfuir de sa geôle et, pendant des mois, elle va rester cachée dans une grotte de la montagne jusqu’à son accouchement. Puis elle descendra, son enfant dans les bras, vers les villages de l’autre côté de la montagne.

Son effroyable aventure se poursuit dans des bourgades conquises tour à tour par différentes armées

Elle finira par en réchapper et, avec deux enfants (le sien et un qu’elle a recueilli) et un jeune homme qui a perdu la mémoire, elle retourne dans son village détruit où ils attendront tous les quatre la fin de la guerre.

Extrait d’Iskra : https://mariabejanovska.files.wordpress.com/2013/05/extrait-iskra.pdf

LA TOILE D’ARAIGNEE est la suite d’ISKRA. D’une plume magistrale, Vidosav Stevanovic s’attaque à un sujet tabou : le destin des femmes violées et devenues mères pendant la guerre et aussi, dans ce dernier texte, après la guerre. Les géniteurs de ces enfants appartenaient à l’armée de criminels de guerre. Aujourd’hui ils ne portent plus l’uniforme, mènent une vie de bons pères de famille, s’occupent de leurs affaires, vont à l’église et ne feraient pas de mal à une mouche … et d’autres, comme Pauk/L’Araignée dans le roman, restent cachés, muets…attendant leur heure au centre de leur toile.

Extrait de La toile d’araignée :

Les morts sont les garants, les souffleurs et les prophètes. Seuls témoins et ultimes interlocuteurs.

C’est bien, c’est vraiment bien que je ne sois pas obligé d’inventer. Les événements qu’Iskra me raconte –peu importe qu’elle le fasse vraiment ou que je me parle à moi-même – se déroulent dans un ordre naturel, je ne suis pas obligé d’inventer des intrigues dramatiques, des conflits prémédités, des personnages excentriques et une histoire qui s’emmêle pour se démêler.

Enfin, l’histoire est presque toujours plus intelligente que le narrateur.

Mon ancien métier, que je ne pratique plus parce que je ne le peux pas et aussi parce qu’ici il ne se passe pratiquement rien, m’a appris à noter, nullement à inventer ou à copier ce qui est inventé. C’est le plus sûr et le plus honnête. Les interprétations, remaniements et explications appartiennent aux domaines de l’essai et de la propagande, ce que, entre autres, j’ai fui sans retour.

Car dans ces paroles éparses, dissolues et frustes qu’on échange sans raison et sans aucun sens se dissimulent les graines d’une nouvelle guerre.

Elles y sont en réserve, et germeront le moment venu

Vidosav Stevanovic est né en 1942 près de Kragujevac en Serbie. Il est l’auteur d’une quarantaine d’œuvres : romans, pièces de théâtre, récits, ainsi que de nombreux essais et critiques littéraires. Il a obtenu les plus grands prix littéraires yougoslaves. Il a dirigé de grandes maisons d’édition à Belgrade, mais ses prises de position antinationalistes et son opposition au régime de Milosevic lui ont interdit toute activité autre que l’écriture et l’ont contraint finalement à s’expatrier. Après un long séjour en France, où il a obtenu la nationalité française et la distinction Chevalier des Arts et des Lettres, Vidosav Stevanovic est retourné dans son pays natal.

Extraits-des- critiques- sur- V.Stevanovic

ouvrages traduits-en-francais  

   

Vidosav Stevanovic avec Mirko Kovac et Ivan Djuric

Avec sa femme Marija à Paris (1993)

 

Club Vidosav, un haut-lieu de la littérature

à Botunje, près de Kragujevac (Serbie)

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PREMIÈRE EDITION ILLUSTRÉE DU DICTIONNAIRE KHAZAR DE MILORAD PAVIC EN SERBE (avril 2020)

PREMIÈRE EDITION ILLUSTRÉE DU DICTIONNAIRE KHAZAR DE MILORAD PAVIC EN SERBE

Dessins de Jasen Panov. Editeurs : Kosmos de Belgrade et Nova knjiga de Podgorica.

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« Ibn Akchani avait jeté une feuille de laurier dans un baquet d’eau et y avait plongé la tête pour laver sa natte. Il était resté ainsi quelques instants. Quant il releva la tête pour respirer, autour de lui il ne restait plus rien de Constantinople…il se trouvait au Kingston un hôtel de première catégorie à Istanbul, en 1982, il avait une femme, un enfant et un passeport  belge… et devant lui, au fond du lavabo… nageait encore une feuille de laurier. »

Le Matricule des Anges (oct.2015) 2

Le mot de la traductrice : Lorsque je traduisais Le Dictionnaire Khazar, c’était en 1988, il m’arrivait de me retourner dans la rue pour vérifier qu’un des chasseurs de rêves, échappé du livre, ne m’avait pas à mon tour pris en chasse. C’est un livre magique et envoûtant. Tout comme les Khazars, ce peuple mystérieux qui vécut à l’embouchure de la Volga sur la mer Caspienne. Leur royaume fut anéanti par les Russes vers l’an 965 de notre ère. Et on n’a retrouvé jusqu’à ce jour aucun vestige matériel de ce peuple : ni bâtiment, ni inscription. Mais les Khazars sont passés à la postérité par un événement extraordinaire : le renoncement collectif à leur antique religion et leur conversion à une des trois grandes religions du Livre. La légende rapporte que le roi des Khazars mit les trois croyances en compétition dans une audience ouverte à leurs représentants respectifs : un rabbin, un moine et un derviche. Mais la légende ne dit pas qui l’a emporté. Ce qui est certain, c’est que le peuple khazar disparut de l’Histoire peu après sa conversion. Ce mystère hante les archéologues et les numismates qui prospectent la région de l’embouchure de la Volga. La chasse aux Khazars remplit les rêves des historiens de la période. Milorad Pavic, l’auteur génial du Dictionnaire Khazar, pense qu’un rêve du roi des Khazars est d’ailleurs à l’origine de cette tragédie. Un rêve dans lequel un ange lui serait apparu pour lui dire :  » Tes intentions plaisent au Seigneur mais pas tes actes !  » Les Khazars ne seraient-ils pas un peu nos frères ?   (Maria Béjanovska)

      

 

Voir toutes les couvertures du Dictionnaire Khazar traduit en 40 langues :

https://www.khazars.com/foto-galerija-2/foto-galerija-naslovne-strane

 

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L’EXEMPLAIRE UNIQUE, roman de Milorad Pavic (Unikat, éditions Dereta, Belgrade, 2006)

L’auteur du „Dictionnaire khazar“ a une fois de plus inventé pour vous un jeu littéraire inédit : un roman-delta ! Il s’agit d’un roman d’amour avec pour fil conducteur une histoire policière qui se divise en cent bras et vous mène vers cent solutions différentes. Chaque lecteur choisit sa propre version du roman et sa propre fin de l’histoire. Vous aurez l’EXEMPLAIRE UNIQUE !

Publication prévue : fin 2020

avec l’aide du Centre national du Livre

Editions Les Monts Metallifères

Exemplaire unique en anglais couv.  

      

extraits L’Exemplaire unique

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DYSSOMNIES, roman de Igor Stanojoski (Dissomnii, Editions Antolog, Skopje, 2018)

PRIX DU MEILLEUR ROMAN DE L’ANNÉE (2018), décerné par l’Association des écrivains de Macédoine.

extraits Dyssomnies I.Stanojoski

Les personnages principaux de ce roman dont le sujet est très actuel sont un écrivain trentenaire et sa fiancée, journaliste à succès, qui vivent en Ukraine. Leur couple est en crise et leur désaccord à propos de la Révolution de Maïdan ne facilite pas les choses. A la recherche de paix et d’inspiration, l’écrivain quitte l’Ukraine et retourne en Macédoine qu’il avait quittée onze ans auparavant après la mort de toute sa famille dans un accident de voiture. Il s’installe dans un village de montagne où vivaient ses grands-parents. Au lieu d’y trouver la tranquillité recherchée, il va être le témoin de faits surnaturels.

Le sujet de Dyssomnies est très complexe. Les événements sont imprévisibles, les retournements nombreux et déroutants et le dénouement se fait attendre jusqu’à la dernière page. L’histoire personnelle et familiale se mêle au drame collectif provoqué par les événements politiques en Ukraine. Roman d’amour, thriller, histoire d’horreur ou roman psychologique ? Dyssomnies est tout cela à la fois.

  

Igor Stanojoski est né à Copenhague (1979), mais il a passé la plus grande partie de sa vie en Macédoine. Il a fait ses études à la Faculté de philologie de Skopje, dans le domaine de la langue macédonienne et Littérature générale et comparée. De 2003 à 2010 il a travaillé à l’Université de Silésie à Katowice (Pologne) et  à l’Université Masaryk de Brno (République tchèque). En 2009, il a obtenu le diplôme de doctorat à l’Université de Silésie. Il est l’auteur de quatre livres sur la linguistique. Il vit et travaille actuellement à Skopje (Macédoine). Dyssomnies est son troisième roman.

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LE DÉMON DE DEBARMAALO, pièce de Goran Stefanovski au THÉÂTRE DE L’OPPRIME à PARIS (2012)

 

› Le Démon de Debarmaalo
de Goran Stefanovski, traduit du macédonien par Maria Béjanovska (éditions l’Espace d’un instant), lauréate avril 2010.
mise en scène Dominique Dolmieu
du 7 au 25 mars 2012 (du mercredi au samedi à 20h30 et le dimanche à 17h)
Théâtre de l’Opprimé  
78/80 rue du Charolais – 75012 Paris
www.theatredelopprime.com
Réservations : 01 43 40 44 44

avec Renaud Baillet, Fabrice Clément, Michel Fouquet, Nouche Jouglet-Marcus, Franck Lacroix, Aurélie Morel, Barnabé Perrotey, Nathalie Pivain & Christophe Sigognault
Assistante Céline Barcq / Scénographie Arben Selimi / Lumières Tanguy Gauchet / Réalisation sonore Francesco Russo / Décors & costumes Anne Deschaintres / Production Maison d’Europe et d‘Orient

Dans une écriture résolument contemporaine, Le Démon de Debarmaalo du macédonien Goran Stefanovski reprend l’histoire du diabolique barbier de Fleet Street. Ce Démon façon kebab nous raconte 20 ans de transition en Europe de l’Est, depuis le cataclysme de 1989, et nous parle de cannibalisme, de purification et de rédemption, de monstre, de territoire et de justice…  L’occasion pour le Théâtre national de Syldavie de prolonger sa saga balkanique. Un spectacle percutant et intensif, une farce grotesque aux accents de comédie noire et de mélodrame post-industriel.

PRESSE

https://www.regarts.org/Theatre/le-demon-de-debarmaalo.htm

http://www.gareautheatre.com/spectacle.php?id=943

https://sceneweb.fr/le-demon-de-debarmaalo-de-goran-stefanovski/

https://www.regarts.org/Theatre/le-demon-de-debarmaalo.htm

http://www.encres-vagabondes.com/strapontin/strapontin16.htm

https://www.courrierdesbalkans.fr/le-demon-de-debarmaalo

https://www.froggydelight.com/article-11649-Le_demon_de_Debarmaalo.html

http://www.theatrotheque.com/web/article2789.html

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/39230

http://aniawinkler.com/works2.html

https://cafebabel.com/fr/article/theatre-sympathy-for-the-devil-5ae0080bf723b35a145e2e74/

http://goranstefanovski.co.uk/bachannalia/

http://www.lebilletdesauteursdetheatre.com/fr/Sortir-27-174.html

goran à paris

Fables du monde sauvage de l’Est : Rencontre avec l’auteur Goran Stefanovski

Médiathèque Hélène Berr, Paris

https://www.billetreduc.com/66730/evt.htm

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HOMMAGE A GORAN STEFANOVSKI (1952-2018)

HOMMAGE A GORAN STEFANOVSKI

le 29 mars 2019 à 20 h

Le 100 ECS (100, rue de Charanton, 75012 Paris)

Théâtre national de Syldavie présente

La Chair sauvage
de Goran Stefanovski
traduit du macédonien par Maria Béjanovska
direction Dominique Dolmieu
avec Patrick Alaguératéguy, Fabrice Clément, Nouche Jouglet-Marcus, Franck Lacroix, Tristan Le Doze, Guillaume Morel, Barnabé Perrotey, Nathalie Pivain, Salomé Richez, Christophe Sigognault et Federico Uguccioni
production Théâtre national de Syldavie

 

 

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