Proposition: VERS RUGUEUX, roman de Milovan Stefanovski (Rapavi stihovi, Ed. Vezilka, Skopje,2016)

VERS RUGUEUX, roman de Milovan Stefanovski

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Résumé : Yakov Esenski, 72 ans, poète renommé mais en disgrâce auprès du gouvernement nationaliste de son pays, décide de quitter la capitale Skopje pour passer quelques jours à Resen, sa ville natale, et surtout pour revoir la maison dans laquelle il est né. Il y rencontre Fidan, ancien linotypiste à l’imprimerie « Nova Makedonija », la seule autrefois du pays, qu’il a connu à l’époque où il travaillait comme journaliste au quotidien du même nom. Fidan habite maintenant au bord du lac de Prespa, il a deux fils dont le cadet, Andrej, est un véritable phénomène. Dans « la baie des hiboux » le narrateur découvre le monde des livres interdits et « l’histoire dans l’histoire » d’Andrej, de son attachement à la littérature et sa fragilité psychologique.

Yakov y fera aussi la connaissance d’un moine surprenant qui revient régulièrement au bord du lac à la recherche du livre secret des Bogomiles.

Le roman est composé de 19 chapitres qui sont comme « des signes au bord de la route » du discours romanesque.

Il s’agit d’une narration à la limite de la poésie, suggérée déjà par le titre : vers – poésie et imagination, mais rugueux – prose et réalité âpres. Une ode-réquisitoire à l’encontre de l’actualité macédonienne, d’une démocratie dénaturée, d’une liberté bafouée et d’un pouvoir abusif. Une « ode rugueuse » dénonçant la fracture entre l’individu et les institutions, entre les créateurs et le pouvoir.

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Milovan Stefanovski (1952) est poète, romancier et traducteur. Il a fait des études littéraires à l’Université de Skopje et a travaillé comme journaliste. Il a enseigné la langue macédonienne à l’Université de Craiova, en Roumanie, et à İstanbul, en Turquie. Grand voyageur, il a visité les USA, le Canada, l’Australie, la Chine, la Russie et de nombreux pays européens.

Il est l’auteur de dix-huit ouvrages :

Poésie : Mur avant l’infini (1978), Gardien au bord du Vardar (1984), Rangement provisoire (1991), La cible des mots (1997), Vol de l’oiseau mythique (2000), Le Haut Sonje (2006), En haut l’eau (2008, traduit en anglais High water, 2011), Mariage avec l’infini, édition trilingue en anglais, en italien et en allemand (2010), Adam de Gavrlevo, poème (2011).

Romans : La chute est aussi un vol (1994), La clavette perdue (2003) Prix du meilleur roman de l’année, traduit en bulgare et en albanais, Sentinelle (2010) ;

Nouvelles : Escalier souterrain (2000), L’escalier pour monter (2011), La mer diabolique (2012).

Traductions : Sans foyer, sans tombe, de Rajko Djuric ; Le pèlerinage de Childe Harold de Byron ; Chanson des Nibelungen, épopée médiévale allemande.

Essais : A l’œil nu (2003)

PRIX

Frères Miladinov, décerné aux Soirées poétiques de Struga pour le recueil Mur devant l’infini, en 1978

Le roman de l’année décerné par la rédaction de Utrinski Vesnik en 2003 pour son roman La clavette perdue ;

Grigor Prlicev pour le poème Adam de Govrlevo, en 2010.

Son œuvre est traduite dans de nombreuses langues dont l’anglais, l’allemand, l’italien, le bulgare, l’albanais.

 

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Proposition du roman UNE VIE DE RECHANGE de Lidija Dimkovska – Prix de l’Union européenne 2013

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UNE VIE DE RECHANGE de Lidija Dimkovska

PRIX DE LITTÉRATURE DE L’UNION EUROPÉENNE 2013

PRIX DU MEILLEUR ROMAN DE L’ANNÉE EN MACÉDOINE

Traduit dans une dizaine de langues dont en anglais (Two Lines Press, San Francisco, 2016)

L’éditeur américain vient d’organiser pour Lidija Dimkovska une tournée de trois semaines à travers les USA.

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« Un roman kaléidoscopique au grand cœur ! (Publishers Weekly, New York)

« Ce livre est extraordinaire, extraordinairement généreux et généreusement beau, ce qui est à mon avis la meilleure des combinaisons. Pour moi, c’est le livre du mois.» (Words Without Borders)

« Une vie de rechange est une saga magistrale… un chef d’œuvre qui nous arrive quatre ans après sa publication, mais il vaut mieux tard que jamais. » (Rébéca Openheimer)

Début du roman:

« Cet après-midi de juin Srebra, Roza et moi, devant notre bâtiment, à la périphérie de Skopje, nous jouions à un jeu nouveau : deviner notre avenir. Avec une craie blanche nous dessinions sur le béton brûlant de la rampe d’accès aux garages des carrés dans lesquels nous inscrivions l’âge souhaité pour notre mariage. Nous attirions évidemment l’attention des passants comme depuis toujours celle des résidents, assis sur leurs balcons ou se tenant devant leurs fenêtres ouvertes, qui nous connaissaient bien : c’est que moi et ma sœur nous étions des jumelles siamoises, nos têtes étaient collées au niveau des tempes, juste au-dessus de mon oreille gauche et de son oreille droite. Nous étions nées ainsi, pour notre malheur et la honte de nos parents. Nous possédions toutes deux une chevelure brune, longue et épaisse, qui cachait, du moins nous le pensions, l’endroit de la soudure ; à première vue c’était comme si nous étions penchées tête contre tête, nos corps séparés, vêtues de petites robes d’été sans bretelles, retenues par un élastique sur la poitrine, la mienne était verte parsemée de petites fleurs jaunes, et celle de ma sœur rouge à petits pois bleus et blancs. »  Lire la suite

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Proposition: CHACUN AVEC SON PROPRE LAC de Nenad Joldeski (Sekoj so svoeto ezero, Ili-Ili, Skopje)

PRIX DE LITTÉRATURE DE L’UNION EUROPÉENNE 2016

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Nenad Joldeski est né en 1986 à Struga, Macédoine. Il a fait des études d’économie et de littérature comparée à l’Université de Skopje. Il est l’auteur de deux recueils d’histoires courtes : Le profond silence d’Enhalon* (2009) et Chacun avec son propre lac (2012) pour lequel il a reçu le Prix de littérature de l’Union européenne en 2016.

*Enhalon est l’ancien nom de Struga

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Chacun avec son propre lac est composé de 14 histoires courtes qui ont pour sujet les paysages urbains menacés, l’identité et l’éloignement, l’amour et le chagrin, l’existence et la mort. Écrites dans un style minimaliste, à l’exception de « Nikolaj et le lac d’encre », ces histoires sont dramatiques, ironiques et mélancoliques, tout en étant lyriques et susceptibles d’une double interprétation. Le livre est divisé en quatre chapitres précédés de courts passages ou citations. « Chaque histoire a son lac mais il n’est pas exclu que les eaux de ces lacs se mélangent » souligne l’auteur qui estime que la valeur d’une histoire courte n’est pas moindre que celle d’un roman ou d’une nouvelle. (http://www.euprizeliterature.eu/author/2016/nenad-joldeski)

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« Mais le plus souvent elle lisait jusqu’à tard dans la nuit et croyait que nous ne pouvions exister qu’à ce moment. Dès que je m’endormais, elle venait dans mon lit et tressait son ombre avec la mienne et lorsque les deux ombres se rapprochaient, commençait un jeu dont les règles restaient une énigme pour nous. Un nœud noué.
Alors nous nous imaginions nager dans la Méditerranée en compagnie de grandes tortues les yeux grand ouverts dans le bleu infini. »

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LA POÉSIE DE LIDIJA DIMKOVSKA

Lidija-Dimkovska-300x240Lidija Dimkovska est née en 1971 à Skopje (Macédoine). Elle est poète, romancière, essayiste et traductrice. Elle a fait des études de littérature comparée à l’Université de Skopje et à l’Université de Bucarest où elle a obtenu un doctorat avec la thèse : La poétique de Nikita Stanesku.Depuis 2001, elle vit à Ljubljana (Slovenie). Elle écrit en macédonien.

poèmes Lidija Dimkovska

poemes de Lidija en anglais

 

Après trois recueils de poèmes publiés en Macédoine, paraît en 2006 aux États-Unis Ne le réveillez pas avec des marteaux, un choix de poèmes en édition bilingue anglais-macédonien qui suscite des critiques élogieuses. On souligne l’humour corrosif de ses poèmes en prose dédiés aux chagrins d’amour notamment dans La fille honnête (« pourquoi m’as-tu abandonnée pour épouser ma sœur », « je n’ai pas peur de Virginia Woolf, j’ai peur de Lidija Dimkovska, tu connais ? »), de même que l’ironie, la colère et la profondeur.

 

Noir sur blanc, poèmes (Ed. Ili-Ili, Skopje, 2016) :

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Lidija Dimkovska est lauréate du:

Prix européen de poésie Hubert Burda (2009)

Prix international Tudor Arghezi, en Roumanie, (2012)

Prix européen de poésie Petru Krdu (2016)

Elle est membre du jury du prix littéraire international Vilenica en Slovénie, et du prix international de poésie Zbigniew Herbert.

 

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Proposition: NON-OUI, roman de Lidija Dimkovska (titre en macédonien:No-Ui,éd. Ili-Ili, Skopje, 2016)

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NON-OUI est le troisième roman de la Macédonienne Lidija Dimkovska qui vient de paraître et qui est déjà un best-seller.

Elle est également l’auteure du roman « Caméra cachée » qui a obtenu le Prix Stale Popov pour le meilleur roman de l’année, décerné par l’Association des écrivains de Macédoine (2005) .

Pour son deuxième roman « Une vie de rechange » elle a reçu également le Prix Stale Popov mais aussi le Prix de littérature de l’Union européenne (2013).

Son œuvre est traduite dans une dizaine de langues dont en anglais.

 

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Promotion Non-Oui à Skopje

Promotion du roman Non-Oui à Skopje.

Lidija Dimkovska est née en 1971 à Skopje (Macédoine). Elle est poète, romancière, essayiste et traductrice. Elle a fait des études de littérature comparée à l’Université de Skopje et à l’Université de Bucarest où elle a obtenu un doctorat avec la thèse : La poétique de Nikita Stanesku. Depuis 2001, elle vit à Ljubljana (Slovenie). Elle écrit en macédonien.

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TRÉSOR D’UNE TRADUCTRICE

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Sur cette photo: … Quelque 2000 pages… publiées…sans parler de celles qui attendent de l’être…

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LES NEIGES ARGENTÉES, roman de Živko Čingo (titre en macédonien: SREBRENITE SNEGOVI)

numérisation0001LES NEIGES ARGENTÉES

(la suite de La Grande eau)

de Živko Čingo

« Nos villages ont besoin de bons instituteurs pour lesquels il faut créer de bonnes conditions de travail, car sans instruction du peuple l’État s’écroulerait telle une maison en torchis ». Ces paroles de Tchekhov, adressées à Maxime Gorki, reflètent aussi l’époque et les conditions dans lesquelles étaient ouvertes, suite à la Seconde guerre mondiale, les premières écoles en Macédoine. En cette période trouble où les incendies de la guerre fument encore, un jour gris d’automne arrive dans un village perdu la jeune héroïne de Čingo, l’institutrice Guenka Ilieska. Son objectif est d’y fonder la première école populaire afin d’ « ouvrir les yeux aux petits enfants aveugles », de semer une nouvelle graine d’instruction.

Les habitants de la vallée, qui vivent encore « à l’ancienne » avec leurs coutumes, préjugés et croyances, mais aussi avec leur haine, leur primitivisme, ignorance et superstition, accueillent froidement l’institutrice qui ne leur inspire pas confiance. Aussi essayent-ils d’empêcher son travail par des moyens vilains et brutaux. Mais Guenka résiste, grâce à l’amour qu’elle porte à son travail et aux enfants, elle tient bon. Sa sincérité et la pureté de son âme, ses yeux toujours brillants et souriants, sa persévérance et son bon cœur feront fondre la glace dans les cœurs des paysans.

Autour de l’héroïne de ce roman, la jeune Guenka, il y a toute une galerie de personnages : les « oncles », le gardien de l’école, le coursier, le petit Clément dont le père Auguste erre à travers le monde, les enfants Etriev et leur mère malade, puis l’adorable poète Lopušin, âme lyrique et malheureuse, et tous les autres enfants, si attachants avec leur faiblesse et leur douceur.

Le roman Les neiges argentées est considéré comme la suite de La grande eau*,  car Guenka est une ancienne pensionnaire de l’orphelinat décrit dans ce roman, et l’action se déroule au lendemain de la guerre. Comme La grande eau, ce livre est un texte courageux, puissant et si beau, si poétique. On y retrouve le goût prononcé de Živko Čingo pour la nature, les saisons qu’il décrit merveilleusement et, surtout, son humanité dont « la nature l’avait surdoué »*.


* La Grande eau (Ed. Le Nouvel Attila, Paris 2016, Prix Nocturne).

* « Živko Čingo était un homme que la nature avait surdoué en humanité ». (Mitko Madzunkov).

extraits en cours de traduction

couv Les neiges argentées  ill. Neiges argentées Cingo

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