UNE SEMAINE DANS LA VIE ET LA MORT DE GROZDAN, roman de Svezdan Georgievski (Edna nedela vo zivotot i smrtta na Grozdan, Ed. Templum, Skopje, 2016)

naslovma Svezdan

Ceci est une histoire sur Grozdan. Plus exactement l’histoire sur cette période de la vie où vous constatez que la tête vous quitte, que la mémoire faiblit, que le corps obéit de moins en moins et que, malgré tout, l’instinct vous pousse à faire le bilan de votre propre existence, à faire un calcul final et à répondre aux questions cruciales : Où étais-je, que faisais-je et pourquoi ? Non, l’objectif de cette histoire n’est pas d’examiner le sens de la vie mais plutôt le sens du fatum, du destin. Parce qu’il n’y a pas de miracle qui arrive par hasard. C’est un produit nécessaire et inévitable de la confusion dans l’espace et dans le temps.

vtoro izdanie couv sVezdan

Dans ce roman composé de 11 histoires un lecteur attentif y reconnaîtra quelque chose du réalisme magique latino-américain, mais il y a aussi du Kafka, du Raymond Carver, un peu de Salinger et du Steinbeck, un peu de l’absurde de Harms et du cubisme de Picasso. Il y a quelque chose aussi des bandes dessinées belges, des photographies de Robert Jaki et de Robert Mardin. Du Stephen King mais aussi de Rumena Buzarovska, Dimitrie Duracovski, Petre M. Andreevski et Santa Argirova.

extrait Vie de Grozdan

photo Svezdan G. 1

 

Svezdan Georgievski, journaliste, écrivain et traducteur macédonien, est né en 1961 à Jesenice, en Slovénie. Il est l’un des fondateurs de Kanal 4, la première radio privée en Macédoine et du Prix de Utrinski Vesnik qui récompense le meilleur roman de l’année ainsi que de la Fondation pour la promotion des valeurs culturelles « Slavko Janevski ».

Une semaine dans la vie et la mort de Grozdan est le premier roman de Svezdan Georgievski. Il a reçu le prix Les nouveaux décerné au meilleur manuscrit de l’année 2016. Publié la même année par les Editions Templum de Skopje, le livre a connu en très peu de temps plusieurs éditions.

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Lorsque j’ai quitté « Karl Liebknecht », histoire courte de Lidija Dimkovska

LIDIJA DIMKOVSKA parmi les cinq lauréats européens de la meilleure histoire courte.

Lorsque j’ai quitté « Karl Liebknecht » (Koga zaminav od « Karl Libknest »)

traduit du macédonien en français par Maria Béjanovska

publié par la Fédération des éditeurs européens (2019)

Lorsque j’ai quitté Karl Liebknecht

    

      

 

 

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MA BOUTIQUE LITTÉRAIRE

Editions numériques MB, 2019

La publication de ces ouvrages sur Ma boutique littéraire, via Amazon, n’est liée à aucune contrainte d’exclusivité et n’est donc pas un obstacle à une publication par un éditeur « classique ». 

 

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à suivre …

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LA GRANDE EAU, roman de Živko Čingo (titre original: Golemata voda, Skopje 1974)

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Quand j’évoque le titre de ce roman unique de Živko Čingo, La Grande eau, j’ai le cœur qui chavire. C’est à cause de ce texte, ou plutôt grâce à lui, que je suis devenue traductrice littéraire. Je devrais parler de vocation, car à l’époque j’avais déjà un métier passionnant, le journalisme.

Je revenais de reportage en Macédoine et, comme toujours, ma valise était pleine de livres. Connaissant mon intérêt pour la littérature, les écrivains et les éditeurs de mon pays natal n’hésitaient pas à me charger d’une quantité invraisemblable d’ouvrages qui ne manquaient pas de me poser quelques problèmes à la douane. En défaisant ma valise je suis tombée sur un tout petit livre dont la couverture n’avait aucun attrait. D’un vert terne et un peu défraîchie. Le titre cependant m’avait intriguée : La Grande eau. Et le nom de l’auteur, Živko Čingo, ne m’était pas inconnu. Ses récits intitulés Paskvelia avaient provoqué quelques années auparavant l’enthousiasme de la critique en Macédoine mais aussi la méfiance du pouvoir, pour ne pas dire une véritable panique dans les milieux politiques. Et le jeune auteur commençait à sentir le souffre. On le comparait à Isaac Babel par la vivacité du regard qu’il portait sur la période post révolutionnaire et par les couleurs impressionnistes de sa narration.

La grande eau était son premier roman. J’apprendrai plus tard qu’il l’avait écrit en quinze jours, mais « tout était déjà dans ma tête, de la première à la dernière phrase », me dira-t-il lors de son passage à Paris. J’ai lu ce magnifique texte d’un seul trait, envoûtée par ce magicien des mots. Et, je me souviens comme si c’était hier, du passage qui a été pour moi décisif :

 « Chère eau ! Le soleil du soir s’était couché sur les vagues, s’était donné à elles. Imaginez un peu : fil par fil, il se dénoue de la pelote dorée du jour. A cet instant, la Grande eau ressemble à un énorme métier à tisser qui tisse lentement, sans faire de bruit. Par une voie secrète, tu vois, tout cela se transporte sur le rivage. Que je sois maudit, même les arbres et les oiseaux descendus sur leurs branches s’étaient mis à tisser ; des filets dorés, comme ceux des araignées, flottent sur la grève. Des nids étonnants, je le jure. On dirait que la même chose arrive aussi aux hommes qui, saisis d’une émotion bizarre, apparaissent et disparaissent derrière les fenêtres fermées. Que je sois maudit, comme s’ils avaient peur de les ouvrir. Mais leurs regards les trahissent, on voit tout en eux, l’eau est rentrée en eux et les a pris…Tout, tout s’est transformé en un énorme, un étonnant métier à tisser qui tisse sans cesse et sans fatigue. C’est ainsi que le ciel frémissant du sud s’ouvre petit à petit au-dessus de nos têtes. Des milliers, d’innombrables petites veilleuses s’allument sur le firmament du sud. Et vous avez l’impression que l’eau n’attendait que ce moment, vous l’entendez s’élancer bruyamment. Elle est partout à ce moment-là, que je sois maudit, sa voix domine tout, elle règne alentour. Oh, cette vague douce ! Je le jure, c’était la voix de la Grande eau. »

 J’ai commencé à traduire ce texte tout en le lisant. C’était irrésistible. L’idée de le faire publier ne m’effleurait même pas. Un éditeur, après avoir appris par ouïe-dire que je travaillais sur un texte de Čingo, est venu me voir en me disant « je le publie immédiatement ». C’était Vladimir Dimitrijevic. Et La Grande eau est parue quelques mois plus tard, en 1980, aux Editions L’Age d’homme. Trente-cinq ans plus tard, c’est Le Nouvel Attila qui le publie en lui offrant un magnifique écrin conçu par Giovanna Ranaldi.

Illustration La grande eau

Mais toute nouvelle publication a une vie bien courte en France… Si vous n’avez pas eu l’occasion de lire La Grande eau, je vous propose de la trouver dans ma Boutique littéraire.

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Editions numériques MB, 2019

traduit du macédonien par Maria Béjanovska

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_Zivko Chingo[1]

Živko Čingo

Živko Čingo (prononcer: Jivko Tchingo), né en 1935 à Velgochti, en Macédoine, et mort en 1987, s’est consacré — hormis deux romans (Les Neiges argentées – titre français: Skutasko – et La Grande Eau), et des recueils de nouvelles Paskvelia — à l’écriture théâtrale. Comparé à Isaac Babel pour la vivacité du regard qu’il porte sur la période post-révolutionnaire, Čingo offre un témoignage historique de la répression totalitaire.

Le roman La Grande Eau est traduit en anglais, en russe, en serbe et en français, et adapté au cinéma en 2004 par Ivo Trajkov sous le titre anglais The Great Water.

C’est dans la Comédie humaine que Živko Čingo a appris le plan de Paris. Il est fils de plâtrier. Dans sa formation, assure-t-il, le don de conteur de son père, sa culture, ont compté plus que les auteurs russes lus et adorés plus tard. Sa mère lui lisait la Bible ; c’était aussi une bonne école, à laquelle s’ajoutaient les merveilleuses histoires achetées par fascicules chez l’épicier, et dont il découvrit plus tard qu’elles étaient des extraits de grands classiques.
« Je n’écris que si le sujet revient en rêve. »

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INVESTIGATEUR, roman de Dragan Velikić (titre original: ISLEDNIK, éd. Laguna, Belgrade, 2015)

PRIX NIN 2015* POUR LE MEILLEUR ROMAN DE ANNÉE EN SERBIE

traduit en onze langues

Une écriture magistrale ! Un sens parfait du détail !

Un style brillant ! Un rythme diabolique ! Avec un minimum de mots il obtient un effet littéraire maximal. Sa phrase est claire, nette, pleine de sens. Ses descriptions sont précises, les détails caractéristiques créent l’atmosphère et l’humeur des personnages. (« Reconnaître l’essentiel derrière le masque de l’accessoire».) La couleur sépia des vieilles photographies donne de la douceur et un éclat retenu aux
événements d’antan. Souvenirs nostalgiques de l’enfance, de la jeunesse, d’une vie écoulée trop vite. (« Le passé est de plus en plus profond, l’avenir de plus en plus court. »)

L’histoire se déroule de Belgrade à Pula et Rijeka, de Budapest à Salonique.

C’est l’histoire sur le 20-ème siècle, depuis le grand incendie à Salonique en 1917 jusqu’à nos jours. Sur les pays, les villes, les hôtels, les chemins de fer qui n’existent plus. Sur les gens disparus qui ont laissé des traces indélébiles dans la mémoire du narrateur.

C’est surtout l’histoire d’un fils et de sa mère…

Et sur l’écriture.

extrait:

En partant à la maison de retraite, elle avait laissé derrière elle dans les armoires les cadeaux destinés aux futurs mariages, crémaillères, anniversaires. Car, on achetait des cadeaux au gré des bonnes occasions. Elle s’arrête devant la vitrine où est exposé un service à moitié prix. Elle réfléchit quelques instants, puis prononce le nom de la cousine qui vient d’entrer à l’école. Elle lui destinait le service. Le service sera pour elle. La petite fille ne se doutait même pas qu’elle était propriétaire de la porcelaine dans notre armoire.

C’était un véritable petit trésor que ces cadeaux achetés d’avance. Avec, inscrits sur des étiquettes, les noms de leurs propriétaires dont certains étaient morts depuis longtemps.

On achetait d’avance. On vivait d’avance. Tout était possible car rien n’était laissé au hasard. Le regard soucieux de ma mère planait au-dessus de tout le territoire du quotidien. Rien n’échappait à son contrôle. Rien n’arrivait de manière spontanée. Même l’araignée du coin des toilettes devait son existence à la superstition de ma mère. Tout l’univers de notre appartement vibrait au rythme de sa respiration.

Traduit du serbe par: Maria Béjanovska

Dragan  Velikić est deux fois lauréat du PRIX NIN !

Il est né à Belgrade en 1953. Après des études de Lettres à l’Université de Belgrade, il dirige les Editions de Radio 92. Il a écrit des chroniques pour NIN, Vreme, Danas, Reporter et Status. De 2005 à 2009 il a été Ambassadeur de Serbie à Vienne. Aujourd’hui il vit à Belgrade.

Il écrit des romans, des nouvelles et des essais.

Investigateur est son neuvième roman qui a reçu quatre prix dont celui de NIN 2015. Il a connu un grand succès, plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires vendus. IL est traduit en onze langues dont en allemand, en italien, en grec, en français…

L’ œuvre de Dragan Velikic est couronnée de nombreux prix et traduite en quinze langues.

notice bibliographique  :  mariabejanovska.wordpress.com/2016/01/28/proposition-investigateur-roman-de-dragan-velikic-islednik-ed-laguna-belgrade-2015/

______________________

 * Créé en 1954, le prix NIN est attribué chaque année en janvier par un jury d’écrivains au meilleur roman de l’année précédente. Considéré comme l’une des plus hautes récompenses littéraires en Serbie, il assure la réputation et le succès de l’auteur auquel il a été donné. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_NIN)

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Editions numériques MB, 2019

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SKUTASKO, roman de Živko Čingo (titre original: Srebrenite snegovi, Skopje, 1966)

Si vous avez aimé La Grande eau vous adorerez Skutasko !

SKUTASKO, roman de Živko Čingo

traduit du macédonien par Maria Béjanovska

Après La Grande eau, voici le deuxième et dernier roman de Živko Čingo en français: Skutasko. Il n’y en aura pas d’autres car ce merveilleux narrateur macédonien est mort beaucoup trop tôt. Il nous a laissé deux recueils de récits dont quelques uns ont été publiés en français dans des revues et le journal Le Monde. J’espère avoir un jour la possibilité de vous les faire connaitre.

Le titre original de ce texte est : Les Neiges argentées. Alors pourquoi Skutasko?  Parce que ce village, perdu dans la montagne dans ces années d’après-guerre, est un véritable trésor de destins humains qu’il ne faut pas oublier. Et comme je suis impatiente de vous les faire connaître, je viens de publier Skutasko sous la forme électronique. Mais si un éditeur décide de publier ce beau texte en livre, je lui céderais volontiers le titre original.

couverture skutasko

sujet

En cette période trouble où les incendies de la guerre fument encore, un jour gris d’automne arrive à SKUTASKO, un village perdu dans la montagne, la jeune institutrice Guenka Ilieska. Son objectif est d’y fonder la première école populaire afin d’ « ouvrir les yeux aux petits enfants aveugles », de semer une nouvelle graine d’instruction.

Les habitants de la vallée, qui vivent encore « à l’ancienne » avec leurs coutumes, préjugés et croyances, mais aussi avec leur haine, leur primitivisme, ignorance et superstition, accueillent froidement l’institutrice qui ne leur inspire pas confiance. Aussi essayent-ils d’empêcher son travail par des moyens vilains et brutaux. Mais Guenka résiste, grâce à l’amour qu’elle porte à son travail et aux enfants, elle tient bon. Sa sincérité et la pureté de son âme, ses yeux toujours brillants et souriants, sa persévérance et son bon cœur feront fondre la glace dans les cœurs des paysans.

extrait

« Tant d’années ont passé depuis ce temps-là, sans exagérer, peut-être mille, cinq mille. J’ai l’impression que c’est aujourd’hui que Guenka est arrivée chez nous à Skutasko. Je revois tout en détail. Je dois cependant dire que cette histoire s’est passée à l’époque où j’étais très simple, simple et ignorant. L’époque, à dire vrai, où j’étais aveugle, où, bien qu’ayant des yeux pour voir, je vivais dans une nuit noire. J’avais huit ou neuf ans et je n’avais pas encore touché à un crayon ou un cahier, je n’y pensais même pas. Mais ce que je vais te raconter maintenant, mon ami, c’est peu, une petite graine, une perle qui a (on ne sait comment) traversé la vaste écume de la vie. Imagine, mais il n’y a pas de quoi pleurer, si seulement j’avais eu un tout petit crayon et un bout de papier ; mais, je te l’ai dit, j’étais aveugle, aveugle et illettré. »

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L’écrivain macédonien Živko Čingo (prononcer : Jivko Tchingo) est mort en 1987 à l’âge de 52 ans. Il a laissé derrière lui plusieurs recueils de récits, romans et textes dramatiques qui ont été traduits en anglais, serbo-croate, en albanais, en russe, en polonais, en slovène, en allemand, en hongrois et en français. Né dans le village de Velgochti, près du lac d’Ohrid, en Macédoine, Živko Čingo fait des études de lettres à l’université de Skopje. Il publie ses premiers récits en 1957. Son premier recueil Paskvelia, qui provoque l’enthousiasme de la critique mais aussi la méfiance du pouvoir, paraît en 1963. C’est une date dans la littérature macédonienne. On le compare à Isaac Babel par la vivacité du regard qu’il porte sur la période post révolutionnaire et par les couleurs impressionnistes de sa narration. Deux ans plus tard paraît le recueil La famille Ogoulinov puis celui de la Nouvelle Paskvelia, en 1966 le roman Les neiges argentées, en 1970 un autre recueil de récits Incendie, puis en 1971 le roman La Grande Eau. Ce dernier est traduit en plusieurs langues dont en anglais, en russe et en français et adapté au cinéma en 2004 par Ivo Trajkov sous le titre The Great Water. Dorénavant, Živko Čingo se consacre à l’écriture dramatique : Obrazov (1973), Eau-Mur (, adaptation de La grande eau, 1976), avant de publier son dernier recueil de récits En bref (1984). Živko Čingo est lauréat de plusieurs prix littéraires yougoslaves.

« Je n’écris que si le sujet revient en rêve. »

« J’ai plus besoin de la vie que du papier. Mon premier livre, j’ai attendu cinq ans et je l’ai écrit en quatorze jours. Je n’écris que si le sujet auquel je pense revient en rêve. Sinon, il n’a pas de nécessité. La littérature, c’est toujours un défi, toujours un risque. » (Živko Čingo)

C’est dans la Comédie humaine que Živko Čingo a appris le plan de Paris. Il est fils de plâtrier. Dans sa formation, assure-t-il, le don de conteur de son père, sa culture, ont compté plus que les auteurs russes lus et adorés plus tard. Sa mère lui lisait la Bible ; c’était aussi une bonne école, à laquelle s’ajoutaient les merveilleuses histoires achetées par fascicules chez l’épicier, et dont il découvrit plus tard qu’elles étaient des extraits de grands classiques.

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L’AVALANCHE, roman de Boris Visinski (Lavina, Makedonska revija, Skopje)

traduit du macédonien par Maria Béjanovska

couverture : Kole Manev

L’Avalanche est une radiographie d’une conscience individuelle torturée par les souvenirs de la guerre. D’une façon discrète et non imposée, l’auteur y crée le mécanisme délicat du temps dans la conscience de son héros, en faisant bouger les deux aiguilles à la fois : la grande qui désigne le temps historique et la petite qui détermine le temps subjectif. Le temps historique est représenté à travers un processus dense, symbolique et fluorescent, on reconnaît Skopje des années de l’occupation et cela jusqu’à l’inondation de 1962 qui précédera au tremblement de terre dévastateur de l’année suivante.

L’AVALANCHE est publié en italien, roumain, serbe, espagnol, grec, maltais, anglais (longs extraits dans une revue) et en japonais.

Sujet :
Martin, jeune membre de la Résistance, se voit confier une mission importante : protéger et faire soigner un groupe de résistants terré dans une cave de la ville. Lors d’une rafle, Martin est arrêté et, sous la torture, il prononce le nom de son inséparable ami d’enfance, l’incarnation pour lui de la lutte pour la liberté. Cette trahison emportera sa raison dans les méandres de la folie, là où n’existe plus de frontières entre la réalité et l’imaginaire, le passé et le présent, le conscient et l’inconscient, là où pulse une autre vie, une réalité différente dans laquelle l’homme est présent dans toute son individualité.

Extrait : « J’avais l’impression d’être, depuis un temps infini, grand, énorme, anormalement étiré. Ainsi couché, en découvrant mes jambes, mes orteils paraissaient loin de moi, petits, presque invisibles. Souvent, dès que je me levais, j’avais un sentiment de panique craignant, si je ne me baissais pas, de me cogner la tête au plafond et de le percer. Et c’est ainsi que, penchant mon buste par la fenêtre, j’eus toutes les peines à revenir en arrière.
Ma haute taille me gênait particulièrement, non seulement pour mes mouvements dans la chambre, mais aussi lorsque je sortais et rentrais dans l’immeuble. Seul le hall était vaste, et là je me sentais plus à l’aise. Alors que pour sortir dehors, dans le jardin, je devais surmonter de grandes difficultés. Et pourtant, ce vaste jardin était le seul refuge où je descendais par ces journées étouffantes, au crépuscule seulement, car je ne pouvais le faire avant. Là, je pouvais déployer toute ma taille.
Cette taille faisait de moi un homme marqué. Ceux qui me cherchaient pouvaient mieux me suivre et me reconnaître parmi des centaines et des milliers d’hommes. À part le Juge d’Instruction, rôdaient autour de moi d’autres hommes semblables à lui qui cherchaient à savoir où j’étais, ce que je faisais et le notaient soigneusement. Ce plaisir, je les en privais seulement pendant la nuit quand l’obscurité me protégeait. »

Boris Visinski

Boris Visinski (1929 – 2011 à Skopje, Macédoine) passe son enfance en Turquie et en Iran avec ses parents immigrés. Il revient dans sa ville natale juste avant la guerre de 1941 qui laissera des traces profondes en lui et, plus tard, dans toute son œuvre littéraire. Après avoir terminé ses études de droit à Belgrade, il quitte la carrière de juriste pour se consacrer au journalisme. Il travaille plusieurs années pour le quotidien national Nova Makedonija, puis il dirige Kulturen zivot (La vie culturelle) une revue consacrée à la culture, la littérature et les arts. En 1971, il crée la Macedonian Review qui paraîtra en anglais jusqu’en 1994. Il a effectué plusieurs séjours d’études à Paris, Stockholm et Rome. Il a été président de l’Institut Dante Alighieri à Skopje, membre de l’Association des Ecrivains de Macédoine depuis 1958, et du PEN Club macédonien.
Boris Visinski parlait une dizaine de langues dont le français, l’anglais, l’italien et l’espagnol.

Bibliographie
Nouvelles : Les rivages antiques, Barbara ;
Romans : Ombres et Soif, L’Arc-en-ciel, L’Avalanche, Le Défilé, La mer étroite, La couronne de sable, La peau dans les nuages, La croix de Bogomile ;
Théâtre : La jeune fille, Ratsine ;
Monographie : Vision de la Macédoine ;
Il a reçu des prix prestigieux dans son pays et à l’étranger : « Petrozino », « Mikhail Eminescou », « Mario Restivo » et « Dante Alighieri » pour l’œuvre littéraire d’un auteur étranger en Italie. En Macédoine et en ex-Yougoslavie : Koco Ratsine, 4 juillet (prix yougoslave pour L’Avalanche), Stale Popov ;
Les textes de Boris Visinski ont été traduit dans plus d’une trentaine de langues. Le roman L’AVALANCHE est publié en italien, roumain, serbe, espagnol, grec, maltais, anglais (longs extraits dans une revue) et en japonais.

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