LA BOITE A ECRITURE, roman de Milorad PAVIC (éditions Le Nouvel Attila, 2021)

sortie le 8 janvier 2021

Un livre-objet mythologique conçu comme une boîte marine passée de main en main, dont chaque chapitre raconte une histoire digne des Mille et une nuits 

 
Mythologie, Histoire, amour, Europe, Balkans… Ce livre-boîte est quelque part une métaphore de Milorad Pavic lui-même, l’auteur du Dictionnaire khazar, qui réussit à faire coïncider les récits et dialoguer les langues, en racontant les histoires trouvées dans ses différents tiroirs.

Un soldat serbe engagé de force dans l’armée bosniaque lors de la dernière guerre en ex-Yougoslavie cherche une méthode linguistique pour oublier sa langue maternelle. Il croise deux sœurs qui échangent des astuces pour s’offrir des fourrures en trompant leurs amants.

Les niveaux et serrures de la boîte guident le plan de l’ouvrage, comme dans un roman de Perec ou de Cortazar. 

 « L’horloge d’amour », une clepsydre mesurant la durée d’un acte (…) est une sorte d’histoire sans paroles de ce qu’est l’amour. »

Traduit du serbe par Maria Béjanovska

la maquette : Gabrielle Coze


 L’AUTEUR Milorad Pavić (1928-2009), est connu comme un Borges slave pour ses romans empreints de labyrinthes, de tiroirs et de constructions ésotériques, où se croisent rêve et réalité. Outre le Dictionnaire khazar, best seller mondial traduit dans près de 36 langues, il a publié des livres en forme de jeu de tarot, de grille de mots croisés, de clepsydre et de miroir…
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PRESSE

UN OBJET-LIVRE MAGISTRAL : http://evlyneleraut.canalblog.com/?fbclid=IwAR0Jj52kCc2Z4EzrSs2NVXApIfxTRpG3kSHfOZ2mgd9hPrAavYKh9jU07SQ

 » Chaque fois que l’Europe tombe malade, elle cherche à soigner les Balkans. » « La boîte à écriture » est un objet-livre magistral. Un phénomène éditorial, une chance inouïe. L’ouvrir délicatement, l’heure est certifiée »

UN AUTRE CHEF-D’OEUVRE DE PAVIC

COUPS DE CŒUR FNAC PIERRE OLIVIER FNAC VÉLIZY :

Du grand art! Après le fascinant « dictionnaire khazar », les éditions Nouvel Attila publient un autre chef-d’œuvre de Pavic, écrivain serbe génial malheureusement trop méconnu. « La boite à écriture » est un livre ludique rempli de mystères et de fantaisies dans lequel le lecteur s’amusera à découvrir ses multiples secrets.

COUP DE COEUR DE LA LIBRAIRIE VIREVOLTE :

UN LIVRE-OBJET FASCINANT, ET SES RECITS A TIROIRS SONT JUSTE SUBLIMES !

UN PETIT BIJOU A DECOUVRIR AU PLUS VITE !

« La Boîte à écriture » de Milorad Pavic est un petit bijou à découvrir au plus vite !

Je n’ai jusqu’alors jamais lu un livre comme celui-ci. Sa forme, qui est loin d’être un artifice, contribue à ce voyage littéraire vraiment hors norme, délicat et profond. » »Que de trésors et de secrets sont enfermés dans ce coffret ! Des objets divers comme une pipe, un couteau, une pièce de monnaie ou encore une pincée de sable, une bande magnétique, un extrait de journal, des lettres, des cartes postales, des confidences, des pages de livre arrachés sont donnés à lire au lecteur avec au départ des liens plus que ténus entre eux. On se laisse donc entraîner dans une espèce de jeu de piste orchestré de fort belle manière par un auteur espiègle grand amateur de jeux d’écriture. »

La suite de la critique sur : http://cafardsathome.canalblog.com/archives/2021/01/30/38787821.html

« Un objet livre poétique et intemporel. On aime s’y perdre dans le temps et l’espace mêlés au cœur de l’intimité des personnages. C’est fascinant et superbement mis en mot pour une lecture différente au charme fou. (Mr K Le 16 Janvier 2021 )

…ET LA BOÏTE INFUSE SA MAGIE…

« Le couple qui se déplace dans le livre, construit de main de maître par Milorad Pavić (1928-2009), l’auteur du célèbre , circule entre Paris et Kotor avec escale à Budapest, Salonique ou Trieste en passant par la Yougoslavie en guerre. En chaque lieu de villégiature se déroule une histoire apparemment autonome avec, sur le devant de la scène, l’un ou l’autre des deux personnages principaux. Peu à peu, la boîte à écriture infuse sa magie. Elle regorge de malices, d’aventures entraînantes, d’odeurs enivrantes, de jeux, de désirs, de duels amoureux. C’est ce que son détenteur découvre au fil de ses investigations. Tous les documents qu’il consulte s’emboîtent et finissent par former bloc. » (Jacques Josse, le 18 février 2021)

Lire toute la critique : https://remue.net/la-boite-a-ecriture…

LE DICTIONNAIRE KHAZAR, UNE OEUVRE OUVERTE SORTIE DE LA BOITE A ECRITURE

par Thierry Guinhut

« De quelle boîte mentale sortit en 1984 LE DICTIONNAIRE KHAZAR? Le moins que l’on puisse dire est que le Serbe Milorad Pavic maîtrise un sens du rangement passablement hétérodoxe. Car jaillissent de sa BOITE A ECRITURE autant les suggestions de l’imaginaire que celles d’un passé incertain. Histoire des Balkans et géographie des steppes, des confins de l’Eurasie confluent dans des histoires d’amour et de guerre, dans des mises en forme insolites autant que dans la grâce rugueuse et inoubliable du mythe. » »Livre-objet infiniment séduisant… un ouvrage onirique de plus en plus enivrant, se démultiplient les histoires, nourries d’échos et de leitmotivs, les appels poétiques, les secrets de la psyché, où la finesse intellectuelle, l’art des drames et de l’imaginaire s’allient à la fantaisie…une constellation d’histoires d’amour qui progresse par tiroirs successifs »

lire la critique complète : 14 avril 2021 : http://www.thierry-guinhut-litteratures.com/2016/01/milorad-pavic-le-dictionnaire-khazar-une-oeuvre-ouverte-au-service-de-l-imaginaire-d-un-peuple-disparu.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmaillie&fbclid=IwAR1DVRR3ocGMORicw6LgWzCs07GS9OCVadeeSycCnM6HLPD3snXUtAc7KiE

LA BOITE MAGIQUE DE MILORAD PAVIC

Un film documentaire consacré à l’oeuvre de Milorad Pavic. Une occasion de découvrir le cadre dans lequel il a écrit ses oeuvres mondialement connues, son bureau du 19ème siècle, les miroirs qui ont inspiré les rêves du Dictionnaire khazar, et la fameuse boîte à écriture aux tiroirs secrets qu’il a véritablement achetée à Kotor et dont a surgi son roman LA BOITE A ECRTURE qu vient d’être publié en français. Même si vous ne comprenez pas le serbe, les images parlent toutes les langues.

mai 2021 LE MATRICULE DES ANGES

« Hérité du Dictionnaire khazar avec ses « chasseurs » et « lecteurs » de rêves, I’onirisme y est omniprésent. Ainsi que les parfums, pour lesquels les . personnages féminins sont dotés d’un odorat hors du commun. Les histoires de couteaux et de duels rappelleront bien sûr Borges, mais un Borges moins prude, comme en témoigne, dans l’un des « petits compartiments noirs et blancs »», ce vieux sifflet en forme de phallus » : « Le sifflet sert à appeler l’esprit des morts. Le son est bizarre, quelque chose comme: « Kmt ! Kmt ! Kmt ! ». À son appel répondent les rêves glacés des âmes mortes quand ils se perdent dans les rêves des vivants pour s’y réchauffer ». (Jérôme Delclos)

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NOSTALGIE DU SUD, poème de Konstantin MILADINOV

A L’APPROCHE DES SOIRÉES POÉTIQUES DE STRUGA QUI FÊTENT CETTE ANNÉE LEUR 60ème ANNIVERSAIRE, VOICI LE POEME-FETICHE DE CETTE MANIFESTATION – NOSTALGIE DU SUD DE KONSTANTIN MILADINOV, ADAPTÉ EN FRANÇAIS PAR EUGÈNE GUILLEVIC et LUCIE ALBERTINI

NOSTALGIE DU SUD

Comment avoir des ailes d’aigle,

et m’envoler dans nos régions,

m ’en aller dans nos pays,

voir Istanbul, voir Koukouche*

voir si là-bas aussi, le soleil

apparaît sombre, comme ici.

Si comme ici le soleil me rencontre,

si là-bas aussi, le soleil luit sinistrement,

pour un lointain voyage je partirai

et dans d’autres pays m’enfuirai,

là où un soleil clair se lève

et où le soleil sème des étoiles.

II fait sombre ici, les ténèbres enveloppent,

un obscur brouillard couvre la terre,

et des gels et des neiges et des poussières,

et des vents puissants et des tempêtes,

tout autour, brouillard et terres gelées,

du froid dans la poitrine et des noires pensées.

Non, je ne peux pas rester ici,

non, je ne peux pas regarder ce gel !

Donnez-moi des ailes

pour m’envoler dans nos régions,

m’en aller dans nos pays,

voir Ohrid, voir Struga.

Là-bas, l’aurore réchauffe l’âme,

et un soleil clair se couche sur la forêt;

là-bas, avec splendeur, la force naturelle

a répandu ses dons:

Tu vois blanchir le lac limpide,

tu le vois, à cause du vent, s’obscurcir en bleu;

et que tu regardes la plaine ou la montagne,

la divine beauté est partout.

Là-bas, de tout cœur, je voudrais jouer du pipeau,

et que le soleil se couche et que je meure.

« Nostalgie du Sud » a connu 74 adaptations et est traduit en 43 langues.

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LE CAHIER VOLE A VINKOVCI de DRAGAN VELIKIC (ISLEDNIK)

SELECTIONNE AVEC SEPT AUTRES ROMANS POUR LE PRIX JEAN MONNET 2021

Traduit du serbe par Maria Béjanovska

Editions AGULLO

Le prix JeanMonnet de littérature européenne est un prix littéraire français, décerné depuis 1995, pendant le LEC Festival (Littératures Européennes Cognac [archive]), qui récompense un auteur européen pour un ouvrage, écrit ou traduit en français.

La nouvelle de la mort de sa mère surprend l’écrivain à Budapest et devient l’occasion d’ouvrir une boîte noire émotionnelle. De fragments de souvenirs en portraits esquissés avec sensibilité, c’est toute l’histoire de l’Istrie du XXe siècle, depuis le grand incendie de Salonique en 1917 jusqu’à nos jours, en passant par l’implosion de l’ex-Yougoslavie dans les années 1990, qui se trouve revisitée à travers les événements, les vies ordinaires ou extraordinaires de ceux qui se sont succédés sur cette terre, et la trace qu’ils ont laissée dans l’esprit du narrateur. L’histoire de pays, de villes, d’hôtels, de chemins de fer qui n’existent plus. De familles détruites et de personnes disparues. C’est aussi, et surtout, un portrait de la mère du narrateur, elle qui toute sa vie a collecté ces fragments, ces morceaux de mémoire, et qui, à la fin de sa vie, a fini par perdre cette mémoire. Un roman sur l’histoire, les histoires, le souvenir, réel ou recréé, les traces qu’on laisse.

PRESSE

«Rarement un livre me laisse sans voix. Et c’est un chef-d’œuvre – une magnifique mosaïque balkanique moderne d’après-guerre dans laquelle l’histoire et la fiction s’intègrent si habilement. Dragan Velikić crée une œuvre de haut niveau, dont vous ne pouvez tout simplement pas vous séparer, et c’est pourquoi, probablement à juste titre, il est considéré comme le nouvel Andrić.  » (Stefanos Cavalierakis, directeur du musée de la ville d’Athènes)

VOICI UN LIVRE PEU ORDINAIRE. TOUCHANT ET SURPRENANT :

« Ce livre vous donne envie de regarder les photos que vous gardez dans une boîte en carton, à la cave, de regarder la vie qui s’est écoulée depuis quelques décennies, et de sentir le parfum fugace de temps révolus ».

Avis des lecteurs :

2 février 2021 : https://www.babelio.com/livres/Velikic-Cahier-vole-a-Vinkovci/1288539

« Quel livre original …Un livre indescriptible , très bien écrit, un tourbillon de personnages qui ont vécu sur ces terres au XXème siècle.Un beau portrait de mère aussi, touchant, déroutant. Comme tout ce livre. « 

« En refermant ce livre, que j’ai lu intensément, passionnément, me sont restées des images, des visages, des tranches de vie, des émotions. Je me sens comme si j’avais moi-même voyagé, et que je ramenais dans mes bagages des souvenirs de rencontres qui m’ont enrichies.Quant à l’écriture, c’est le summum. Elle est d’une beauté ! Quelle maîtrise de la langue ! Bravo à la traductrice Maria Bejanovska, j’ai pris un tel plaisir à lire ce roman. Une véritable symphonie dont la musique entêtante m’a charmée du début à la fin. »

févier 2021 : https://lejardindenatiora.wordpress.com/2021/02/08/le-cahier-vole-a-vinkovci-de-dragan-velikic/:

« Je suis ravie d’avoir eu l’occasion de lire cet ouvrage qui m’a emballée comme rarement. J’ai pu aller à la rencontre d’un auteur, d’un territoire, d’une littérature inconnue ».

LE COUP DE COEUR DE LA LIBRAIRIE AB

Le coup de cœur de Florence pour un formidable roman chez Agullo Editions« Un très beau roman, mélancolique et passionnant. L’auteur adresse à sa mère une lettre d’amour et évoque les endroits et les personnes qui ont traversé son existence. Derrière l’histoire maternelle, apparaît comme par magie l’Histoire de la Yougoslavie.

« Le lecteur ne peut s’empêcher de penser à “La promesse de l’aube” de Romain Gary. Comment ces mères exigeantes, fières jusqu’au ridicule, rêvant de célébrité pour leur progéniture et un brin fantasques, peuvent-elles susciter le désir d’écriture ? »

le 18 mars 2021 https://netsdevoyages.car.blog/2021/03/13/le-cahier-vole-a-vinkovici-dragan-velikic/?fbclid=IwAR0HBqMGU18lAqN68ljTXTcvf_fyx3dWLkdCONK625PtC7jeDSVQSmL_8vA

« Comme Mendelsohn et Sebald , Velikic mène son enquête de manière circulaire. Il tourne et retourne, digresse, retrouve d’anciennes photographies, interroge des témoins comme le vieil horloger nonagénaire. Il fait revivre les anciens souvenirs familiaux comme ceux de son grand père cheminot. Surtout il raconte l’histoire de son ancienne voisine Lizeta, grecque, italienne et juive de Salonique dont les anciennes photos ont enchanté son enfance. L’incendie de Salonique (Aout 1917).

le 17 mars 2021 https://viduite.wordpress.com/2021/03/17/le-cahier-vole-a-vinkovci-dragan-velikic/

UN RECIT MAGISTRAL »Le cahier volé à Vinkovci est un récit magistral, son désordre apparent, ses détours, la plasticité de la prose de Dragan Velikic, donne une image saisissante de l’Istrie, de son histoire pleine de manipulations et de séparations. »

Les Notes (mars 2021) : « Une grande et belle histoire au service d’un émouvant parcours mémoriel »

Revue HISTORIA (mars 2021) par Gérard de Cortanze :

RENCONTRE AVEC DRAGAN VELIKIC avec le journaliste et écrivain Thierry Clermont

Agullo EditionsDemain, mardi 11 mai 2021 à 18H00, nous vous invitons à assister et participer à l’entretien entre l’auteur Dragan Velikić et le journaliste Thierry Clermont sur « Le Cahier volé à Vinkovci », organisé sur Zoom et accessible via le lien ci-dessous. Une retransmission en directe sera disponible sur la page de Institut français de Serbie/ Francuski institut u Srbiji. »Partout où nous allons, nous sommes déjà sur le territoire d’autres vies. « Un roman sur la mémoire, les traces du passé, et l’histoire d’une région, l’Istrie, balayée par tous les tourments de l’Histoire. L’histoire de pays, de villes, d’hôtels, de chemins de fer qui n’existent plus. De familles détruites et de personnes disparues dont les voix résonnent dans une polyphonie brillamment orchestrée par l’auteur.

Lien Zoom 👉https://us02web.zoom.us/j/88097044728

15 mai 2021: le Temps:

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L’ENIGME DE LA BOITE A ECRITURE

Les lecteurs de Milorad Pavic qui ont entre leurs mains son dernier roman LA BOITE A ECRITURE ont remarqué qu’il y avait un petit texte, imprimé sur du papier vert, en supplément du livre. A la fin de ce petit texte, Griotte au noyau d’or, est écrit :

Dans ce crime, j’ai un complice. C’est toi qui te trouves dessiné au dos de l’icône du diable. Toi, qui a déjà lu, dans La boîte à écriture, le nom interdit : – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

Pour découvrir ce « nom interdit » qui est celui du meurtrier de Timothée mais aussi l’alter ego de l’auteur de ce livre , il suffit de suivre la trace des parfums cités dans le roman et d’aligner leurs initiales.

Pour vous aider, ce que l’éditeur a oublié de faire, je vous indique les pages ou vous trouverez les noms des parfums : 12, 12, 16, 21, 21, 39 24, 25, 30, 39, 55, 128, 130, 132, 149, 160.

La solution de l’énigme commence par: MOI, suivi des seize initiales.

A vous de jouer !

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Proposition : LE CHEVALIER ET LA BYZANTINE, roman de Kica Kolbe (VITEZOT I VIZANTINKATA, éditions Ili-Ili, Skopje, 2021)

LE ROMAN DE LA FIERTE

« Nous, les hommes, nous croyons au mensonge que nous avons créé », dit Kica Kolbe

« Dans son dernier roman, Kica Kolbe raconte l’amour entre deux doctorants en philosophie à l’université de Bonn. Daniel Kluge est Allemand et Natalia Polenak, née en Allemagne, a des parents originaires d’un pays de l’Est. A travers ces deux personnages l’auteure décrit avec habilité le drame contemporain qui se joue entre l’Est et l’Ouest, c’est-à-dire entre les parties de l’Empire romain éclaté où Byzance est toujours l’objet d’un stéréotype et d’un préjugé dans l’esprit des Occidentaux. Et les stéréotypes, explique l’auteure, survivent pendant des siècles parce qu’ils sont le fruit de demi-vérités.

Ce drame amoureux dans le milieu intellectuel de Bonn, où les personnages brûlent du même éros philosophique en bâtissant leur carrière et leur vie maissouffrent à s’en autodétruire, jusqu’au moment où ils comprennent que « sans empathie le dialogue n’est pas possible ni la capacité de surmonter les préjugés », et encore moins de réaliser l’amour et l’envie d’une vie commune qu’ils désirent tant.

A travers l’amour et la haine entre le Chevalier et la Byzantine, l’auteure explique toute la complexité des rapports qui se nouent entre les deux parties de l’ancien Empire romain et des conséquences tragiques provoquées par la fierté de l’homme occidental et celle, aussi grande et mêlée aux frustrations, de l’homme oriental, particulièrement celui des Balkans qui se voit toujours victimisé dès que quelqu’un lui adresse la moindre critique.

C’est le drame des personnes qui, à la recherche de leur identité dans le passé lointain, oublient qu’ils ont acquis aussi une nouvelle identité européenne qui leur appartient autant qu’à ceux qui sont nés en Occident. Et que les tragédies peuvent être évitées par la compréhension mutuelle afin de construire un avenir commun. » Spasov (universitaire et critique littéraire macédonien)

En lisant le roman Le chevalier et la Byzantine de Kica Kolbe on ne peut s’empêcher de penser au Meurtre à Byzance de Julia Kristeva. Ce sont des exemples parfaits pour une lecture comparée, selon le critique macédonien Atanas Vangelov.

« Le surnom chevalier ne dérangeait pas Daniel car, enfant, il engloutissait des romans moyenâgeux pleins de chevaliers. Il est un symbole pour la civilisation occidentale qui s’estime supérieure à Byzance, à l’époque Empire romain oriental, faisant partie de l’Europe. Dans le roman de Kristeva, la Byzantine c’est Anne Comnène, fille de l’empereur Alexis Comnène, une intellectuelle d’envergure et auteure d’une histoire en vers, « Alexiade », écrite à la façon d’Homère. Anne Comnène devient une obsession pour l’historien Sébastien Chrest Jones. Quand Natalia Polenak de Kica Kolbe cherche à échapper au stéréotype de Balkanique qu’elle remplace par celui de Byzantine, elle donne à penser que, tout comme le Sébastien Chrest Jones de Kristeva, elle est fascinée par cette première intellectuelle de la culture européenne.

Le chapitre « La Byzantine » est essentiel dans le roman de Kica Kolbe avec, notamment, la reconstitution d’un évènement de mai 2004 quand Natalia arrive dans le cercle des doctorants du professeur von Blumenthal. « La fierté fait parfois partie de la beauté à tel point qu’elle couvre la personne d’un voile invisible. » La fierté de Natalia Polenak était une sorte d’armure qu’elle s’était elle-même créée. On savait que derrière sa fierté se cachait sa dignité blessée. La fierté, cette cotte de maille sous laquelle elle cachait son traumatisme, la portant d’une façon si digne comme si elle était devenue qu’elle semblait être devenue sa seconde peau. » Atanas Vangelov (universitaire, critique littéraire macédonien)

Kica KOLBE est écrivaine, essayiste, traductrice et artiste peintre. Elle est née en 1951 en Macédoine dans une famille de réfugiés du nord de la Grèce. Elle a fait ses études de philosophie, d’histoire de l’art et de théorie de la littérature à l’Université de Belgrade (Serbie) et celle de Skopje où elle a obtenu un doctorat avec le sujet « L’esthétique dans la philosophie allemande du dix-huitième siècle ». Pendant une dizaine d’années elle a enseigné l’esthétique à la Faculté de philosophie de Skopje. Elle est membre de l’Association des écrivains de Macédoine et de la Société Macédonienne de Philosophie.

Depuis une trentaine d’années elle vit en Allemagne où elle se consacre à la littérature et à la peinture. Elle écrit en macédonien et en allemand. Le Chevalier et la Byzantine est son cinquieme roman.

Les Egéens (1999) qui traite du sujet de l’exode des Macédoniens pendant la Guerre civile (1945-1948) en Grèce, de leur déracinement et l’impossibilité de retrouver leur pays natal.

           La neige à Casablanca (2007) est un roman sur un pays que l’on veut fuir. Ana, le personnage principal, mène depuis une dizaine d’années une vie de nomade grâce aux bourses des fondations européennes, mais elle fuit sans cesse quelque chose. Les Balkans ? La Macédoine ? Elle-même ? Alors elle décide d’écrire une biographie virtuelle dans laquelle la Macédoine se transforme en Casablanca – une patrie au bout du monde. Cependant la vérité est moins virtuelle. La Macédoine est ensevelie sous une neige centenaire, qui recouvre la terre et les hommes.

« Casablanca, c’est la Macédoine, un pays que l’on cherche sans cesse à couper et découper. Casablanca c’est nous tous avec nos rêves perdus et nos espoirs », dit Kica Kolbe qui, pour ce roman, a reçu le Prix du meilleur roman de l’année en Macédoine, décerné par le journal Utrinski Vesnik. Ce roman était aussi candidat au Prix international Balkanika.

Les femmes Gavrilov (2008). Dans la famille macédonienne Gavrilov de Bitola, les femmes transmettent de génération en génération le secret du tissage en même temps que le secret de leur vie. C’est un véritable filet de noms, d’époques, d’artistes célèbres et de femmes de talent inconnues sur un fond historique et culturel macédonien et européen. Le roman a été nominé pour le Prix Balkanika. 

   Andrew Wachtel, essai sur Les femmes Gavrilov

Pays des réfugiés (2018) est le quatrième roman de Kica Kolbe. La narratrice est une petite fille, Frossé, qui raconte l’exode de sa famille en Macédoine pendant la guerre civile en Grèce (1945-1948). L’accent est mis sur le traumatisme psychologique provoqué par la guerre et la perte du pays natal, sur les sentiments, les peurs mais aussi les espoirs. Ce traumatisme que subissent également et pendant très longtemps les générations suivantes. Un sujet aussi vieux que l’histoire de la guerre mais jamais aussi actuel que de nos jours.

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LE CAHIER VOLE A VINKOVCI, roman de Dragan VELIKIC (Ed. Agullo, 2021)

LE CAHIER VOLE A VINKOVCI fait partie de la sélection pour le PRIX JEAN MONNET 2021!

sortie le 25 février 2021

«Rarement un livre me laisse sans voix. Et c’est un chef-d’œuvre – une magnifique mosaïque balkanique moderne d’après-guerre dans laquelle l’histoire et la fiction s’intègrent si habilement. Dragan Velikić crée une œuvre de haut niveau, dont vous ne pouvez tout simplement pas vous séparer, et c’est pourquoi, probablement à juste titre, il est considéré comme le nouvel Andrić.  » (Stefanos Cavalierakis, directeur du musée de la ville d’Athènes)

La nouvelle de la mort de sa mère surprend l’écrivain à Budapest et devient l’occasion d’ouvrir une boîte noire émotionnelle. De fragments de souvenirs en portraits esquissés avec sensibilité, c’est toute l’histoire de l’Istrie du XXe siècle, depuis le grand incendie de Salonique en 1917 jusqu’à nos jours, en passant par l’implosion de l’ex-Yougoslavie dans les années 1990, qui se trouve revisitée à travers les événements, les vies ordinaires ou extraordinaires de ceux qui se sont succédés sur cette terre, et la trace qu’ils ont laissée dans l’esprit du narrateur. L’histoire de pays, de villes, d’hôtels, de chemins de fer qui n’existent plus. De familles détruites et de personnes disparues. C’est aussi, et surtout, un portrait de la mère du narrateur, elle qui toute sa vie a collecté ces fragments, ces morceaux de mémoire, et qui, à la fin de sa vie, a fini par perdre cette mémoire. Un roman sur l’histoire, les histoires, le souvenir, réel ou recréé, les traces qu’on laisse.

Dragan Velikić est né à Belgrade en 1953. Après des études de Lettres, il dirige les éditions de Radio 92 et écrit des chroniques pour diverses revues. Ambassadeur de la République de Serbie entre 2005 et 2009, il est l’un des écrivains contemporains les plus connus de Serbie et a publié de nombreux romans, nouvelles et essais. Il a obtenu deux fois le prestigieux prix NIN : en 2007 pour son roman Ruski prozor, et en 2015 pour Le Cahier Volé à Vinkovci (Islednik). Ce dernier a en outre reçu le prix Vital et est traduit en onze langues dont l’allemand, l’italien et le grec. En 2019, Dragan Velikic a reçu le prix littéraire international Vilenica, récompensant l’ensemble de son œuvre. Il vit aujourd’hui à Belgrade.

DRAGAN VELIKIC, est lauréat de nombreux Prix dont deux fois de celui de NIN (le Goncourt serbe) et de VILENICA pour son oeuvre complète qui est traduite en 16 langues européennes, en farsi et en arabe.

Editions en hongrois, en farsi et en arabe

PRESSE

Magazine VSD, fevrier 2021 : « splendide voyage en Istrie ».

6 février 2021 : http://songazine.fr/v2/le-cahier-vole-a-vinkovci-dragan-velikic/

VOICI UN LIVRE PEU ORDINAIRE. TOUCHANT ET SURPRENANT :

« Ce livre vous donne envie de regarder les photos que vous gardez dans une boîte en carton, à la cave, de regarder la vie qui s’est écoulée depuis quelques décennies, et de sentir le parfum fugace de temps révolus ».

Avis des lecteurs :

2 février 2021 : https://www.babelio.com/livres/Velikic-Cahier-vole-a-Vinkovci/1288539

« Quel livre original …Un livre indescriptible , très bien écrit, un tourbillon de personnages qui ont vécu sur ces terres au XXème siècle.Un beau portrait de mère aussi, touchant, déroutant. Comme tout ce livre. « 

« En refermant ce livre, que j’ai lu intensément, passionnément, me sont restées des images, des visages, des tranches de vie, des émotions. Je me sens comme si j’avais moi-même voyagé, et que je ramenais dans mes bagages des souvenirs de rencontres qui m’ont enrichies.Quant à l’écriture, c’est le summum. Elle est d’une beauté ! Quelle maîtrise de la langue ! Bravo à la traductrice Maria Bejanovska, j’ai pris un tel plaisir à lire ce roman. Une véritable symphonie dont la musique entêtante m’a charmée du début à la fin. »

févier 2021 : https://lejardindenatiora.wordpress.com/2021/02/08/le-cahier-vole-a-vinkovci-de-dragan-velikic/:

« Je suis ravie d’avoir eu l’occasion de lire cet ouvrage qui m’a emballée comme rarement. J’ai pu aller à la rencontre d’un auteur, d’un territoire, d’une littérature inconnue ».

LE COUP DE COEUR DE LA LIBRAIRIE AB

Le coup de cœur de Florence pour un formidable roman chez Agullo Editions« Un très beau roman, mélancolique et passionnant. L’auteur adresse à sa mère une lettre d’amour et évoque les endroits et les personnes qui ont traversé son existence. Derrière l’histoire maternelle, apparaît comme par magie l’Histoire de la Yougoslavie.

Le 24 février

LE CAHIER VOLE A VINKOVCI fait partie de la sélection pour le PRIX JEAN MONNET 2021!

Ce prix récompense chaque année un écrivain ou une écrivaine pour un ouvrage traduit ou écrit en français durant l’année écoulée.  8 titres sont aujourd’hui en lice pour cette 27e édition de la récompense. 

Le 25 février 2021

« Dans son dernier roman déjà sélectionné pour le “Prix Jean Monnet de littérature européenne”, l’écrivain serbe Dragan Velikić nous entraîne à la recherche de la mémoire, celle du “cahier volé” où la mère du narrateur notait le nom des hôtels lors de ses errances à travers l’Istrie. Mais au-delà de l’histoire de son pays, c’est sur sa propre vocation d’écrivain que s’interroge l’auteur. »

« Le lecteur ne peut s’empêcher de penser à “La promesse de l’aube” de Romain Gary. Comment ces mères exigeantes, fières jusqu’au ridicule, rêvant de célébrité pour leur progéniture et un brin fantasques, peuvent-elles susciter le désir d’écriture ? »

le 18 mars 2021 https://netsdevoyages.car.blog/2021/03/13/le-cahier-vole-a-vinkovici-dragan-velikic/?fbclid=IwAR0HBqMGU18lAqN68ljTXTcvf_fyx3dWLkdCONK625PtC7jeDSVQSmL_8vA

« Comme Mendelsohn et Sebald , Velikic mène son enquête de manière circulaire. Il tourne et retourne, digresse, retrouve d’anciennes photographies, interroge des témoins comme le vieil horloger nonagénaire. Il fait revivre les anciens souvenirs familiaux comme ceux de son grand père cheminot. Surtout il raconte l’histoire de son ancienne voisine Lizeta, grecque, italienne et juive de Salonique dont les anciennes photos ont enchanté son enfance. L’incendie de Salonique (Aout 1917).

le 17 mars 2021 https://viduite.wordpress.com/2021/03/17/le-cahier-vole-a-vinkovci-dragan-velikic/

UN RECIT MAGISTRAL »Le cahier volé à Vinkovci est un récit magistral, son désordre apparent, ses détours, la plasticité de la prose de Dragan Velikic, donne une image saisissante de l’Istrie, de son histoire pleine de manipulations et de séparations. »

Les Notes (mars 2021) : « Une grande et belle histoire au service d’un émouvant parcours mémoriel »:

Revue HISTORIA (mars 2021) par Gérard de Cortanze :

le 7 mai 2021

https://www.courrierdesbalkans.fr/Blog-o-un-livre-de-la-memoire-et-de-la-colere?fbclid=IwAR2x0ycnU-m6J0I5rEEZ-kkXW1yILrR3zAoXpNxkQHM9l3wwodnLf2i8yVg#.YJZjhbEjQ3Q.facebook

UN LIVRE DE LA MEMOIRE ET DE LA COLERE » Dragan Velikic nous livre avec Le Cahier volé à Vinkovci un récit puissant, sinueux et émouvant, mais aussi traversé d’élans de colère, sur la fuite du temps et les bouleversements du monde. » (Pierre Glachant)

le 10 mai 2021

UNE PROSE TRES PERSONNELLE, A TENDANCE SPIRITUELLE ET PHILOSOPHIQUE » J’ai découvert un auteur avec une vraie finesse d’esprit et une vision très clairvoyante sur sa propre famille, son pays et qui possède d’une façon bien à lui de saisir et recréer le temps qui passe, et surtout la façon dont il passe. On se laisse voguer au fil de la pensée et des mots du lauréat du prestigieux prix Nin, qui clôt son périple, comme il l’a commencé à Belgrade, là où l’a commencé. Là d’où il aimerait repartir. »

« J’imagine que la traduction a été plutôt ardue à certains moments, en tout cas, elle est brillante, Maria Bejanovska a accompli là un formidable et minutieux travail de transcription. C’est une écriture très imagée, qu’il faut aborder sans précipitation et prendre le temps de déchiffrer la profondeur du sens de ses écrits.

https://tempsdelectureblog.wordpress.com/…/le…/…

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L’EUROPE PARLE MA LANGUE MATERNELLE (Vele Smilevski)

Vele Smilevski

L’EUROPE PARLE MA LANGUE MATERNELLE

Poème consacré aux poètes européens lauréats de la Couronne d’or décernée aux Soirées poétiques de Struga*, dont les poèmes sont traduits en langue macédonienne.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Nichita Stanescu à l’embouchure du Drim noir nous dit :

Je ne suis qu’une tache de sang qui parle.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Yves Bonnefoy cherche l’endroit triste

Où brille le poème du rêve.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Hans Magnus Enzensberger ajoute

Au labeur de Sisyphe le poids de la douceur 

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Raphaël Alberti traduit le souffle

Du vent libre et de son écho.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Artur Lundkvist livre à l’instant

La seule chose que nous avons et perdons sans cesse.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Tadeusz Rozewicz au bord du Lac, à l’aube,

Écrit le poème des choses à la fois proches et lointaines.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Ted Hughes rappelle : le pillage n’a jamais enrichi personne

Sinon le monument aux morts.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Lyubomir Levchev s’éloigne de « la rue sans nom »

Avertissant : là vit la fin.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Justo Jorge Padron dans une forêt de livres

Perçoit une foule qui souffre, vieillit et meurt.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Ferenc Juhasz dans un vers dessine un papillon

Qui telle une étoile au sourire divin annonce.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Blaže Koneski assis en bordure du champ paternel

Dit avec douceur un simple et rude poème macédonien.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand le souvenir nous angoisse

Comme Edoardo Sanguineti qui au bord du Drim noir

Écrivit la main tremblante :

Je vis pour comprendre pourquoi en vivant

J’écris afin de comprendre pourquoi j’écris !

Et seulement après s’en retourna chez lui, par-delà la mer

Où se jette le Drim.

* Les soirées poétiques de Struga (SPE) (en macédonien : Struški večeri na poezijata, SVP) est un festival international de poésie  qui se tient chaque année à Struga, en Macédoine, depuis 1962.

Traduit du macédonien par Maria Béjanovska

Vele Smilevski (1949) , poète macédonien, essayiste, critique littéraire, professeur, journaliste et éditeur. Il est l’auteur de 14 recueils de poèmes, 2 romans et plusieurs dizaines de livres d’essais. Il a été Président de l’Association des écrivains de Macédoine pendant plusieurs mandats, Président des Soirées poétiques de Struga et membre du PEN club macédonien. Il est lauréat de nombreux Prix dont Grigor Prlicev (2012)

Le lac d’Ohrid

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ELOGE DU CONTRAIRE, essais de Goran Stéfanovski

En attendant la publication des essais de Goran Stefanovski, prévu pour l’année 2021 aux éditions L’Espace d’un instant, Paris, voici un court extrait :

« « Je suis fier de notre ténacité. Malgré notre identité détériorée, les mains liées, la bouche bâillonnée, la négation de ce que nous sommes et le morcellement de notre terre, je suis vivant et j’ai soif de la vie. Je sais que j’existe grâce à leur acharnement à vouloir me faire disparaître. Ma ténacité surgit du mortier dans lequel on m’écrase et de la poêle où l’on me fait frire. Ce mortier et cette poêle sont justement les lieux de mon pouvoir. »

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Radovan Pavlovski, le prince de la métaphore

Radovan Pavlovski – le prince de la métaphore –

le poète qui a « marié son âme aux longs chemins ».

Radovan Pavlovski est apparu dans la poésie macédonienne comme une pierre météorite. Dans les années 60, un jeune homme d’une vingtaine d’années débarquait on ne sait d’où. Il arrivait d’un lycée de province et avait composé des poèmes dans les marges de ses travaux scolaires. Il venait d’un village, perdu dans la montagne, inconnu de toute géographie, quelque part en Macédoine. C’est ce petit village, Železna Reka (Rivière de fer), souvent nommé dans ses poèmes, qui l’a façonné comme poète en le nourrissant de récits légendaires, de pratiques plus ou moins magiques, de rapports intimes avec la nature et la société paysanne.

Et voilà, ce jeune homme, étrangement doué, qui descend de sa montagne, ce garçon un peu bizarre, et qui se sent lui-même porteur de secrets qu’il ignore, il a sous le bras des cahiers pleins de griffonnages. C’est un poète, on le saura tout de suite, et d’évidence.

A Skopje il fera des études de droit et de littérature, travaillera comme journaliste et ne cessera d’écrire et de voyager. Il consacrera sa vie à la poésie.  A ce jour, il a publié 70 recueils de poésie et a parcouru le monde entier: Chypre, Sirie, Liban, Egypte, Russie (Moscou, Tachkent, Samarkand, Volgograd, Leningrad, Angleterre (Londre, Oxford), France ( il a séjourné pendant trois mois à Paris). En 2006, il est devenu membre de l’Académie macédonienne des Sciences et des Arts.

Ses poèmes sont traduits en cinquante langues dont en français  : Un autre oiseau dans un autre temps (Ed. L’Age d’Homme, 1981), un recueil épuisé depuis très longtemps.

« J’ai marié mon âme aux longs chemins. J’ai commencé à étudier le droit, mais la chimie et la magie du mot passaient par-dessus le droit, dans mon cas – le droit romain. Puis j’ai eu mon diplôme de littérature, je n’ai pas eu la meilleure note, le dix, j’ai obtenu le neuf parce que j’ai dit aux professeurs que Don Quichotte ne pouvait être écrit qu’en Espagne, comme Hamlet qu’en Angleterre et, dans le monde slave, Oblomov de Gontcharov qu’en Russie, pour tout l’oblomovisme de notre monde. Chaque poème à son pays natal, dans ma vie je n’ai jamais été ni rédacteur en chef, ni membre d’un jury, mais je sais que l’existence de mon peuple vit en moi et avec moi. » (Radovan Pavlovski)

MAIA

1.

Ce me fut une malédiction de regarder les étoiles le jour mon âme éteignait la foudre

Je m’approchais de toi mes doigts se remplissaient de nuit et de paroles

J’avais peur de me coucher seul sur la route comme un vagabond et m’endormir

Craignant que ne viennent les fourmis impériales me déchirer la peau

Mais tu m’enlevais dans les airs

Et comme un oiseau je perchais sur la tour

Tandis que devant moi mon âme éteignait la foudre

Dont s’illuminaient les nuages.

Nous choisîmes l’endroit. Un endroit pour des jardins et pour des cloches

J’entrais comme un cueilleur dans le jardin moi plein de sifflets

Et toi pleine de fruits. Je vis autour de nous des traces de voleurs

L’aurore glissait entre les doigts. Les grillons enfouissaient dans la terre

Une fleur blanche afin que l’hiver conserve quelque beauté

Je débroussaillais le chemin pour qu’il ne t’arrive aucun mal

Ce me fut une malédiction de regarder les étoiles le jour

Nous écoutions dans l’air les pleurs de notre progéniture

J’anéantissais toute autre richesse

Pour qu’on ne voie plus que notre pure richesse

Un incendie au cœur

J’étendais le bras sur la terre puisque tu venais

O cloches orgueilleuses qui avaient ébranlé le ciel

Parfumé de serpolet.

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EZERSKA – Poèmes du lac, de Risto Lazarov

Picture of a Lake Ohrid, Macedonia

Au milieu du lac

C’est sur une petite barque

au milieu du lac

que tu vois le mieux

comme il est grand.

Alors le coin de ton sourire

bleuit un peu :

au-dessus de toi un grand oiseau

sait que tu n’es pas protégé

et crie à tue-tête des prédictions.

Il est devenu fou de bonheur,

oh, il va se poser au fond du lac !

D’où on verrait le mieux

comme tu coules, toi aussi, et peines,

avant de te noyer,

à recoudre

ton dernier rêve.

Avec une aiguille d’eau. 

EZERSKA – POEMES DU LAC de Risto Lazarov

          

Risto Lazarov  (né en 1949 à Štip, Macédoine ) est poète, essayiste, critique, journaliste, traducteur et éditeur. Il est l’auteur d’une trentaine de recueils de poésie, de Oiseau nocturne dans le parc (1972) à Poèmes du lac (2020).

Ses poèmes sont traduits en anglais, en allemand, en russe, en serbe, en bulgare, en albanais, en slovène, en tchèque, en turc… Il a reçu de nombreux Prix dont celui des Soirées poétiques de Struga et, en 2019, « La plume de Kočić » et « Le livre de Kočić».

Il a traduit en macédonien Ceslav Milosh, Carl Sandburg, Charles Simić, Miljenko Jergović, Dragan Velikić, Abdulah Sidran, …

Risto Lazarov est membre de l’Association des écrivains de Macédoine. Il a été Président du PEN club macédonien de 2006 à 2014.

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UN ETE SANS TOI, roman de Petar Andonovski (Leto vo koe te nema, Ed. Ili-Ili, Skopje, 2020)

UN ETE SANS TOI – LE PREMIER ROMAN QUEER MACEDONIEN

Sans barrière, ni tabou !

Le nouveau  roman du jeune auteur macédonien, Petar Andonovski, a été attendu avec impatience par les lecteurs de son pays, notamment après le Prix européen de littérature 2020 qui lui a été décerné par L’Union européenne pour son précédent roman, La peur des Barbares (2019).

           

Il s’agit d’un texte court, très court, d’une centaine de pages mais d’une grande force littéraire. Selon la critique Olivera Korveziroska, il pourrait être « résumé » par un passage qui « avale le roman protégeant sa signification essentielle dans le ventre du non écrit. ». C’est la scène avec le château de sable construit entre les jambes d’une femme (Ilinka Indira) que le narrateur, en colère, détruit car « rien n’est vraiment visible ».  Cette scène remarquable symbolise le personnage du narrateur. Puisqu’il n’y a rien de visible, ce château de sable peut aussi disparaître ! Pendant que leurs corps disparaissaient en s’éloignant au large, je me suis approché du château et je l’ai détruit; le vent se lève balayant tout devant lui, Ilinka Indira, Vlado, Safran, même Ivan qui est le château parfait de l’amour que lui portent les deux autres hommes du trio.

Un lecteur averti reconnaîtra aisément les allusions de l’auteur aux textes de Lewis Carroll, d’Hemingway, de Virginia Wolf, de Truman Capote…

Extrait

Au début de l’été, vingt jours après ma sortie de l’hôpital, je me tenais devant la fenêtre de l’hôtel et observais la plage. Sous une chaise longue il y avait un chat roux. Les gouttes de la pluie glissaient sur sa fourrure.

« Quel est ce sentiment d’être aimé? »

« Il a plu toute la nuit…Il pleut encore. »

Le chat s’est déplacé sous une autre chaise où quelqu’un avait oublié un foulard. Je ne voyais que sa queue.

« Quel est ce sentiment après avoir trompé quelqu’un? »

« Je dois quitter la chambre à midi. »

Je ne regardais plus le chat. Une jeune fille avec un parapluie rouge appelait quelqu’un.

« Est-il possible, après tout, d’oublier le passé? »

« J’ai vu un chat tout à l’heure. »

Je ne regardais plus ni le chat ni la jeune fille. Je suis sorti de la chambre en laissant la porte ouverte. Sur l’escalier j’ai croisé un couple d’Américains. Ils étaient trempés. Ils laissaient des traces d’eau derrière eux. S’ils étaient amants on allait facilement les trouver. Le réceptionniste fumait sur la terrasse. « Il n’y a rien pour vous », dit-il en me voyant. « Un parapluie…voulez-vous un parapluie… » La pluie semblait plus forte que l’on s’imaginait à l’intérieur. Mes pieds s’enfonçaient dans le sable. J’ai ramassé le foulard. Le chat me regardait, effrayé.

A mon retour, la porte de la chambre était encore ouverte. Les valises près du lit.

« Avec qui aimerais-tu revenir? »

Je me taisais. Je serrai fort le chat contre ma poitrine.

« Nous reviendrons tous les trois », dit-il.

Petar Andonovski est née en 1987 à Kumanovo (Macédoine). Il est l’auteur de trois roman et d’un recueil de poème (Espace mental, 2008).  Dès la parution de son premier roman Les yeux couleur chaussures (2013), le jeune écrivain connaît le succès, son roman est nominé pour le Prix du roman de l’année, un prix très convoité en Macédoine. Deux ans pus tard,  il reçoit ce grand prix pour son deuxième roman Le corps dans lequel il faudra vivre (2015). Et son troisième roman La peur des Barbares (2019) lui apporte une reconnaissance internationale : Prix européen de littérature 2020 décerné par l’Union européenne. Un été sans toi (2020) est son quatrième roman et le premier du genre queer dans la littérature macédonienne.

Les yeux couleur chaussures (2013) et Le corps dans lequel il faudra vivre(2015) sont traduits en bulgare.

La peur des Barbares (2019) –  parution prévue en 2021 en anglais, en croate, en serbe et en bulgare.

 

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JOEL VERNET – le poète qui veut transformer le monde en poème

PRIX HEREDIA 2021 décerné par l’Académie Française.

Je viens de découvrir un grand, un merveilleux poète : Joël Vernet. Chacun de ses mots me bouleverse. Sa poésie est un hymne à la vie, à la nature et à l’amour de l’écriture. Partager mon bonheur avec les lecteurs macédoniens s’est imposé et voilà, je suis retournée vers ma langue maternelle, en espérant n’avoir pas trahi l’incandescence des « copeaux,  bribes,  brindilles » de l’auteur.

« Un rien fait lever l’immense en moi. Un rien. La beauté d’un visage. Une fleur sur le bord d’un chemin, une silhouette, la nuit derrière un rideau. Un veilleur, quelque part dans le monde, inconnu. L’attente, la sourde, l’amère attente. Celle qui abolit la frontière entre la vie et la non-vie. Celle qui vous crève les poumons, vous arrache les yeux. L’attente : cette diablesse, cette sorcière, cette douce compagne. »

JOEL VERNET, POETOT KOJ SAKA SVETOT DA GO PRETVORI VO PESNA

Жоел Верне, поетот кој сака светот да го претвори во песна.

   

Joél VERNET

Za francuskiot pisatel Joël Vernet (Žoel Verne) može da se reče deka e večno mlad poet. Propatuval niz site kontinenti no sekogaš se vrakal vo svoeto rodno selo vo Haute-Loire (Francija). Za negovata biografija malku se znae, osven deka e roden 1954 godina vo edno malo planinsko selo, i koga go prašale « što raboti » toj odgovoril « što e možno pomalku ». Joël Vernet postojano go « bara likot na bitnoto koe nema lik ». Toj e poet, i samo poet, čija cel e da go pretvori svetot vo pesna.

Baranjeto na vistinata vo zborovite, ušte i sekogaš, nejzinata sinhronizacija so dlabokata vreva koja eči vo i nadvor od nego, toa e životnata cel na Joël Vernet, koj odvreme navreme se somneva (« žicata na pisuvanjeto ponekogaš se kine vo mene i visi kako padnata pajačina ») no sekogaš najduva spas so pomoš na tvrdoglaviot moliv, duri i togaš koga mastiloto zamrznuva poradi studot vo negovoto suštinsko rodno mesto (« Životot e često stapica kojašto zanesot ja olabavuva, olabavuva, olabavuva »).

Avtor e na pedesetina knigi, patni beleški i zbirki pesni. Negovata poetska proza sodrži « strugotini », « troški », « grančinja » od negovoto viduvanje i čuvstvuvanje na svetot, prirodata, ljubovta posebno kon pišuvanjeto.

« Želbata da pišuvam im ja dolžam – osven na site pominati teškotii – na vilinskite konjčinja od moeto detstvo, koga go čuvav dobitokot, koi tancuvaa pred moite oči vo nivnite šareni fustani, nad potocite, sletuvajki na bregot, taka lesni, taka lesni, taka kršlivi, pretvorajki go ova obično mesto vo vistinski raj. Nivnata iskrenost me voshituvaše i toa volšebstvo nikogaš ne me napušti ». (izvadok od « Beleški od bavniot pat »)

Nekolku naslovi :

Onaa koja nema zborovi (Celle qui n’a pas les mots, Ed. Lettres vives, 2009)

izbor na makedonski 1    (extraits en macédonien)

Glasini na tišinata (Rumeur du silence, Ed. Fata Morgana, 2012)

izbor na makedonski 2  (extraits en macédonien)

Zboguvanjeto e znak (L’adieu est un signe, Ed. Fata Morgana, 2015)

izbor na makedonski 3    (extraits en macédonien)

Beleški od bavniot pat (Carnets du lent chemin , Ed. La rumeur libre, 2019)

«Écoute, explore, contemple, ce sont là des chemins fertiles qu’empruntent les héros du peu, les vrais tragédiens, les oiseaux, les animaux sauvages.»

lire la suite : https://blogs.mediapart.fr/jean-claude-leroy/blog/221019/avec-joel-vernet-mot-mot-que-chaque-instant-soit-loue

Zaboravot e damka na neboto (L’oubli est une tache dans le ciel (Ed. Fata Morgana,

2020)    izbor na makedonski 4    (extraits en macédonien)

PRIX HEREDIA 2021 décerné par l’Académie Française.

 

« MON PERE SE PROMENE DANS LES YEUX DE MA MERE », récit de Joël Vernet (Ed. La Rumeur libre, 2020)

J’aimerais que la lumière des regards ne meure jamais. Ce livre est le miroir de ces vies prodigieusement secrètes. Et j’aimerais qu’il croisse comme une fleur sauvage, tout simplement, éblouissant de vérité. Il y a parfois dans les livres, si rarement, de nouvelles noces.

Joël Vernet nous emmène dans les burles de son pays rustique, les beautés de « ses » paysages, à l’écoute de son école, de son instituteur, dans la rudesse néanmoins si douce, les émerveillements et les privilèges de cette vie dans la nature, qui aideront à dépasser la disparition jamais expliquée de ce père qui déjà travaillait au loin. Le creuset de ses choix de vie, poète qui part dans le monde, à la rencontre d’autres merveilles humaines et de nature, habité par l’amour chaleureux et vaillant de cette mère qui restera silencieuse jusqu’au bout.

Ma mère est partie, silencieuse, rejoindre la vieille absence de mon père qui n’a jamais eu le temps de nous dire adieu. Tous, nous sommes restés sur le seuil de notre maison pendant des années à attendre son retour. Écrire là-dessus, aujourd’hui, c’est marcher vers la maison qui n’existe peut-être plus, en retrouver les murs, le toit, les fenêtres ouvrant sur la majestueuse campagne et la fameuse chambre où nous dormions, juste au-dessus de l’écurie, avec son flot d’odeurs et les vagissements des bêtes. Écrire, est-ce errer à travers des ruines, celles de l’enfance, puis de l’âge adulte ?

FRANCE CULTURE : https://www.franceculture.fr/emissions/du-jour-au-lendemain/joel-vernet

LA NUIT N’ETEINT JAMAIS NOS SONGES, Joël Vernet, Lettres Vives
« Pour écrire, nul besoin de s’appuyer sur la douleur. La douleur ne suffit pas. Seule la joie fait chavirer le cœur. Tu voudrais écrire à voix si basse cette joie que l’on t’entendrait à l’autre bout du monde. Mais tu n’écris presque plus, écoutant le silence, traversant les nuits une torche à la main. »

« Lire Joël Vernet, c’est surtout assister, en témoin complice, au mariage « de la langue et de la vie…Il n’y a jamais de fioriture chez Vernet. L’écriture est comme une rivière qui se fond dans le paysage, une quête continuelle d’harmonie, et, si elle part d’une source, celle-ci n’est pas à chercher dans les livres lus mais dans la vie, dans cette lumière et ce vent qui « fait jouer ses flûtes devant mes fenêtres », sans oublier le silence, « l’unique chef d’orchestre ». Que tout ce qu’il écrit soit un chant d’amour, un cri du cœur, un hymne à la joie ! »https://www.en-attendant-nadeau.fr/…/quarante-ans…/« 

MARCHER EST MA PLUS BELLE FACON DE VIVRE

« Il est encore temps d’aller aux fontaines, de trancher les secondes comme un fruit, d’écouter le chant des paroles montant de Babel. Personne n’est plus dans sa vie, dans aucune vie. Oui, tout est à réinventer, tout. Même l’amour, surtout l’amour et la bonté. Ces deux diamants qui se sont éteints au cours des siècles, sur lesquels nous avons jeté les eaux de nos tourments, sur lesquels nous crachons notre fiel. Oui, tout est à faire jaillir de la lumière, pour étendre la liberté, la liberté de tous. Nous sommes au matin de l’aventure fabuleuse, avec nos outils de préhistoire, nos goûts de caverne, nos vieux démons. Nous manquent la fraîcheur des sources, le renouveau des fleuves, la fraternité des oiseaux. Nous manque le plus simple que nous avons relégué aux oubliettes. Il est encore temps d’aller aux fontaines. »

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JOEL VERNET, poète français, aux SOIREES POETIQUES DE STRUGA 2021 !

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PARCE QUE L’ENFANCE EST UNE ENCRE FIDELE

« Il y a une immense beauté du simple, de l’insignifiant, de la vie banale. La beauté ne sera jamais dans la vie spectaculaire, le tonitruant. Mais elle jaillira des profondeurs, de la vie insignifiante en apparence, en apparence seulement. « 

lire la suite :

https://blogs.mediapart.fr/jean-claude-leroy/blog/190521/joel-vernet-parce-que-l-enfance-est-une-encre-fidele

« TOUT VRAI LIVRE DEVRAIT ÊTRE COMME UN POINT D’EAU DANS LE DESERT, ABSOLUMENT NECESSAIRE,ET QU’IMPORTE LA MARGELLE »

« Écoute, explore, contemple, ce sont là des chemins fertiles qu’empruntent
les 
héros du peu, les vrais tragédiens, les oiseaux, les animaux sauvages. »

lire la suite :

https://blogs.mediapart.fr/jean-claude-leroy/blog/221019/avec-joel-vernet-mot-mot-que-chaque-instant-soit-loue

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LA PORTE ÉTROITE, roman de Olivera Nikolova (Tesna vrata, éd. Misla, Skopje, 1983)

UN PAVE DANS LA MARE !

LA PORTE ÉTROITE est le premier roman de Olivera Nikolova, publié en 1983 par Misla, un éditeur macédonien de grande réputation, disparu depuis. Le livre sera unanimement salué par la critique et obtiendra le Prix Stale Popov , décerné par l’Association des écrivains de Macédoine. Le sujet n’est pourtant pas facile car tabou à l’époque : le rapport entre la religion et l’athéisme. Cela suscitera quelques remous, car l’auteure ose, en se basant sur des documents, soulever aussi la question des sectes et surtout comparer le communisme à une religion.

Petra commence à déranger. Elle observe les gens d’Eglise, et découvre soudain la complicité hypocrite entre l’Eglise et l’Etat, leur « tolérance » réciproque. Elle découvre la rivalité entre l’Eglise et les sectes. Au début, tous se méfient d’elle, puis chacun la voudrait pour soi. Pendant son hospitalisation, les Méthodistes font le ménage de son appartement, les adeptes de l’Eucharistie lui font ses courses et le jour de sa sortie de la clinique, les Témoins de Jéhovah l’accompagnent en taxi chez elle. Ils sont tous plus aimables les uns que les autres. Et pendant ce temps-là, les camarades communistes s’interrogent à propos de Petra. Pourtant, combien de fois avait-elle tenté de leur expliquer que les choses étaient plus compliquées qu’ils ne le pensaient. Plus Petra comprenait les autres, moins ils la comprenaient, elle. Plus elle s’approchait de la vérité et plus elle recherchait la justice, plus les autres se détournaient d’elle. A la fin, Petra disparaît. Ceci arrange tout le monde: l’Eglise, les sectes et ses camarades communistes.

« Petra avait tout ce qu’un géant peut avoir. Des bras, les jambes, un nez, des yeux avec des prunelles, de la bile, des ovules, un nombril… Que cherche-t-on de plus ? La seule différence était que, chez elle, toutes ces richesses se trouvaient dans un plus petit espace, se bousculaient l’une contre l’autre avec impatience et tension, chaque cellule vagissait pour avoir droit à la parole, à l’expression. Il y avait chez elle plus de maladies aussi que chez les autres personnes de son âge. Il semblait qu’elles aussi rivalisaient pour la conquête de ce petit espace humain. Il n’est pas remarquable qu’une plante pousse dans une grande plaine. Mais voir pousser sur un même centimètre carré : le souci et le pissenlit, le rumex et l’ortie, voilà qui nous remplit d’admiration. C’est ainsi que je comprenais Petra, et c’est ainsi que je la voyais. »

lire la suite : extrait de La porte étroite    

Olivera Nikolova est une géante de la littérature macédonienne, bizarrement encore inconnue en France. Elle est considérée  comme « mère littéraire » de toute une génération de romancières macédoniennes. Née en 1936 à Skopje (Macédoine), elle est diplômée de la Faculté de philosophie de Skopje et a travaillé comme dramaturge à la Radio-Télévision nationale.

Olivera Nikolova a obtenu tous les grands prix littéraires dans son pays.

Son premier livre Zoki-Poki (1963), est considéré comme une innovation dans la littérature macédonienne pour la jeunesse. Olivera Nikolova y apporte une nouvelle langue, naturelle et pleine d’humour. Ce livre sera traduit en neuf langues : serbe, roumain, ukrainien, tchèque, italien, slovène, turc, albanais et allemand.

Suivront dix-huit livres pour enfants (romans, pièces radiophoniques) dont Le pays où l’on n’arrive jamais, Les amis de Bon et Bona et Mon son,  qui obtiendront à la fois le prix de la Radio-Télévision Skopje et celui des Soirées poétiques de Struga[1].

En 1983, pour son œuvre destinée à la jeunesse, Olivera Nikolova recevra le Grand prix yougoslave Zmaj.

Un jour de vacances, recueil de nouvelles (1964), est son premier texte pour adulte qui confirme le talent de la jeune écrivaine qui, comme le souligne le critique Georgi Stardelov, a tant de choses à dire et qui, pour parler de la femme, puise son inspiration dans la vie réelle et son expérience personnelle.

Son premier roman La porte étroite (1983, Тесна врата) sera unanimement salué par la critique et obtiendra le Prix Stale Popov en 1983, décerné par l’Association des écrivains de MacédoineElle y traite, en se basant sur des documents, un sujet tabou pour l’époque : le rapport entre la religion et l’athéisme. Cela suscitera quelques remous, car elle ose soulever aussi la question des sectes et surtout elle compare le communisme à une religion.

Pour le roman La thrombose (1998,Тромбот ), elle obtiendra le Prix de l’Association des écrivains de Macédoine. Il y est question d’une existence destructive qui comme une boule de neige n’en finit pas de grossir se transformant en avalanche. Une fois de plus c’est la société macédonienne qui est l’objet de son observation minutieuse où chacun des personnages fait tourner la roue de la mort sans être conscient qu’il en sera aussi la victime.

En 2000, Olivera Nikolova publie le roman La côte d’Adam (Адамово ребро)pour lequel elle obtiendra le prestigieux Prix Racin pour le meilleur roman de l’année. Elle y traite la question de l’émancipation de la femme et plus particulièrement son attitude envers l’amour. A travers l’existence de deux femmes, l’une du début du 20ème siècle et l’autre de la fin du même siècle, Olivera Nikolova décrit la métamorphose du sentiment amoureux qui va du besoin d’aimer et d’être aimé, de la dépendance biologique entre deux personnes, jusqu’au allusion, invention ou l’auto torture.  « Personne dans notre littérature n’a écrit des pages aussi rudes que tendres sur le cœur de la femme », notera le critique Atanas Vangelov

Le roman Les poupées de Rosica (2004,Кукличките на Росица), remportera le Prix du meilleur roman de l’année, décerné par le quotidien Utrinski Vesnik. En se basant sur une riche documentation de la fin du 19ème siècle, Olivera Nikolova raconte la situation de la Macédoine à travers la vision d’une jeune fille muette, Rosica qui, originaire de Prilep, va travailler comme servante à Sofia et se retrouvera dans le milieu des intellectuels macédoniens qui, dans la Bulgarie tout juste libérée du joug turc, rêvent de libérer leur propre patrie : la Macédoine.

Le ventricule gauche (Лева комора) paraît en 2008. C’est un petit recueil de nouvelles que la critique considère comme une œuvre exceptionnellement mûre, écrite dans un style raffiné et une expression élégante. Il s’agit de fragments de souvenirs voilés de philosophie et sans aucune nostalgie. Olivera Nikolova n’a jamais aussi clairement cristallisé l’existence de la femme, écrit le critique Nikola Galevski qui salue ce texte comme « l’hymne à la féminité ».

Dans La petite maison (2011,Куќичка ) Olivera Nikolova se penche sur la crise existentielle de la femme incapable de se débrouiller dans sa propre vie comme dans celle d’une société en transition, bouillonnante et dévastée. Roman d’amour mais aussi roman social avec des éléments d’un triller. Nominé pour le Prix Balkanika.

La couverture de velours (2015,) est un recueil de nouvelles sur les femmes meurtrières. Les personnages principaux sont authentiques, ainsi que leurs actes. Certaines de leurs données biographiques de base sont empruntées au Dictionnaire des assassins de René Réouven. Le reste est le fruit de l’imagination de l’auteur. Prix Stale Popov 

Le roman Le chien au regard triste (2019, Песот со тажен поглед) est basé sur des événements historiques, mêlant délicatement la fiction littéraire avec des faits. Inspirée par My Balkan Log de James Johnston Abraham, publié en 1922, un mémoire d’un médecin qui est resté à Skopje pendant la Première Guerre mondiale. Prix du roman de l’année 2019.

[1] Manifestation internationale de poésie.

   Page manuscrite du roman Le ventricule gauche

Livres pour la jeunesse :

 Zoki-Poki, Skopje, Kultura, 1963 ;

Le pays où l’on n’arrive jamaisSkopje, Detska Radost, 1965 ; Prix de la Radio-Télévision macédonienne et Prix des Soirées poétiques de Struga

Les amis Bon et Bona (1975, Prix de la Radio-Télévision macédonienne et Prix des Soirées poétiques de Struga

Mon son, 1978, Prix de la Radio-Télévision macédonienne et Prix des Soirées poétiques de Struga, Prix « Mlado pokolenje ».

Romans et nouvelles :

Un jour de vacancesnouvelles, Skopje, Kultura, 1964 ;

La porte secrète, roman, Skopje, Misla, 1983 ; Prix Stale Popov

La thrombose, roman, Skopje, Kultura, 1997 ; Prix de L’Association des écrivains de Macédoine

La pomme d’argent, textes de théâtre, Skopje, Matica Makedonska, 1998 ;

La côte d’Adam, roman, Skopje, Matica Makedonska, 2000 ; Prix Racin

Exercices pour Ibn Pajko, roman, Skopje, TRI, 2001 ;

Les poupées de Rosica, roman, Skopje, Kultura, 2003 ; Prix Roman de l’année

Le ventricule gauche, nouvelles, Skopje, Templum, 2008

La fumée blancheroman, Skopje, Ili-Ili, 2009

La petite maison, roman, Skopje, Matica Makedonska , 2011, nominé pour le Prix Balkanika.

La couverture de velours, nouvelles, Skopje, Matica Makedonska, 2015, Prix Stale Popov ;

Le chien au regard triste, roman, Skopje, Matica Makedonska , 2019, Prix Roman de l’année.

  

     

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LE CHIEN AU REGARD TRISTE, roman de Olivera Nikolova (Pesot so tažen pogled, éd. Matica Makedonska, Skopje 2019 )

PRIX DU MEILLEUR ROMAN DE L’ANNÉE 2019 EN MACÉDOINE !

UNE ECRITURE PUISSANTE ET AUTHENTIQUE !

UN SENS DU DÉTAIL ADMIRABLE !

ET QUEL RAFFINEMENT STYLISTIQUE ET LINGUISTIQUE !

   

« Le chien au regard triste est parfaitement fidèle au modèle de romans de Olivera Nikolova basé sur la «préparation», la recherche, l’introduction d’une feuille de papier soi-disant ordinaire dans les faits qui, intrinsèquement, s’ouvre comme une ville littéraire fictive, tels les livres d’images dont les pages se transforment en châteaux ou autres miracles en trois dimensions. Le chien au regard triste est exactement ce genre de ville fictive émergeant de la feuille de papier mise à l’intérieur de «My Balcan Log» de J.Johnston Abraham. Nikolova n’essaie pas de cacher ce livre de souvenirs, au contraire, elle commence son roman avec lui, exprimant sa gratitude à son auteur et ne nommant son roman que comme un écho de ses souvenirs. »  (Olivera Korveziroska)

Nous marchions à travers la tempête blanche qui nous ensevelissait – moi derrière elle, à demi aveuglé par la neige et aussi par une soudaine émotion. Mon cœur battait fort dans ma poitrine – la joie l’emportant sur la peur, et juste au moment de me l’avouer, nous nous sommes arrêtés devant une porte et docteur Ira, posant sa main sur la poignée, se tourna vers moi.

            « Nous entrons «, dit-elle. « Ne pose pas de problèmes, Al ! Tu vas dormir dans ma chambre et c’est tout ! »

            C’est alors que survint ce que je n’avais pas prévu.

lire la suite:

extraits Le chien au regard triste doc    

 

Olivera NIKOLOVA 

Olivera Nikolova est une géante de la littérature macédonienne, bizarrement encore inconnue en France. Elle est considérée  comme « mère littéraire » de toute une génération de romancières macédoniennes. Née en 1936 à Skopje (Macédoine), elle est diplômée de la Faculté de philosophie de Skopje et a travaillé comme dramaturge à la Radio-Télévision nationale.

Olivera Nikolova a obtenu tous les grands prix littéraires dans son pays.

Son premier livre Zoki-Poki (1963), est considéré comme une innovation dans la littérature macédonienne pour la jeunesse. Olivera Nikolova y apporte une nouvelle langue, naturelle et pleine d’humour. Ce livre sera traduit en neuf langues : serbe, roumain, ukrainien, tchèque, italien, slovène, turc, albanais et allemand.

Suivront dix-huit livres pour enfants (romans, pièces radiophoniques) dont Le pays où l’on n’arrive jamais, Les amis de Bon et Bona et Mon son,  qui obtiendront à la fois le prix de la Radio-Télévision Skopje et celui des Soirées poétiques de Struga[1].

En 1983, pour son œuvre destinée à la jeunesse, Olivera Nikolova recevra le Grand prix yougoslave Zmaj.

Un jour de vacances, recueil de nouvelles (1964), est son premier texte pour adulte qui confirme le talent de la jeune écrivaine qui, comme le souligne le critique Georgi Stardelov, a tant de choses à dire et qui, pour parler de la femme, puise son inspiration dans la vie réelle et son expérience personnelle.

Son premier roman La porte étroite (1983, Тесна врата) sera unanimement salué par la critique et obtiendra le Prix Stale Popov en 1983, décerné par l’Association des écrivains de Macédoine. Elle y traite, en se basant sur des documents, un sujet tabou pour l’époque : le rapport entre la religion et l’athéisme. Cela suscitera quelques remous, car elle ose soulever aussi la question des sectes et surtout elle compare le communisme à une religion.

Pour le roman La thrombose (1998,Тромбот ), elle obtiendra le Prix de l’Association des écrivains de Macédoine. Il y est question d’une existence destructive qui comme une boule de neige n’en finit pas de grossir se transformant en avalanche. Une fois de plus c’est la société macédonienne qui est l’objet de son observation minutieuse où chacun des personnages fait tourner la roue de la mort sans être conscient qu’il en sera aussi la victime.

En 2000, Olivera Nikolova publie le roman La côte d’Adam (Адамово ребро)pour lequel elle obtiendra le prestigieux Prix Racin pour le meilleur roman de l’année. Elle y traite la question de l’émancipation de la femme et plus particulièrement son attitude envers l’amour. A travers l’existence de deux femmes, l’une du début du 20ème siècle et l’autre de la fin du même siècle, Olivera Nikolova décrit la métamorphose du sentiment amoureux qui va du besoin d’aimer et d’être aimé, de la dépendance biologique entre deux personnes, jusqu’au allusion, invention ou l’auto torture.  « Personne dans notre littérature n’a écrit des pages aussi rudes que tendres sur le cœur de la femme », notera le critique Atanas Vangelov

Le roman Les poupées de Rosica (2004,Кукличките на Росица), remportera le Prix du meilleur roman de l’année, décerné par le quotidien Utrinski Vesnik. En se basant sur une riche documentation de la fin du 19ème siècle, Olivera Nikolova raconte la situation de la Macédoine à travers la vision d’une jeune fille muette, Rosica qui, originaire de Prilep, va travailler comme servante à Sofia et se retrouvera dans le milieu des intellectuels macédoniens qui, dans la Bulgarie tout juste libérée du joug turc, rêvent de libérer leur propre patrie : la Macédoine.

Le ventricule gauche (Лева комора) paraît en 2008. C’est un petit recueil de nouvelles que la critique considère comme une œuvre exceptionnellement mûre, écrite dans un style raffiné et une expression élégante. Il s’agit de fragments de souvenirs voilés de philosophie et sans aucune nostalgie. Olivera Nikolova n’a jamais aussi clairement cristallisé l’existence de la femme, écrit le critique Nikola Galevski qui salue ce texte comme « l’hymne à la féminité ».

Dans La petite maison (2011,Куќичка ) Olivera Nikolova se penche sur la crise existentielle de la femme incapable de se débrouiller dans sa propre vie comme dans celle d’une société en transition, bouillonnante et dévastée. Roman d’amour mais aussi roman social avec des éléments d’un triller. Nominé pour le Prix Balkanika.

La couverture de velours (2015,) est un recueil de nouvelles sur les femmes meurtrières. Les personnages principaux sont authentiques, ainsi que leurs actes. Certaines de leurs données biographiques de base sont empruntées au Dictionnaire des assassins de René Réouven. Le reste est le fruit de l’imagination de l’auteur. Prix Stale Popov 

Le roman Le chien au regard triste (2019, Песот со тажен поглед) est basé sur des événements historiques, mêlant délicatement la fiction littéraire avec des faits. Inspirée par My Balkan Log de James Johnston Abraham, publié en 1922, un mémoire d’un médecin qui est resté à Skopje pendant la Première Guerre mondiale. Prix du roman de l’année 2019.

[1] Manifestation internationale de poésie.

   Page manuscrite du roman Le ventricule gauche

Livres pour la jeunesse :

 Zoki-Poki, Skopje, Kultura, 1963 ;

Le pays où l’on n’arrive jamais, Skopje, Detska Radost, 1965 ; Prix de la Radio-Télévision macédonienne et Prix des Soirées poétiques de Struga

Les amis Bon et Bona (1975, Prix de la Radio-Télévision macédonienne et Prix des Soirées poétiques de Struga

Mon son, 1978, Prix de la Radio-Télévision macédonienne et Prix des Soirées poétiques de Struga, Prix « Mlado pokolenje ».

Romans et nouvelles :

Un jour de vacances, nouvelles, Skopje, Kultura, 1964 ;

La porte secrète, roman, Skopje, Misla, 1983 ; Prix Stale Popov

La thrombose, roman, Skopje, Kultura, 1997 ; Prix de L’Association des écrivains de Macédoine

La pomme d’argent, textes de théâtre, Skopje, Matica Makedonska, 1998 ;

La côte d’Adam, roman, Skopje, Matica Makedonska, 2000 ; Prix Racin

Exercices pour Ibn Pajko, roman, Skopje, TRI, 2001 ;

Les poupées de Rosica, roman, Skopje, Kultura, 2003 ; Prix Roman de l’année

Le ventricule gauche, nouvelles, Skopje, Templum, 2008

La fumée blanche, roman, Skopje, Ili-Ili, 2009

La petite maison, roman, Skopje, Matica Makedonska , 2011, nominé pour le Prix Balkanika.

La couverture de velours, nouvelles, Skopje, Matica Makedonska, 2015, Prix Stale Popov ;

Le chien au regard triste, roman, Skopje, Matica Makedonska , 2019, Prix Roman de l’année.

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LA PEUR DES BARBARES, roman de Petar Andonovski (Strav od Varvari, éd. Ili Ili, Skopje 2018)

PRIX EUROPEEN DE LITTERATURE 2020

   

La peur des Barbares est un court roman (120 pages). Il s’agit de deux histoires racontées par deux femmes. L’une, Oxana, est Ukrainienne, l’autre, Pénélope est Grecque. Elles vivent sur une île quasi déserte : Gavdos, près de la Crète. Le roman relie deux mondes éloignés : celui de l’après-Tchernobyl et celui d’une communauté insulaire grecque très isolée. Aux voix des deux femmes viennent se mêler celles de deux autres qui sont absentes mais qui ont marqué durablement l’existence d’Oxana et de Pénélope.  S’instaure ainsi un dédoublement du dialogue où se dévoilent le passé, le présent, la réalité et le souvenir de ces deux femmes. Leurs espoirs trahis et leurs désirs non réalisés.

extrait 1

Pénélope :

« Mihali est revenu perturbé à la maison. C’était la première fois que je voyais de la peur sur son visage. Très tôt, ce matin-là, ils s’étaient réunis dans la taverne pour accueillir le médecin. Tandis qu’ils buvaient du raki, le pope lui avait demandé ce qu’il y avait de nouveau de l’autre côté, désignant de la main la mer au large. Le docteur leur avait dit que le mur de Berlin était tombé et que toute l’Europe était dans l’expectative. Ils se sont tus, tous. Aucun d’eux ne comprenait quelle pouvait être la signification d’un mur pour l’Europe. Ici les gens vivent depuis des années oubliés, l’Histoire les a obstinément contournés, la lèpre et la faim aussi, et juste au moment où ils pensaient qu’il en serait ainsi, une fois de plus, Spiro était entré dans la taverne et s’était mis à crier : « Ils sont arrivés ! Les voilà, ils s’approchent du port ! » Et sans demander qui ils étaient, ils se sont tous dirigés vers le port de Karave. C’est alors que, venant du large sous la forme d’une barque, la peur avait commencé à s’approcher d’eux. Trois personnes ont débarqué, deux hommes et une femme. (…) Le pécheur qui les avait transportés leur avait dit qu’ils étaient venus sur l’île pour se soigner. Il leur avait dit aussi qu’ils étaient Russes. »

extrait 2

Oxana ;

Il y avait un nuage blanc au-dessus de la mer qui dissimulait la Crète. J’ai ouvert la fenêtre et j’ai inspiré profondément, l’air sentait le sel. Rien ne calme mon angoisse autant que la mer. Mais ici, enfermée dans la maison, tout ce que je peux faire c’est me souvenir, me souvenir de toi, me souvenir de ces longs hivers en Ukraine, de la neige qui tombait pendant des jours tandis que nous étions assises toutes les deux par terre dans le bureau de ton père et regardions la carte qu’il avait dessinée la veille. Tu voulais devenir cartographe comme lui, dessiner des cartes d’îles inconnues, et moi, tout ce que je voulais c’était voyager. Et alors que nous étions assises ce matin-là, qui me rappelle beaucoup celui-ci, je t’avais dit que si les voyages étaient une quête de soi-même, je voudrais ne jamais me trouver. Et toi tu riais aux éclats, moi aussi je riais. A présent, je ne me souviens même plus quand j’ai ri aussi sincèrement, de toute mon âme.

Te souviens-tu de ma montre avec un bracelet marron, je l’ai toujours, mais le jour où nous sommes arrivés ici, elle s’est arrêtée ; de toute façon ici le temps nous appartient et on n’a pas besoin de le mesurer. Ici, rien n’est comme en l’Ukraine. Je ne reconnais même plus Evguéni. Il est de moins en moins présent. Il a parlé toute la nuit, mais pas avec moi, avec Rousslan, notre ancien collègue à Tchernobyl. Il ne me voit ni quand je me couche près de lui ni quand je me lève. Et quand il est éveillé, il fixe un point, ne remarquant même pas ma présence dans la chambre. Je me demande parfois à quoi cela rime de dormir ensemble.

Le calendrier indiquait que nous étions en hiver, mais dehors tout ressemblait au printemps, j’y ai vu comme un appel à sortir. Je n’ai même pas regardé si Igor était dans la cuisine. Une fois dehors, j’ai vu cette femme devant notre maison qui semblait m’attendre. Je regardais ses yeux couleur de mer où l’on peut se noyer facilement. Nous restions face à face, nous fixant mutuellement. On entendit la voix de la fillette qui l’appelait de chez elle. Elle ne s’arrêtait pas de crier. La femme s’est dirigée vers la maison et y est entrée, sans regarder en arrière. J’ai tourné un certain temps autour de chez nous, je ne savais pas quoi faire. J’ai eu envie de descendre vers la mer mais je craignais de rencontrer Igor. Finalement j’ai décidé d’aller au bout du village. Je suis passée devant une demeure dont je savais qu’elle appartenait au pope, mais, hormis quelques poules qui trottinaient dans la cour, je n’ai vu personne. Juste à côté il y avait une petite église avec son cimetière. Toutes les tombes étaient tournées vers la mer. Derrière l’une d’elles, j’ai aperçu quelqu’un qui m’observait. J’ai songé à l’homme avec le mouton et je me suis dirigée d’un pas pressé vers la sortie. En approchant du portail je me suis retournée encore une fois et j’ai vu une vieille femme. Elle avait de longs cheveux blancs, des sourcils épais et une peau si blanche qu’elle ressemblait à une poupée de porcelaine. A cet instant, un chat noir a bondi vers elle. Il me regardait lui aussi. Elle m’a souri avant de s’éloigner avec le chat. J’apercevais de temps en temps sa queue noire derrière une tombe, tandis que la femme me jetait de temps en temps un coup d’œil en me souriant. Quand elle eut complètement disparu, je me suis dirigée vers la maison, je ne voulais pas qu’Igor se rende compte que j’étais sortie.

Igor n’était pas encore rentré. Je suis montée dans la chambre, Evguéni était assis devant la fenêtre et fixait la mer. Il ne s’est même pas retourné quand je suis entrée. J’ai pris une chaise et je me suis assise près de lui. Ensemble, nous regardions la mer et nous nous taisions. Je voulais lui demander ce qu’il nous arrivait, mais je ne le pouvais pas, et lui, comme s’il avait compris, a dit, sans me regarder : « Qui sait si nous n’avons pas fait une erreur en venant ici », puis il s’est levé et est allé se recoucher sur le lit. Je suis restée à regarder la mer, et lui le point qu’il fixe en permanence. Lorsque le silence m’est devenu insupportable, je suis descendue pour attendre Igor. La nuit tombait et la pluie s’annonçait. Te souviens-tu quand ton père nous avait dit que les îles sont imprévisibles, que la pluie peut arriver subitement et quelques instants plus tard laisser la place au soleil.

Petar Andonovski est née en 1987 à Kumanovo (Macédoine). Il est l’auteur de trois roman et d’un recueil de poème (Espace mental, 2008).  Dès la parution de son premier roman Les yeux couleur chaussure (2013), le jeune écrivain connaît le succès, son roman est nominé pour le Prix du roman de l’année, un prix très convoité en Macédoine. Deux ans pus tard,  il reçoit ce grand prix pour son deuxième roman Le corps dans lequel il faudra vivre (2015). Et son troisième roman La peur des Barbares (2018) lui apporte une reconnaissance internationale : Prix européen de littérature 2020 décerné par l’Union européenne.

Petar Andonovski est le quatrième romancier macédonien qui reçoit le Prix européen de littérature. Avant lui, Goce Smilevski (La soeur de Freud), Lidija Dimkovska (Une vie de rechange) et Nenad Joldeski (Chacun avec son lac) ont eu cet honneur.

Avec son éditeur Nenad Stevovic (edition Ili Ili)

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DEUX POEMES POUR GORAN STEFANOVSKI de Risto Lazarov

POEMES POUR GORAN STEFANOVSKI

Noce avec les étoiles
A « La chair sauvage » de Goran Stefanovski

Fin de représentation
Les projecteurs s’éteignent
sur les éclairs de la parole
Là finissent les Balkans
Et peu nous importe le prix
du billet pour l’Europe
Brillent dans la nuit les bateaux sur Danube
Héï, le faucon boit de l’eau du Vardar*
Vin enivrant de joie
dans les cœurs, un havre d’étoiles
Thalia sautille comme un poisson
à la noce macédonienne avec les étoiles
Les projecteurs s’éteignent
sur les éclairs de la parole
fête folle des dieux.

*chanson traditionnelle macédonienne

Avec Goran à la station de bus du quartier « Jané Sandanski »

Au lieu de nous retrouver le soir au buffet du théâtre

Nous nous rencontrons de plus en plus souvent le matin

à la station de bus

du quartier « Jané Sandanski »

(nous ignorons le nombre des Jané ici, mais des Jana il y en a beaucoup).

Si nous étions des footballeurs

nous nous serions dit trois fois « salut »

-Et c’est tout !

Nous, nous commençons l’échange matinal

des rêves frais de la nuit.

Nous croisons dans L’Histoire de l’Est sauvage*

(chair sauvage*, est sauvage, cochons sauvages,

-vie devenue sauvage :

femmes nues hystériques

succulentes comme des pêches;

machines à moudre les désirs ;

marzipan de la moelle osseuse

vendu en sachet au kiosque du coin

avec une dose obligatoire de thé indien ;

ourse et lion attelés au même joug

galop de cerfs en automne précoce ;

mots éparpillés sur le trottoir

(les nôtres, d’anglais, d’arabe, de toutes sortes).

Sous le lampadaire cassé de la rue

nous nous sommes créé une île

pour un temps futur

(ou : un trou noir*, peut-être ?).

Bonjour les joggeurs, bonjour les ouvriers !

Il est clair comme deux plus deux

que le vin rouge de Tikves

ne coule pas de nos chauffe-eaux électriques

et même si c’était le cas : demain il faudra nous brosser

longtemps les dents avant d’aller au travail !

Des visages fatigués nous regardent aux fenêtres des bus.

Nous ne remarquons même pas

que nous avons manqué encore un bus pour le buffet du théâtre.

………………

  • Textes de Goran Stefanovski

Risto Lazarov  (né en 1949 à Stip, Macédoine ) est poète, essayiste, critique, journaliste, traducteur et éditeur. Il est l’auteur d’une trentaine de recueils de poésie, du premier Oiseau nocturne dans le parc (1972) au  Poèmes du lac (2020).

Ses poèmes sont traduits en anglais, en allemand, en russe, en serbe, en bulgare, en albanais, en slovène, en tchèque, en turc… Il a reçu de nombreux Prix dont celui des Soirées poétiques de Struga et et, en 2019, « La plume de Kocic » et « Le livre de Kocic ».

Il a traduit en macédonien Ceslav Milosh,  Carl Sandburg, Charles Simic, Abdulah Sidran, Goran Babic…

Risto Lazarov est membre de l’Association des écrivains de Macédoine. Il était Président du PEN club macédonien du 2006 au 2014.

  

 

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LA TOILE D’ARAIGNÉE, roman de Vidosav Stevanovic (PAUCINA, Zvanicni list, 2019)

UNE OEUVRE QUI VA MARQUER DURABLEMENT LA LITTÉRATURE SERBE

Le livre de Vidosav Stevanovic… nous arrive avec la violence d’un coup de poing…

Quand le feu sera éteint on pourra s’approcher du lieu de l’incendie, les agresseurs survivants y trouveront quatre squelettes. Ils les mettront dans un sac et les apporteront à leur commanditaire pour se justifier du travail inaccompli. Et Chéhid, attiré par l’odeur douce et irrésistible du brûlé, y jettera un coup d’œil. Reste-t-il quelque chose de la belle endormie ?

Même si je n’étais plus qu’un os cramé, d’un bond je m’enfoncerais dans son œil, tournoierais dans sa tête et ressortirais par sa nuque. D’où je m’envolerais sous la forme d’un papillon ensanglanté et la poudre rouge de mes ailes enflammera la terre et le ciel. 

Il y a quelques années Vidosav Stevanovic a écrit ISKRA, un roman où il raconte le destin d’une jeune femme de Bosnie que des paramilitaires ont enlevée, puis enfermée dans un moulin abandonné et violée. Alors qu’elle hésite entre se suicider ou fuir, Iskra constate qu’elle est enceinte et elle décide de vivre. Un paramilitaire l’aide à s’enfuir de sa geôle et, pendant des mois, elle va rester cachée dans une grotte de la montagne jusqu’à son accouchement. Puis elle descendra, son enfant dans les bras, vers les villages de l’autre côté de la montagne.

Son effroyable aventure se poursuit dans des bourgades conquises tour à tour par différentes armées

Elle finira par en réchapper et, avec deux enfants (le sien et un qu’elle a recueilli) et un jeune homme qui a perdu la mémoire, elle retourne dans son village détruit où ils attendront tous les quatre la fin de la guerre.

Extrait d’Iskra : https://mariabejanovska.files.wordpress.com/2013/05/extrait-iskra.pdf

LA TOILE D’ARAIGNÉE est la suite de ISKRA. D’une plume magistrale, Vidosav Stevanovic s’attaque à un sujet tabou : le destin des femmes violées et devenues mères pendant la guerre et aussi, dans ce dernier texte, après la guerre. Les géniteurs de ces enfants appartenaient à l’armée de criminels de guerre. Aujourd’hui ils ne portent plus l’uniforme, mènent une vie de bons pères de famille, s’occupent de leurs affaires, vont à l’église et ne feraient pas de mal à une mouche … et d’autres, comme Pauk/L’Araignée dans le roman, restent cachés, muets…attendant leur heure au centre de leur toile.

Extrait de La toile d’araignée :

Les morts sont les garants, les souffleurs et les prophètes. Seuls témoins et ultimes interlocuteurs.

C’est bien, c’est vraiment bien que je ne sois pas obligé d’inventer. Les événements que Iskra me raconte –peu importe qu’elle le fasse vraiment ou que je me parle à moi-même – se déroulent dans un ordre naturel, je ne suis pas obligé d’inventer des intrigues dramatiques, des conflits prémédités, des personnages excentriques et une histoire qui s’emmêle pour se démêler.

Enfin, l’histoire est presque toujours plus intelligente que le narrateur.

Mon ancien métier, que je ne pratique plus parce que je ne le peux pas et aussi parce qu’ici il ne se passe pratiquement rien, m’a appris à noter, nullement à inventer ou à copier ce qui est inventé. C’est le plus sûr et le plus honnête. Les interprétations, remaniements et explications appartiennent aux domaines de l’essai et de la propagande, ce que, entre autres, j’ai fui sans retour.

Car dans ces paroles éparses, dissolues et frustes qu’on échange sans raison et sans aucun sens se dissimulent les graines d’une nouvelle guerre.

Elles y sont en réserve, et germeront le moment venu

Vidosav Stevanovic est né en 1942 près de Kragujevac en Serbie. Il est l’auteur d’une quarantaine d’œuvres : romans, pièces de théâtre, récits, ainsi que de nombreux essais et critiques littéraires. Il a obtenu les plus grands prix littéraires yougoslaves. Il a dirigé de grandes maisons d’édition à Belgrade, mais ses prises de position anti nationalistes et son opposition au régime de Milosevic lui ont interdit toute activité autre que l’écriture et l’ont contraint finalement à s’expatrier. Après un long séjour en France, où il a obtenu la nationalité française et la distinction Chevalier des Arts et des Lettres, Vidosav Stevanovic est retourné dans son pays natal.

Extraits-des- critiques- sur- V.Stevanovic

ouvrages traduits-en-francais  

   

Vidosav Stevanovic avec Mirko Kovac et Ivan Djuric

Avec sa femme Marija à Paris (1993)

 

Club Vidosav, un haut-lieu de la littérature

à Botunje, près de Kragujevac (Serbie)

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PREMIÈRE EDITION ILLUSTRÉE DU DICTIONNAIRE KHAZAR DE MILORAD PAVIC EN SERBE (avril 2020)

PREMIÈRE EDITION ILLUSTRÉE DU DICTIONNAIRE KHAZAR DE MILORAD PAVIC EN SERBE

Dessins de Jasen Panov. Editeurs : Kosmos de Belgrade et Nova knjiga de Podgorica.

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« Ibn Akchani avait jeté une feuille de laurier dans un baquet d’eau et y avait plongé la tête pour laver sa natte. Il était resté ainsi quelques instants. Quant il releva la tête pour respirer, autour de lui il ne restait plus rien de Constantinople…il se trouvait au Kingston un hôtel de première catégorie à Istanbul, en 1982, il avait une femme, un enfant et un passeport  belge… et devant lui, au fond du lavabo… nageait encore une feuille de laurier. »

Le Matricule des Anges (oct.2015) 2

Le mot de la traductrice : Lorsque je traduisais Le Dictionnaire Khazar, c’était en 1988, il m’arrivait de me retourner dans la rue pour vérifier qu’un des chasseurs de rêves, échappé du livre, ne m’avait pas à mon tour pris en chasse. C’est un livre magique et envoûtant. Tout comme les Khazars, ce peuple mystérieux qui vécut à l’embouchure de la Volga sur la mer Caspienne. Leur royaume fut anéanti par les Russes vers l’an 965 de notre ère. Et on n’a retrouvé jusqu’à ce jour aucun vestige matériel de ce peuple : ni bâtiment, ni inscription. Mais les Khazars sont passés à la postérité par un événement extraordinaire : le renoncement collectif à leur antique religion et leur conversion à une des trois grandes religions du Livre. La légende rapporte que le roi des Khazars mit les trois croyances en compétition dans une audience ouverte à leurs représentants respectifs : un rabbin, un moine et un derviche. Mais la légende ne dit pas qui l’a emporté. Ce qui est certain, c’est que le peuple khazar disparut de l’Histoire peu après sa conversion. Ce mystère hante les archéologues et les numismates qui prospectent la région de l’embouchure de la Volga. La chasse aux Khazars remplit les rêves des historiens de la période. Milorad Pavic, l’auteur génial du Dictionnaire Khazar, pense qu’un rêve du roi des Khazars est d’ailleurs à l’origine de cette tragédie. Un rêve dans lequel un ange lui serait apparu pour lui dire :  » Tes intentions plaisent au Seigneur mais pas tes actes !  » Les Khazars ne seraient-ils pas un peu nos frères ?   (Maria Béjanovska)

      

 

Voir toutes les couvertures du Dictionnaire Khazar traduit en 40 langues :

https://www.khazars.com/foto-galerija-2/foto-galerija-naslovne-strane

 

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EXEMPLAIRE UNIQUE, roman de Milorad Pavic (Unikat, éditions Dereta, Belgrade, 2006)

L’auteur du „Dictionnaire khazar“ a une fois de plus inventé pour vous un jeu littéraire inédit : un roman-delta ! Il s’agit d’un roman d’amour avec pour fil conducteur une histoire policière qui se divise en cent bras et vous mène vers cent solutions différentes. Chaque lecteur choisit sa propre version du roman et sa propre fin de l’histoire. Vous aurez l’EXEMPLAIRE UNIQUE !

Publication prévue : fin 2020

avec l’aide du Centre national du Livre

Editions Les Monts Metallifères

Exemplaire unique en anglais couv.  

      

extraits L’Exemplaire unique

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DYSSOMNIES, roman de Igor Stanojoski (Dissomnii, Editions Antolog, Skopje, 2018)

PRIX DU MEILLEUR ROMAN DE L’ANNÉE (2018), décerné par l’Association des écrivains de Macédoine.

extraits Dyssomnies I.Stanojoski

Les personnages principaux de ce roman dont le sujet est très actuel sont un écrivain trentenaire et sa fiancée, journaliste à succès, qui vivent en Ukraine. Leur couple est en crise et leur désaccord à propos de la Révolution de Maïdan ne facilite pas les choses. A la recherche de paix et d’inspiration, l’écrivain quitte l’Ukraine et retourne en Macédoine qu’il avait quittée onze ans auparavant après la mort de toute sa famille dans un accident de voiture. Il s’installe dans un village de montagne où vivaient ses grands-parents. Au lieu d’y trouver la tranquillité recherchée, il va être le témoin de faits surnaturels.

Le sujet de Dyssomnies est très complexe. Les événements sont imprévisibles, les retournements nombreux et déroutants et le dénouement se fait attendre jusqu’à la dernière page. L’histoire personnelle et familiale se mêle au drame collectif provoqué par les événements politiques en Ukraine. Roman d’amour, thriller, histoire d’horreur ou roman psychologique ? Dyssomnies est tout cela à la fois.

  

Igor Stanojoski est né à Copenhague (1979), mais il a passé la plus grande partie de sa vie en Macédoine. Il a fait ses études à la Faculté de philologie de Skopje, dans le domaine de la langue macédonienne et Littérature générale et comparée. De 2003 à 2010 il a travaillé à l’Université de Silésie à Katowice (Pologne) et  à l’Université Masaryk de Brno (République tchèque). En 2009, il a obtenu le diplôme de doctorat à l’Université de Silésie. Il est l’auteur de quatre livres sur la linguistique. Il vit et travaille actuellement à Skopje (Macédoine). Dyssomnies est son troisième roman.

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