LES ETUDES MACEDONIENNES RECONNUE « DISCIPLINE RARE »

LES ETUDES MACEDONIENNES RECONNUES « DISCIPLINE RARE » PAR LE MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE FRANCAISE !

A l’initiative de Frosa Pejoska Bouchereau, (Professeur des Universités, HDR, Langue, littérature et civilisation macédoniennes) les études macédoniennes ont été reconnues « discipline rare » le 3 mai 2022 par le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche français.

Cela s’inscrit dans le projet franco-allemand de cartographie des disciplines rares.

https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/cartographie-des-disciplines-rares-46362

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FIGURAE VENERIS HISTORIAE, pièce de Goran Stefanovski

Il s’agit d’une farce tragique. C’est à la fois comique et tragique de voir les gens qui, selon Joyce, essayent « de se réveiller de l’angoisse nocturne de l’histoire… »

Figurae à Ohrid 2 Historiae Stefanovski

Présentation de la pièce par l’auteur :

Depuis mon plus jeune âge j’ai été fasciné par le livre « Sitten Geschichte des Weltkrieges » (L’histoire sexuelle de la Première Guerre mondiale) de Magnus Hirschfeld, publié à Berlin en 1931. C’était une critique sociale, deux grands tomes à la couverture rouge que j’ai trouvés dans la bibliothèque de mon père. Rédigée en allemand je ne pouvais pas les lire, mais je regardais avec une grande émotion les nombreuses illustrations – dessins expressionnistes de George Grosz et d’Otto Dix, cartes postales vulgaires, posters de propagande, photographies d’invalides et de prostituées, beaucoup de sang, de chair, du kitch et d’horreur.

Magnus Hirschfeld (1858-1935)  a publié plus de 500 titres sur  la sexualité, la santé, la politique, la morale et l’histoire du racisme. En 1919, lors de la République du Weimar, Hirschfeld  crée L’Institut de la science sexuelle. Il possédait une grande bibliothèque et des archives, on y tenait des conférences publiques et on donnait des consultations médicales. En tant que Juif et homosexuel qui propageait des idées progressistes, Hirschfeld est devenu  la cible des nazis subissant des attaques physiques. En 1928 il participe à La Ligue mondiale pour la réforme du genre. En 1930 il part en tournée aux USA puis autour du monde. En 1933, les nazis détruisent son Institut et brûlent publiquement sa bibliothèque et ses archives. Hirschfeld est destitué de sa nationalité allemande. Il meurt à Nice en 1935.

Le livre de Hirschfeld m’a inspiré pour écrire la pièce Figurae Veneris Historiae. Son sujet est : l’amour est impossible dans le monde de la politique. L’histoire y est présentée comme une orgie humaine en masse, une bacchanale. La guerre est un moyen dont l’histoire et l’humanité se servent pour se violer mutuellement.

Il s’agit d’une farce tragique. C’est à la fois comique et tragique de voir les gens qui, selon Joyce, essayent « de se réveiller de l’angoisse nocturne de l’histoire… »

Et même si nous réussissions de chasser cette hypnose honteuse, aurions-nous honte ?

                                                                                     Goran Stefanovski

 

Figurae à Ohrid 1  Fugurae à Ohrid public

 

GORAN STEFANOVSKI est né en 1952 à Bitola, en Macédoine. De 1970 à 1974, il étudie l’anglais (langue et littérature) à l’université de Skopje. Dans le même temps (1972-1973), il suit les cours d’études théâtrales à l’Académie de théâtre, fi lm et télévision à Belgrade. Après ses études à la faculté de philologie de l’université de Belgrade (1975-1977), il obtient sa maîtrise ès arts avec une thèse sur le théâtre de Samuel Beckett. De 1974 à 1978, il travaille pour le secteur théâtre de la Radio-Télévision macédonienne. En 1986, il fonde le département d’écriture théâtrale à la faculté des arts dramatiques de l’université de Skopje, département qu’il dirige jusqu’en 1998. Depuis, il a enseigné l’écriture théâtrale et cinématographique au Christ Church College et à l’université du Kent, à Canterbury, et il est intervenu à l’occasion de nombreuses rencontres dans diff érentes institutions internationales : UNESCO, Dramatiska Institutet (Stockholm), Brown University (Providence, Rhode Island, États[1]Unis d’Amérique), etc. Lauréat du prix de la meilleure pièce de l’année au Festival de théâtre yougoslave de Novi Sad en 1980, il est élu membre de 190 191 l’Académie des arts et des sciences de Macédoine en 2004. Il a été régulièrement membre de jurys de théâtre et de cinéma. Son parcours a été profondément marqué par la chute des régimes communistes en Europe de l’Est et la guerre en Yougoslavie en 1992. Son travail s’est alors orienté vers les questions sociales et politiques en ex-Yougoslavie, et les répercussions qu’elles ont pu avoir en Europe. Goran Stefanovski a ainsi écrit les textes de nombreux spectacles, abordant les thèmes des migrations, des confl its sociaux, de la transition postcommuniste et de l’identité multiculturelle. Un bon nombre de ses œuvres sont des productions internationales, des commandes diverses, représentées à l’occasion d’événements tels que les Capitales européennes de la culture, ou le 50e anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme, à Stockholm. Elles ont été largement représentées en Europe et en Amérique du Nord, et notamment au Théâtre Dramski de Skopje, au BITEF de Belgrade, au Theater an der Rühr de Müllheim, aux Wiener Festwochen de Vienne, à la Biennale de Bonn ou au Festival d’Avignon. Elles ont obtenu de nombreux prix, notamment au Sterijino pozorje de Novi Sad, en Serbie, et au Festival de Prilep, en Macédoine. Goran Stefanovski est notamment l’auteur de Jane Zadrogaz (1974) ; La Chair sauvage (1979) ; Vol stationnaire (1981) ; Haute- Fidélité (1982) ; Double fond (1984) ; Les Âmes tatouées (1985) ; Le Trou noir (1987) ; Une longue pièce (1988) ; Les Ombres de Babel (1989) ; Goce (1991) ; Černodrinski revient à la maison (1991) ; Sarajevo (1993) ; Vieil homme portant une pierre autour du cou (1994) ; Maintenant ou jamais (1995) ; Ex-You (1996) ; Bacchanales (d’après Euripide, 1996) ; Ce n’est qu’humain (1998) ; Contes d’une ville (1998) ; Paysage X : Euralien (1998) ; Hôtel Europa (1999) ; Tout un chacun (2002) ; Ulysse (2012) ; Langues de feu (2013) et Figurae Veneris Historiae (2014). Il a également écrit de nombreux scénarios, spectacles multimédias, livrets de ballets et d’opéras rock, séries télévisées, drames radiophoniques, pièces pour jeune public, manuels pour l’écriture de scénario, etc. Traduites en quinze langues, ses œuvres sont publiées en Angleterre, en Allemagne, en Hollande, en Pologne et aux États-Unis d’Amérique. Maria Béjanovska et Jeanne Delcroix-Angelovska en ont traduit plusieurs du macédonien en français. Goran Stefanovski était installé en Angleterre depuis la fin des années 90. Il est décédé à Canterbury en 2018. Hotel Europa, créé en version originale en 2000 aux Wiener Festwochen de Vienne, dans une direction artistique de Chris Torch et une coproduction d’Intercult de Stockholm, a été représenté la même année au Festival d’Avignon, alors dirigé par Bernard Faivre d’Arcier. La version française, Hôtel Europa, traduite de l’anglais par Séverine Magois, a été publiée aux éditions l’Espace d’un instant en 2005, et lue la même année au Studio-Théâtre de la Comédie[1]Française, par Catherine Boskowitz et le Collectif 12, dans le cadre du festival Sud / Est. Le Démon de Debar maalo, traduit du macédonien par Maria Béjanovska, a été publié en 2010 aux éditions l’Espace d’un instant, avec une préface de Philippe Le Moine, puis lu la même année au Théâtre du Rond-Point, par Dominique Dolmieu et le Théâtre national de Syldavie, dans le cadre des « Mardis midi », et enfi n créé en 2012 au Théâtre de l’Opprimé à Paris, par la même équipe. Černodrinski revient à la maison, traduit du macédonien par Maria Béjanovska, a été lu en 2012 à la Maison d’Europe et d’Orient, à Paris, par Dominique Dolmieu et le Théâtre national de Syldavie, dans le cadre de « l’Europe des théâtres », puis publié en 2013 aux éditions l’Espace d’un instant, et créé en 2015 à la Maison d’Europe et d’Orient, par la même équipe. La Chair sauvage, traduit du macédonien par Maria Béjanovska, a été lu en 2019 au 100 ECS à Paris, par Dominique Dolmieu et le Théâtre national de Syldavie, dans le cadre de « l’Europe des théâtres ».

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ELOGE DU CONTRAIRE, essais de GORAN STEFANOVSKI, Editions L’Espace d’un Instant, 2022.

SORTIE LE 15 SEPTEMBRE 2022

Traduit du macédonien par Maria Béjanovska

« « Je suis fier de notre ténacité. Malgré notre identité détériorée, les mains liées, la bouche bâillonnée, la négation de ce que nous sommes et le morcellement de notre terre, je suis vivant et j’ai soif de la vie. Je sais que j’existe grâce à leur acharnement à vouloir me faire disparaître. Ma ténacité surgit du mortier dans lequel on m’écrase et de la poêle où l’on me fait frire. Ce mortier et cette poêle sont justement les lieux de mon pouvoir. »

extrait :

« Pendant nos guerres civiles, la chaîne CNN nous a présentés comme des tribus aux noms compliqués et aux habitudes politiques bizarres. Face à cette scénographie se tenaient des journalistes bien élevés et cohérents de CNN, serrés dans leurs chemises impeccables, pour mettre de l’ordre dans le chaos et expliquer le désordre avec un vocabulaire simpliste. Qu’en a-t-il résulté ? Lors des conférences internationales, les intellectuels occidentaux me demandaient souvent en chuchotant : « Que se passe-t-il exactement là-bas ? » En fait, CNN a réussi à clarifier une seule chose : que nous sommes incompréhensibles. « Ne vous fatiguez pas à essayer de les comprendre ! »

Cette présentation n’est pas correcte et me blesse. Et je sais comment mon esprit réagit quand je suis blessé. Je suis capable, comme on dit, de manger un kilo de sel ! Permettez-moi de changer ici de « vitesse », de m’écarter de mon essai et de me servir d’un monologue théâtral : « Vous croyez que je suis incompréhensible ?! Vous n’avez encore rien vu ! Je vais vous montrer ce que c’est vraiment d’être incompréhensible ! Oui, je sais que je me ridiculise en mangeant du sel devant vous qui hochez la tête en n’en croyant pas vos yeux. Je ne fais cela que pour vous dégoûter ! Et pour me blesser. J’ai appris de Dostoïevski que la seule façon de prouver que je suis libre est d’aller contre mes propres intérêts. Ma femme, protestante, ne comprendra jamais cela. Elle refuse d’accepter cette attitude comme un comportement humain logique. Je suis d’accord avec elle. Mais je ne me conduis ainsi que dans des situations déraisonnables, quand je subis une pression déraisonnable. Seulement quand on me marche sur les pieds. Et maintenant vous me dites encore que je suis un monstre irrationnel ?! Vous qui me flattiez en disant que j’étais généreux, accueillant, chaleureux, au grand cœur ?! Vous dites que mon histoire ne vous plait pas. Vous dites que je devrais la modifier ? Et que si je ne le fais pas moi-même, vous le ferez à ma place ? Vous savez quoi ? Allez vous faire foutre ! Comment changerez-vous mon histoire ? Avec des bombardements ? Avec le Tribunal de La Haye ? Avec une résolution de l’ONU ? Avec la corruption et le chantage ? Avec des Festivals de théâtre ? Je ne crois pas que vous réussirez. Je changerai mon histoire seulement quand je veux et si je veux. Vous ne me trouvez pas sexy ? Et alors ! Comme dit le poète : ‘Nous ne sommes pas beaux mais nous chantons’. Vous avez réussi à me faire grimper sur les barricades ! Et, sachez-le, cette bataille continuera au prochain millénaire. Et à celui d’après ! »

GORAN STEFANOVSKI est né en 1952 à Bitola, en Macédoine. De 1970 à 1974, il étudie l’anglais (langue et littérature) à l’université de Skopje. Dans le même temps (1972-1973), il suit les cours d’études théâtrales à l’Académie de théâtre, fi lm et télévision à Belgrade. Après ses études à la faculté de philologie de l’université de Belgrade (1975-1977), il obtient sa maîtrise ès arts avec une thèse sur le théâtre de Samuel Beckett. De 1974 à 1978, il travaille pour le secteur théâtre de la Radio-Télévision macédonienne. En 1986, il fonde le département d’écriture théâtrale à la faculté des arts dramatiques de l’université de Skopje, département qu’il dirige jusqu’en 1998. Depuis, il a enseigné l’écriture théâtrale et cinématographique au Christ Church College et à l’université du Kent, à Canterbury, et il est intervenu à l’occasion de nombreuses rencontres dans diff érentes institutions internationales : UNESCO, Dramatiska Institutet (Stockholm), Brown University (Providence, Rhode Island, États[1]Unis d’Amérique), etc. Lauréat du prix de la meilleure pièce de l’année au Festival de théâtre yougoslave de Novi Sad en 1980, il est élu membre de 190 191 l’Académie des arts et des sciences de Macédoine en 2004. Il a été régulièrement membre de jurys de théâtre et de cinéma. Son parcours a été profondément marqué par la chute des régimes communistes en Europe de l’Est et la guerre en Yougoslavie en 1992. Son travail s’est alors orienté vers les questions sociales et politiques en ex-Yougoslavie, et les répercussions qu’elles ont pu avoir en Europe. Goran Stefanovski a ainsi écrit les textes de nombreux spectacles, abordant les thèmes des migrations, des confl its sociaux, de la transition postcommuniste et de l’identité multiculturelle. Un bon nombre de ses œuvres sont des productions internationales, des commandes diverses, représentées à l’occasion d’événements tels que les Capitales européennes de la culture, ou le 50e anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme, à Stockholm. Elles ont été largement représentées en Europe et en Amérique du Nord, et notamment au Théâtre Dramski de Skopje, au BITEF de Belgrade, au Theater an der Rühr de Müllheim, aux Wiener Festwochen de Vienne, à la Biennale de Bonn ou au Festival d’Avignon. Elles ont obtenu de nombreux prix, notamment au Sterijino pozorje de Novi Sad, en Serbie, et au Festival de Prilep, en Macédoine. Goran Stefanovski est notamment l’auteur de Jane Zadrogaz (1974) ; La Chair sauvage (1979) ; Vol stationnaire (1981) ; Haute- Fidélité (1982) ; Double fond (1984) ; Les Âmes tatouées (1985) ; Le Trou noir (1987) ; Une longue pièce (1988) ; Les Ombres de Babel (1989) ; Goce (1991) ; Černodrinski revient à la maison (1991) ; Sarajevo (1993) ; Vieil homme portant une pierre autour du cou (1994) ; Maintenant ou jamais (1995) ; Ex-You (1996) ; Bacchanales (d’après Euripide, 1996) ; Ce n’est qu’humain (1998) ; Contes d’une ville (1998) ; Paysage X : Euralien (1998) ; Hôtel Europa (1999) ; Tout un chacun (2002) ; Ulysse (2012) ; Langues de feu (2013) et Figurae Veneris Historiae (2014). Il a également écrit de nombreux scénarios, spectacles multimédias, livrets de ballets et d’opéras rock, séries télévisées, drames radiophoniques, pièces pour jeune public, manuels pour l’écriture de scénario, etc. Traduites en quinze langues, ses œuvres sont publiées en Angleterre, en Allemagne, en Hollande, en Pologne et aux États-Unis d’Amérique. Maria Béjanovska et Jeanne Delcroix-Angelovska en ont traduit plusieurs du macédonien en français. Goran Stefanovski était installé en Angleterre depuis la fin des années 90. Il est décédé à Canterbury en 2018. Hotel Europa, créé en version originale en 2000 aux Wiener Festwochen de Vienne, dans une direction artistique de Chris Torch et une coproduction d’Intercult de Stockholm, a été représenté la même année au Festival d’Avignon, alors dirigé par Bernard Faivre d’Arcier. La version française, Hôtel Europa, traduite de l’anglais par Séverine Magois, a été publiée aux éditions l’Espace d’un instant en 2005, et lue la même année au Studio-Théâtre de la Comédie[1]Française, par Catherine Boskowitz et le Collectif 12, dans le cadre du festival Sud / Est. Le Démon de Debar maalo, traduit du macédonien par Maria Béjanovska, a été publié en 2010 aux éditions l’Espace d’un instant, avec une préface de Philippe Le Moine, puis lu la même année au Théâtre du Rond-Point, par Dominique Dolmieu et le Théâtre national de Syldavie, dans le cadre des « Mardis midi », et enfin créé en 2012 au Théâtre de l’Opprimé à Paris, par la même équipe. Černodrinski revient à la maison, traduit du macédonien par Maria Béjanovska, a été lu en 2012 à la Maison d’Europe et d’Orient, à Paris, par Dominique Dolmieu et le Théâtre national de Syldavie, dans le cadre de « l’Europe des théâtres », puis publié en 2013 aux éditions l’Espace d’un instant, et créé en 2015 à la Maison d’Europe et d’Orient, par la même équipe. La Chair sauvage, traduit du macédonien par Maria Béjanovska, a été lu en 2019 au 100 ECS à Paris, par Dominique Dolmieu et le Théâtre national de Syldavie, dans le cadre de « l’Europe des théâtres ».

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MON CHER MARI, nouvelles de Rumena Bužarovska, Editions Gallimard, 2022

SORTIE LE 8 SEPTEMBRE 2022

MON CHER MARI

de Rumena Bužarovska

Ed. Gallimard

traduit du macédonien par Maria Bejanovska

« Le recueil « Mon cher mari » est composé de onze histoires racontées à la première personne par onze femmes différentes. Un chiffre largement dépassé par celui des destins évoqués de femmes, d’hommes, de mères et d’enfants, d’amants et d’amies.

Ces histoires forment un tout parfaitement homogène, comme les pièces d’une mosaïque.

Si les femmes y racontent leurs maris, une troisième cible est visée au-delà des sexes. Il faut donc s’attendre à tout et pas seulement à ce qu’insinue le titre par lequel il ne faut pas se laisser abuser. Le texte ment et charme, se moque et fait rire tandis qu’il banalise, généralise et met l’accent avec légèreté sur des aspects universels de la vie et vous serez surpris par ce portrait inattendu et au scalpel de notre époque profondément malade ».(Olivera Korveziroska, écrivaine et critique littéraire)

Née en 1981 à Skopje (Macédoine), Rumena Bužarovska appartient à la nouvelle génération d’écrivains macédoniens. Elle enseigne la littérature américaine à la Faculté de philologie de Skopje. Elle est l’auteure de quatre recueils de nouvelles: Griffonnages (Čkrtki, éd. Ili-Ili, 2007), Dent de sagesse (Osmica, éd. Blesok, 2010), Mon mari (Mojot maž, éd. Blesok 2014, 2ème édition : Ili-Ili, 2015), Je vais nulle part (Ne odam nikade, ed. Ili Ili, 2018) ainsi que d’une étude sur l’humour dans la littérature américaine et macédonienne à travers le prisme de la nouvelle (éd. Blesok, 2012). Elle est traduite en anglais, en allemand, en italien, en serbe, en croate, en bulgare, en slovène, en albanais…

MON CHER MARI est son premier livre traduit en français.

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LA PEUR DES BARBARES de Petar ANDONOVSKI publié en français !

PRIX EUROPEEN DE LITTERATURE 2020 !

EDITIONS GRASSROOTS (Bruxelles)

Traduit du macédonien par Maria Béjanovska

Création graphique par Riccardo Cianfarani

Petar Andonovski est née en 1987 à Kumanovo (Macédoine). Il est l’auteur de quatre romans et d’un recueil de poème (Espace mental, 2008).  Dès la parution de son premier roman Les yeux couleur chaussure (2013), le jeune écrivain connaît le succès, son roman est nominé pour le Prix du roman de l’année, un prix très convoité en Macédoine. Deux ans pus tard,  il reçoit ce grand prix pour son deuxième roman Le corps dans lequel il faudra vivre (2015). Et son troisième roman La peur des Barbares (2018) lui apporte une reconnaissance internationale : Prix européen de littérature 2020 décerné par l’Union européenne. Son dernier roman Un été sans toi (2020) est le premier roman queer macédonien. Sans barrière, ni tabou !

Petar Andonovski est le quatrième romancier macédonien qui reçoit le Prix européen de littérature. Avant lui, Goce Smilevski (La soeur de Freud), Lidija Dimkovska (Une vie de rechange) et Nenad Joldeski (Chacun avec son lac) ont eu cet honneur.

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L’OEUVRE COMPLETE DE OLIVERA NIKOLOVA publiée par les EDITIONS ARS LAMINA, Skopje.

La promotion des 10 tomes et 12 titres a eu lieu dans le foyer de la Philharmonie macédonienne.

Toute une vie consacrée à la littérature !

Un véritable cadeau pour les générations futures !

Olivera Nikolova (photo K.Popov)

OLIVERA NIKOLOVA entourée par la nouvelle génération d’écrivains macédoniens lors de la promotion de son oeuvre complète en 10 tomes et douze titres. Toute une vie consacrée à la littérature !

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MILORAD PAVIC dans LE MATRICULE DES ANGES

https://www.lmda.net/auteur_milorad-pavic

Traduction du serbe : Maria Bejanovska

EXEMPLAIRE UNIQUE. Roman aux cent fins

de Milorad Pavic

2021

PROPOSÉE DANS UNE FORME ÉDITORIALE AUDACIEUSE, UNE FÉÉRIE DE MILORAD PAVIĆ SOUS L’ALIBI DU POLAR. Pourquoi lit-on un roman jusqu’au bout ? Pour connaître la fin de l’histoire. Mais l’on se découvre comme intimidé par Exemplaire unique. Roman aux cent fins de Milorad Pavić. Le livre est contenu dans un coffret, lequel également en contient un second, « Le cahier bleu » d’où l’on sort une fine plaquette qui fournira des clés, ainsi que cent fiches numérotées, serrées en liasse par un bandeau brun. L’éditeur a réalisé cette élégante composition en six versions de la couverture du coffret, et apposé de manière aléatoire sur chacun de ses 2500 exemplaires l’un des dix tampons existant en…

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Cluedo kitsch

Jérôme Delclos

novembre 2021

Le Matricule des Anges n°228

LA BOITE A ECRITURE

de Milorad Pavic

2021

UN OBJET-LIVRE TENTÉ PAR L’OBSESSION DU ROMAN INFINI, QUI CONTIENDRAIT LES AUTRES DE MILORAD PAVIĆ, ET BIEN DES CHOSES ENCORE. Milorad Pavić s’est fait connaître en 1984 par un best-seller érudit : le Dictionnaire khazar, « roman-lexique en 100 000 mots », avec ses deux exemplaires « masculin » et « féminin », et qui rompait de façon virtuose avec la lecture linéaire. Dans sa brève Autobiographie trouvable sur le site Internet de l’université de Bordeaux, l’écrivain serbe s’explique : « J’ai écrit un roman en forme de dictionnaire, un autre en forme de mots croisés, un troisième qui avait la forme d’une clepsydre et un quatrième qui était un livre-tarot. J’ai essayé d’être le moins ennuyeux possible avec ces…

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À quoi serbe une boîte

Jérôme Delclos

mai 2021

Le Matricule des Anges n°223

LE DICTIONNAIRE KHAZAR

de Milorad Pavic

2015

LE DICTIONNAIRE KHAZAR, DE MILORAD PAVIĆ Parmi la trentaine de textes que j’ai traduits en français, Le Dictionnaire khazar occupe une place particulière. Cet été, vingt-cinq ans après sa première publication en France, je l’ai relu, de nouveau happée par ces forces invisibles que sont le rêve, l’amour, les mythes, la tragédie… Impossible de percer tous les secrets de ces histoires inépuisables qui forment une sorte de puzzle diabolique. Quelqu’un disait qu’ « une fois refermée cette machine infernale – si toutefois vous y parvenez un jour – faites attention où vous posez le pied, car Pavić nous enseigne que la réalité, comme la…

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Maria Béjanovska

octobre 2015

Le Matricule des Anges n°167

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MES TRADUCTIONS PUBLIEES EN 2021

LA BOITE A ECRITURE de Milorad Pavic (Editions Le Nouvel Attila)

EXEMPLAIRE UNIQUE de Milorad Pavic (Editions Monts Metallifères)

LE CAHIER VOLE A VINKOVCI de Dragan Velikic (Editions Agullo)

LA FENETRE RUSSE de Dragan Velikic (Editions Agullo)

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LA FENETRE RUSSE de Dragan Velikic

Parution le 13 janvier 2022

Editions Agullo

Traduit du serbe par Maria Béjanovska

 » Peut-être notre identité véritable se trouve-t-elle dans tout ce qu’on a omis. « 
Pour ce roman explorant l’histoire européenne de la fin du xxe siècle d’un point de vue intime Dragan Velikic a reçu les deux prix littéraires les plus importants en Serbie: le prix NIN et le prix Meša Selimovic en 2007.

Une fenêtre russe est une petite fenêtre encastrée dans une plus grande, utilisée pour la ventilation dans les régions froides ;  » une tentative d’inhaler le monde extérieur sans perdre notre chaleur intérieure « .
La Fenêtre russe met en scène deux personnages principaux : Daniel, un chef d’orchestre âgé, fait le bilan de sa vie, de toutes les opportunités loupées, dans une sorte de confession adressée à Rudi Stupar, jeune comédien raté. À la fin des années 90, ce dernier quitte son pays bombardé et dérive à travers l’Europe de petit boulot en petit boulot, s’inventant des vies, composant et décomposant sa propre personnalité dans un effort constant pour réconcilier la réalité de son existence avec ses attentes et la conviction qu’il accomplirait de grandes choses.

Avec une grande maîtrise narrative, un humour intelligent et une subtile ironie, Dragan Velikic juxtapose les opportunités manquées de chaque personnage avec les chemins qu’il choisit, dépeignant la vie à la fois réelle et imaginaire.
Pour ce roman doux-amer explorant l’histoire européenne de la fin du xxe siècle d’un point de vue à la fois intime et objectif, Dragan Velikic a reçu les deux prix littéraires les plus importants en Serbie et en ex-Yougoslavie – le prix NIN et le prix Meša Selimovic en 2007.
Prix NIN
Prix international Vilenica

PRESSE

DRAGAN VELIKIC – UN PEREC SERBE ET LUCIDE

« Je me demandais comment qualifier ce livre, et la réponse n’est pas simple : il y a du Perec dans la tentative d’épuisement des détails, du vécu et des pensées, comme du ressenti par tous les sens. Un Perec serbe et lucide, sans illusion mais au plus près de l’humain. En tout cas, voilà un style qui ne m’a pas laissé indifférent« . (Jérôme Vaillant : http://songazine.fr/v2/la-fenetre-russe-dragan-velikic/?fbclid=IwAR3HepXMycPQY1l2b9CQP3aPAw–QUJBf0qyylQgnXcwJnKsfpy59UoLReI ( 16 jan. 2022)

LE JARDIN DE NATIORA : https://lejardindenatiora.wordpress.com/2022/01/28/la-fenetre-russe-de-dragan-velikic%ef%bf%bc/#comment-15560

« Cette fois encore, je suis magnétisée par cette écriture d’une beauté incroyable (encore bravo à la traductrice Maria Bejanovska). Dragan Velikić a la tête remplie d’idées et de mots qui nous touchent en plein cœur. Une vision de la vie douce amère, voire acide, en tout cas lucide. Je me suis sentie très proche de ce personnage Rudi, qui tente tant bien que mal de rester sur les rails dans les virages soudains que prend son existence, en quête de la « pure existence » qu’on lui a vantée.« 

extrait : Chacun n’est qu’un wagon, avec ou sans motrice, mais de toute façon un wagon, a dit Danijel le premier matin sur la terrasse de son appartement. Il voyage sur les rails, attend dans les gares, traverse les croisements, s’arrête au signal qu’il ne peut pas prévoir. Il s’accroche, il se décroche, il change de rame et finit sur une voie sans issue, aux rails envahis par les mauvaises herbes.

UN GRAND ROMAN DE DRAGAN VELIKIC !

UNE TRES BELLE TRAVERSEE, REVEUSE COMME DANS TOUT BEAU VOYAGE EN TRAIN.

»https://viduite.wordpress.com/2022/01/30/la-fenetre-russe-dragan-velikic/

« Quel plaisir de trouver un roman de cette densité, un de ceux dont souvent on s’arrête pour noter des citations, dans lequel plus souvent encore on se reconnaît. On pourrait commencer ainsi l’approche de La fenêtre russe : sa grande réussite est la capacité de Dragan Velikic d’y déployer une géographie imaginaire, « une guide touristique pour une ville universelle », intérieur et donc, en partie imaginaire. Tout est dans ce en partie puisque tout roman tient par la distance qu’il instaure avec une réalité reconnaissable par le lecteur, par ses façons de touchers des vies dont le lecteur puisse deviner la cohérence, comprendre le comportement. « Observer le monde de la bonne hauteur. Éloigné, mais si près. » Nous en sommes tous là, non ? Loin de nous-mêmes, idiots, en se sachant que trop que « seul ce qu’on ne peut pas apprendre à du sens.

DES PEPITES SUR LESQUELLES ON A ENVIE DE S’ATTARDER

Un livre dans ma valise; Babelio

« A l’inverse des poupées russes qui s’imbriquent les unes dans les autres, « fenêtre russe » montre tous les possibles, où tout peut être question d’interprétation et de point de vue. Observer le monde en changeant de fenêtre en permanence est un jeu auquel l’auteur s’est adonné pour le plus grand plaisir des lecteurs…. Certaines de ses phrases ou pensées sont des pépites sur lesquelles on a envie de s’attarder. » (Un livre dans ma valise; Babelio)

DRAGAN VELIKIC AU FESTIVAL ATLANTIDES A NANTES

DRAGAN VELIKIC AU FESTIVAL ATLANTIDES A NANTES

DU 24 AU 27 FEVRIER 2022

LA LIBRAIRIE LES PAPIERS COLLES A DRAGUIGNAN

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L’EXPRESS sur LA FENETRE RUSSE de Dragan VELIKIC

LE LIVRE A NE PAS MANQUER!

« UN ROMAN IMPRESSIONNANT D’INGENIOSITE ET D’ACUITE »

« Un roman ironique, à la structure intrigante, déclinée en deux parties qui se répondent et finissent par composer le passionnant tableau de plusieurs générations de Serbes. »

La Fenêtre russe », roman de l’écrivain et diplomate serbe Dragan Velikic, compose le passionnant tableau de plusieurs générations de ses compatriotes

https://www.lexpress.fr/…/la-fenetre-russe-de-dragan… (6 mars 2022)

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LE FIGARO LITTERAIRE sur LA FENETRE RUSSE (le 3 mars 2022)

« Et Velikic nous conte tout cela avec brio, dans une douce mélancolie en noir et blanc, qui s’achève dans une apothéose choral convoquant les principaux acteurs de ce roman profondément touchant ». -(Thierry Clermont)

https://www.lecteurs.com/livre/la-fenetre-russe/5780602 (fév. 2022)

C’est un voyage dans l’espace et le temps, à la fois, et dans l’omniscience de l’intériorité de chacun : c’est tout le principe de cette fenêtre russe. Préserver son intimité tout en s’initiant à la culture d’autrui….Des mondes élastiques, des mondes doubles et multiples, parallèles et convergents, émaillés d’incessantes interrogations, aux frontières toujours mouvantes depuis celles de l’Europe centrale jusqu’à celles de l’appartement familial. (Géraldine C.)

UN IMMENSE TEXTE

27 avril 2022 Julien Delorme

Toujours dans cet incroyable roman, depuis plus d’un mois. Je corne une page sur trois, dans laquelle je trouve des fulgurances. Il y a une dizaine d’années, Claro avait une boutade qu’il répétait souvent en soirée – quand on lui demandait de lire un extrait ; il disait qu’il faudrait des livres qui ne soient fait que d’extraits, ca serait plus facile. Un extrait, c’est souvent une extraction au forceps d’un morceau de texte, un morceau auquel on peut faire dire ce qu’on veut. Ca pourrait être aussi le signe, pour explorer la pire possibilité, d’un livre où l’auteur aurait enfilé des perles, très jolies, mais qui n’ont pas de cohérence bout à bout. Un truc qui ne se tient pas qui est une collection plus qu’une construction. Cette FENÊTRE RUSSE, c’est un livre d’extraits, mais un de ceux, au contraire de ce que je viens de présenter, dans lequel le tout est plus que la somme des parties. Et donc chaque extrait que je pourrais proposer serait très limitatif pour restituer la puissance du texte (et une fois de plus chapeau à la traductrice Maria Bejanovska, et à Agullo Editions pour nous donner à lire en français cet immense texte)

Au temps pour celles et ceux qui croient que l’âge des grands romans psychologiques est terminée, que Dostoievski ou Sartre ont clôturé le sujet, cette Fenêtre Russe dit énormément sur la condition humaine, et elle le dit d’une manière incroyablement intelligente et élégante.

C’est un livre très dense, et il mérite du temps et de l’attention. Tout comme PAPA TOMBE DANS LA LUNE, de Dieudonne Niangouna, quoique dans un style radicalement différent, je vis avec lui depuis plusieurs semaines, j’entrecoupe la lecture de plus courts textes poétiques pour m’accorder des respirations.

LE MONDE DES LIVRES

DEUX VOIX MAJEURES DES LITTERATURES DES BALKANS : DRAGAN VELIKIC ET SEMEZDIN MEHMEDINOVIC

« Puissants, singuliers brillants, intrigants, dérangeants parfois, ces textes baignent dans une ambiance profondément mitteleuropeenne. Des situations aux contours sans cesse mouvants, comme chez Musil. Des personnages à la Singer, agis par la vie plus qu’ils n’agissent sur elle. Un soupçon de nihilisme à la Cioran, un éclat de rire à la Ionesco et une bonne dose d’ironie à la Kundera. ‘Continue, ce n’est pas mal, conclut le héros de Velikic. Si tu t’organises bien, tout sera insignifiant' ». (Florence Noiville, le Monde, 13 mai 2022)


LE TRAIN COMME UNE METAPHORE

« Chacun n’est qu’un wagon, avec ou sans motrice, mais de toute façon un wagon », ajoute le même Danijel. « Il voyage sur les rails, attend dans les gares, traverse les croisements, s’arrête au signal qu’il ne peut pas prévoir. Il s’accroche et se décroche, change de rame et finit sur une voie sans issue, aux rails envahis par les mauvaises herbes. »

« Ce sont toujours ces mêmes vies anonymes qui s’écoulent aux marges des mondes, dans des scénographies similaires », poursuit ailleurs Dragan Velikić. « Ils ne partent jamais, ils sont des figurants dans les représentations des autres, réduits à des meubles, nés sur une voie secondaire, en attente permanente du sifflet et du signal vert. Il n’existe pas d’aiguillage qui les orienterait vers le lointain où l’on respire à pleins poumons. Leur temps s’écoule hors du monde. »

https://www.courrierdesbalkans.fr/Blog-o-La-vie-est-un-exil (Pierre Glachant)

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DRAGAN VELIKIC A LA COMEDIE DU LIVRE A MONTPELLIER, 21 mai 2022

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EXEMPLAIRE UNIQUE de Milorad Pavic

UN POLAR ONIRIQUE de MILORAD PAVIC : EXEMPLAIRE UNIQUE.

Et, comme toujours chez Pavić, le Diable n’est jamais loin.

Parution le 14 octobre 2021

Ed. Monts Métallifères.

Traduit du serbe par Maria Bejanovska

AlexSandra Klozevitz est un être androgyne qui tient un commerce particulier : c’est un(e) chasseur(se) de rêve, qui vend à qui le souhaite un de ses rêves futurs. Ces rêves, où les fantasmes se mêlent au mythe, s’avèrent prémonitoires. Mais on ne rêve pas ses rêves futurs sans danger, et, très vite, les morts se mettent à tomber.Dans ce polar onirique qui ne cesse de brouiller les pistes et d’abolir les frontières (entre homme et femme, rêve et ­réalité, vie et mort, passé et avenir), nous suivons tour à tour les destinées d’un chanteur d’opéra, celle de sa femme, la magni­fique Markezina Lempicka, et de son amant. On y croise aussi un assassin lanceur de couteaux, un magnat aux ongles arrachés, un lévrier géant, Pouchkine, une irrésistible danseuse de tango, des morts qui convoquent les vivants… Et, comme toujours chez Pavić, le Diable n’est jamais loin.

EXTRAIT » Lorsque vous attrapez un oiseau, ce n’est pas une moitié de cet oiseau que vous attrapez, ou un quart, mais l’oiseau entier, peu importe sa taille. C’est pareil avec les rêves : je peux attraper votre rêve en entier ou pas du tout, peu importe sa longueur. Dans l’intemporel plane aussi cette partie de votre rêve, sa suite que vous ne rêverez jamais, mais qui est déjà là comme les pattes ou la queue sur l’oiseau. Un autre exemple : tout comme les cheveux et les ongles continuent de pousser après la mort, les rêves continuent après la mort, bien qu’ils n’aient pas été rêvés jusqu’au bout pendant la vie. »

Prévisualiser(ouvre un nouvel onglet)

PRESSE

LIVRES HEBDO :Monts Métallifères se lance dans un projet ambitieux : publier Exemplaire unique de l’auteur serbe Milorad Pavić, traduit par Maria Béjanovska (14 octobre). La particularité de ce roman ? L’auteur a tenu à proposer cent fins différentes. « Milorad Pavić souhaitait que chaque lecteur ait un exemplaire unique de l’histoire et choisisse sa fin », souligne Guillaume Mélère.La maison s’apprête à pousser le concept de l’écrivain. « Exemplaire unique sera tiré à 2 500 exemplaires et nous préparons 2 500 exemplaires visuellement différents les uns des autres », explique l’éditeur. L’ouvrage sera disponible dans un coffret au sein duquel les cent fins seront proposées sur des feuilles volantes. Mais surtout, six variations de couverture et dix variations de tampons représentants des objets du roman sont prévues pour rendre les coffrets, assemblés et tamponnés à la main, uniques.

COUP DE COEUR de la librairie PLACE DES LIBRAIRES

Un exemplaire unique (un peu avare en tampons) trône fièrement, car en très bonne compagnie, dans la vitrine de la librairie Textures, à Paris 19!

EXEMPLAIRE UNIQUE de Milorad Pavic dans la vitrine de LE MONTE-EN-L’AIR :

PROPOSEE DANS UNE FORME ÉDITORIALE AUDACIEUSE, UNE FÉÉRIE DE MILORAD PAVIĆ SOUS L’ALIBI DU POLAR. ( Le Matricule des Anges. Par Jérôme Delclos, nov. 2021) :

EXEMPLAIRE UNIQUE dans les vitrines des librairies :

Librairie Ombres blanches à Toulouse

Librairie Série B à Toulouse

SUR LES ONDES DE RADIO CANADA

avec GABRIEL MARCOUX-CHABOT

« Vendredi dernier, sur les ondes de Radio-Canada, je vous parlais de mon amour pour l’auteur serbe Milorad Pavić, de son incontournable Dictionnaire Khazar, de sa Boîte à écriture, que je venais tout juste de recevoir, ainsi que de son Exemplaire unique, dont j’attendais impatiemment la livraison (chez mon libraire, bien entendu). Eh, bien, c’est chose faite! Ce livre delta, aux 100 fins différentes, est maintenant en ma possession! Il s’ajoute donc à ma collection, qui comprend déjà:- Dernier amour à Constantinople (un roman qu’on lit après s’être tiré au Tarot, ce qui fait que chaque parcours de lecture, comme chaque destin, est différent)- Deux éditions (une en français, l’autre en anglais) de Paysage peint avec du thé (un roman qui se lit comme on fait des mots croisés)- Deux éditions (une en français, l’autre en anglais) de L’envers du vent (un roman qui n’a aucune fin et deux commencements)- Une édition en serbe du Dictionnaire khazar (pour le plaisir de la collection, car je ne lis pas le serbe, et aussi parce que les différentes entrées du dictionnaire, placées en ordre alphabétique, font que chaque traduction crée un livre un peu différent)Pour écouter ou réécouter ma présentation de l’œuvre absolument fascinante de cet auteur unique, c’est par ici (dans le segment de 17h15) : https://ici.radio-canada.ca/…/rattrapage-du-vendredi-10…

A la librairie Au Saut du Livre à Joigny, “Exemplaire unique” est dans la très sélective liste de suggestions de cadeaux.

L’HISTOIRE CENT FINS ! »Le génie Pavic récidive dans un roman policier et métaphysique qui laisse le dernier mot aux lecteurs.OUVREZ-MOI, JE SUIS DINGUE !! »A Passages, toujours, “Exemplaire unique” vous dévoilera tous ses secrets…Un merci très chaleureux aux libraires ! 🙏#miloradpavic#exemplaireunique#livreobjet#listedenoel#librairie#livrecadeau#bookstagram#objetunique

EXEMPLAIRE UNIQUE de Milorad Pavic dans la vitrine de la librairie Descours à Lyon!

COUP DE COEUR de la librairie Réservoir Books à Besançon pour EXEMPLAIRE UNIQUE de Milorad Pavic !

EXEMPLAIRE UNIQUE TRONE EN MAJESTE DANS LA LIBRAIRIE LA FRICHE à Paris !🤩 Que ce soit en vitrine avec le dernier Goncourt, ou à l’intérieur en compagnie d’un prix Nobel, Exemplaire unique trône en majesté dans une librairie qu’on adore, La Friche à Paris 11 !

EXEMPLAIRE UNIQUE dans l’émission PALUDES du 7 janvier 2022:

https://charybde2.wordpress.com/2022/05/21/note-de-lecture-exemplaire-unique-milorad-pavic/?fbclid=IwAR1Wo5NvorGx5F0nwK_h3FZDQkCJ7kFAIi_Q7qRl2OamzXlb5sZAhGuH_YM (Hugues Robert, 21 mai 2022) :

« Témoignage aussi féroce qu’enjoué du réalisme magique inscrit au cœur de la littérature slave contemporaine (même le précurseur Mikhaïl Boulgakov et son « Maître et Marguerite » n’auront ici qu’à bien se tenir)…

Avec EXEMPLAIRE UNIQUE, Milorad Pavic nous offre l’un de ces grands moments de littérature inattendue qui ne sont pas si fréquents.

En résonance naturelle avec le « Marelle » (1963) de Julio Cortazar ou avec « Les malchanceux » (1969) de B.S. Johnson, mais également de manière plus transversale avec son propre « Dictionnaire khazar » de 1984, et davantage encore avec son formidable puzzle à disséquer et assembler, « La boîte à écriture » (1999), Milorad Pavić nous offre l’une des plus belles et des plus machiavéliques démonstrations de récit ouvert qui soient. »

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NOSTALGIE DU SUD, poème de Konstantin MILADINOV

A L’APPROCHE DES SOIRÉES POÉTIQUES DE STRUGA QUI FÊTENT CETTE ANNÉE LEUR 60ème ANNIVERSAIRE, VOICI LE POEME-FETICHE DE CETTE MANIFESTATION – NOSTALGIE DU SUD DE KONSTANTIN MILADINOV, ADAPTÉ EN FRANÇAIS PAR EUGÈNE GUILLEVIC et LUCIE ALBERTINI

NOSTALGIE DU SUD

Comment avoir des ailes d’aigle,

et m’envoler dans nos régions,

m ’en aller dans nos pays,

voir Istanbul, voir Koukouche*

voir si là-bas aussi, le soleil

apparaît sombre, comme ici.

Si comme ici le soleil me rencontre,

si là-bas aussi, le soleil luit sinistrement,

pour un lointain voyage je partirai

et dans d’autres pays m’enfuirai,

là où un soleil clair se lève

et où le soleil sème des étoiles.

II fait sombre ici, les ténèbres enveloppent,

un obscur brouillard couvre la terre,

et des gels et des neiges et des poussières,

et des vents puissants et des tempêtes,

tout autour, brouillard et terres gelées,

du froid dans la poitrine et des noires pensées.

Non, je ne peux pas rester ici,

non, je ne peux pas regarder ce gel !

Donnez-moi des ailes

pour m’envoler dans nos régions,

m’en aller dans nos pays,

voir Ohrid, voir Struga.

Là-bas, l’aurore réchauffe l’âme,

et un soleil clair se couche sur la forêt;

là-bas, avec splendeur, la force naturelle

a répandu ses dons:

Tu vois blanchir le lac limpide,

tu le vois, à cause du vent, s’obscurcir en bleu;

et que tu regardes la plaine ou la montagne,

la divine beauté est partout.

Là-bas, de tout cœur, je voudrais jouer du pipeau,

et que le soleil se couche et que je meure.

« Nostalgie du Sud » a connu 74 adaptations et est traduit en 43 langues.

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LE CAHIER VOLE A VINKOVCI de DRAGAN VELIKIC (ISLEDNIK)

SELECTIONNE AVEC SEPT AUTRES ROMANS POUR LE PRIX JEAN MONNET 2021

Traduit du serbe par Maria Béjanovska

Editions AGULLO

Le prix JeanMonnet de littérature européenne est un prix littéraire français, décerné depuis 1995, pendant le LEC Festival (Littératures Européennes Cognac [archive]), qui récompense un auteur européen pour un ouvrage, écrit ou traduit en français.

La nouvelle de la mort de sa mère surprend l’écrivain à Budapest et devient l’occasion d’ouvrir une boîte noire émotionnelle. De fragments de souvenirs en portraits esquissés avec sensibilité, c’est toute l’histoire de l’Istrie du XXe siècle, depuis le grand incendie de Salonique en 1917 jusqu’à nos jours, en passant par l’implosion de l’ex-Yougoslavie dans les années 1990, qui se trouve revisitée à travers les événements, les vies ordinaires ou extraordinaires de ceux qui se sont succédés sur cette terre, et la trace qu’ils ont laissée dans l’esprit du narrateur. L’histoire de pays, de villes, d’hôtels, de chemins de fer qui n’existent plus. De familles détruites et de personnes disparues. C’est aussi, et surtout, un portrait de la mère du narrateur, elle qui toute sa vie a collecté ces fragments, ces morceaux de mémoire, et qui, à la fin de sa vie, a fini par perdre cette mémoire. Un roman sur l’histoire, les histoires, le souvenir, réel ou recréé, les traces qu’on laisse.

PRESSE

«Rarement un livre me laisse sans voix. Et c’est un chef-d’œuvre – une magnifique mosaïque balkanique moderne d’après-guerre dans laquelle l’histoire et la fiction s’intègrent si habilement. Dragan Velikić crée une œuvre de haut niveau, dont vous ne pouvez tout simplement pas vous séparer, et c’est pourquoi, probablement à juste titre, il est considéré comme le nouvel Andrić.  » (Stefanos Cavalierakis, directeur du musée de la ville d’Athènes)

VOICI UN LIVRE PEU ORDINAIRE. TOUCHANT ET SURPRENANT :

« Ce livre vous donne envie de regarder les photos que vous gardez dans une boîte en carton, à la cave, de regarder la vie qui s’est écoulée depuis quelques décennies, et de sentir le parfum fugace de temps révolus ».

Avis des lecteurs :

2 février 2021 : https://www.babelio.com/livres/Velikic-Cahier-vole-a-Vinkovci/1288539

« Quel livre original …Un livre indescriptible , très bien écrit, un tourbillon de personnages qui ont vécu sur ces terres au XXème siècle.Un beau portrait de mère aussi, touchant, déroutant. Comme tout ce livre. « 

« En refermant ce livre, que j’ai lu intensément, passionnément, me sont restées des images, des visages, des tranches de vie, des émotions. Je me sens comme si j’avais moi-même voyagé, et que je ramenais dans mes bagages des souvenirs de rencontres qui m’ont enrichies.Quant à l’écriture, c’est le summum. Elle est d’une beauté ! Quelle maîtrise de la langue ! Bravo à la traductrice Maria Bejanovska, j’ai pris un tel plaisir à lire ce roman. Une véritable symphonie dont la musique entêtante m’a charmée du début à la fin. »

févier 2021 : https://lejardindenatiora.wordpress.com/2021/02/08/le-cahier-vole-a-vinkovci-de-dragan-velikic/:

« Je suis ravie d’avoir eu l’occasion de lire cet ouvrage qui m’a emballée comme rarement. J’ai pu aller à la rencontre d’un auteur, d’un territoire, d’une littérature inconnue ».

LE COUP DE COEUR DE LA LIBRAIRIE AB

Le coup de cœur de Florence pour un formidable roman chez Agullo Editions« Un très beau roman, mélancolique et passionnant. L’auteur adresse à sa mère une lettre d’amour et évoque les endroits et les personnes qui ont traversé son existence. Derrière l’histoire maternelle, apparaît comme par magie l’Histoire de la Yougoslavie.

« Le lecteur ne peut s’empêcher de penser à “La promesse de l’aube” de Romain Gary. Comment ces mères exigeantes, fières jusqu’au ridicule, rêvant de célébrité pour leur progéniture et un brin fantasques, peuvent-elles susciter le désir d’écriture ? »

le 18 mars 2021 https://netsdevoyages.car.blog/2021/03/13/le-cahier-vole-a-vinkovici-dragan-velikic/?fbclid=IwAR0HBqMGU18lAqN68ljTXTcvf_fyx3dWLkdCONK625PtC7jeDSVQSmL_8vA

« Comme Mendelsohn et Sebald , Velikic mène son enquête de manière circulaire. Il tourne et retourne, digresse, retrouve d’anciennes photographies, interroge des témoins comme le vieil horloger nonagénaire. Il fait revivre les anciens souvenirs familiaux comme ceux de son grand père cheminot. Surtout il raconte l’histoire de son ancienne voisine Lizeta, grecque, italienne et juive de Salonique dont les anciennes photos ont enchanté son enfance. L’incendie de Salonique (Aout 1917).

le 17 mars 2021 https://viduite.wordpress.com/2021/03/17/le-cahier-vole-a-vinkovci-dragan-velikic/

UN RECIT MAGISTRAL »Le cahier volé à Vinkovci est un récit magistral, son désordre apparent, ses détours, la plasticité de la prose de Dragan Velikic, donne une image saisissante de l’Istrie, de son histoire pleine de manipulations et de séparations. »

Les Notes (mars 2021) : « Une grande et belle histoire au service d’un émouvant parcours mémoriel »

Revue HISTORIA (mars 2021) par Gérard de Cortanze :

RENCONTRE AVEC DRAGAN VELIKIC avec le journaliste et écrivain Thierry Clermont

Agullo EditionsDemain, mardi 11 mai 2021 à 18H00, nous vous invitons à assister et participer à l’entretien entre l’auteur Dragan Velikić et le journaliste Thierry Clermont sur « Le Cahier volé à Vinkovci », organisé sur Zoom et accessible via le lien ci-dessous. Une retransmission en directe sera disponible sur la page de Institut français de Serbie/ Francuski institut u Srbiji. »Partout où nous allons, nous sommes déjà sur le territoire d’autres vies. « Un roman sur la mémoire, les traces du passé, et l’histoire d’une région, l’Istrie, balayée par tous les tourments de l’Histoire. L’histoire de pays, de villes, d’hôtels, de chemins de fer qui n’existent plus. De familles détruites et de personnes disparues dont les voix résonnent dans une polyphonie brillamment orchestrée par l’auteur.

Lien Zoom 👉https://us02web.zoom.us/j/88097044728

15 mai 2021: le Temps:

C’est une prose très personnelle, nettement à tendance spirituelle et philosophique, qu’est celle de Dragan Velikic, il faut s’y cramponner solidement pour ne pas en perdre le fil, chaque occasion est bonne pour dresser un constat sur un élément du monde qu’il l’entoure, comme si il était capable de voir des choses que le restant des immortels était incapable de voir. J’imagine que la traduction a été plutôt ardue à certains moments, en tout cas, elle est brillante, Maria Bejanovska a accompli là un formidable et minutieux travail de transcription. C’est une écriture très imagée, qu’il faut aborder sans précipitation et prendre le temps de déchiffrer la profondeur du sens de ses écrits.

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L’ENIGME DE LA BOITE A ECRITURE

Les lecteurs de Milorad Pavic qui ont entre leurs mains son dernier roman LA BOITE A ECRITURE ont remarqué qu’il y avait un petit texte, imprimé sur du papier vert, en supplément du livre. A la fin de ce petit texte, Griotte au noyau d’or, est écrit :

Dans ce crime, j’ai un complice. C’est toi qui te trouves dessiné au dos de l’icône du diable. Toi, qui a déjà lu, dans La boîte à écriture, le nom interdit : – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

Pour découvrir ce « nom interdit » qui est celui du meurtrier de Timothée mais aussi l’alter ego de l’auteur de ce livre , il suffit de suivre la trace des parfums cités dans le roman et d’aligner leurs initiales.

Pour vous aider, ce que l’éditeur a oublié de faire, je vous indique les pages ou vous trouverez les noms des parfums : 12, 12, 16, 21, 21, 39 24, 25, 30, 39, 55, 128, 130, 132, 149, 160.

La solution de l’énigme commence par: MOI, suivi des seize initiales.

A vous de jouer !

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Proposition : LE CHEVALIER ET LA BYZANTINE, roman de Kica Kolbe (VITEZOT I VIZANTINKATA, éditions Ili-Ili, Skopje, 2021)

LE ROMAN DE LA FIERTE

« Nous, les hommes, nous croyons au mensonge que nous avons créé », dit Kica Kolbe

« Dans son dernier roman, Kica Kolbe raconte l’amour entre deux doctorants en philosophie à l’université de Bonn. Daniel Kluge est Allemand et Natalia Polenak, née en Allemagne, a des parents originaires d’un pays de l’Est. A travers ces deux personnages l’auteure décrit avec habilité le drame contemporain qui se joue entre l’Est et l’Ouest, c’est-à-dire entre les parties de l’Empire romain éclaté où Byzance est toujours l’objet d’un stéréotype et d’un préjugé dans l’esprit des Occidentaux. Et les stéréotypes, explique l’auteure, survivent pendant des siècles parce qu’ils sont le fruit de demi-vérités.

Ce drame amoureux dans le milieu intellectuel de Bonn, où les personnages brûlent du même éros philosophique en bâtissant leur carrière et leur vie maissouffrent à s’en autodétruire, jusqu’au moment où ils comprennent que « sans empathie le dialogue n’est pas possible ni la capacité de surmonter les préjugés », et encore moins de réaliser l’amour et l’envie d’une vie commune qu’ils désirent tant.

A travers l’amour et la haine entre le Chevalier et la Byzantine, l’auteure explique toute la complexité des rapports qui se nouent entre les deux parties de l’ancien Empire romain et des conséquences tragiques provoquées par la fierté de l’homme occidental et celle, aussi grande et mêlée aux frustrations, de l’homme oriental, particulièrement celui des Balkans qui se voit toujours victimisé dès que quelqu’un lui adresse la moindre critique.

C’est le drame des personnes qui, à la recherche de leur identité dans le passé lointain, oublient qu’ils ont acquis aussi une nouvelle identité européenne qui leur appartient autant qu’à ceux qui sont nés en Occident. Et que les tragédies peuvent être évitées par la compréhension mutuelle afin de construire un avenir commun. » Spasov (universitaire et critique littéraire macédonien)

En lisant le roman Le chevalier et la Byzantine de Kica Kolbe on ne peut s’empêcher de penser au Meurtre à Byzance de Julia Kristeva. Ce sont des exemples parfaits pour une lecture comparée, selon le critique macédonien Atanas Vangelov.

« Le surnom chevalier ne dérangeait pas Daniel car, enfant, il engloutissait des romans moyenâgeux pleins de chevaliers. Il est un symbole pour la civilisation occidentale qui s’estime supérieure à Byzance, à l’époque Empire romain oriental, faisant partie de l’Europe. Dans le roman de Kristeva, la Byzantine c’est Anne Comnène, fille de l’empereur Alexis Comnène, une intellectuelle d’envergure et auteure d’une histoire en vers, « Alexiade », écrite à la façon d’Homère. Anne Comnène devient une obsession pour l’historien Sébastien Chrest Jones. Quand Natalia Polenak de Kica Kolbe cherche à échapper au stéréotype de Balkanique qu’elle remplace par celui de Byzantine, elle donne à penser que, tout comme le Sébastien Chrest Jones de Kristeva, elle est fascinée par cette première intellectuelle de la culture européenne.

Le chapitre « La Byzantine » est essentiel dans le roman de Kica Kolbe avec, notamment, la reconstitution d’un évènement de mai 2004 quand Natalia arrive dans le cercle des doctorants du professeur von Blumenthal. « La fierté fait parfois partie de la beauté à tel point qu’elle couvre la personne d’un voile invisible. » La fierté de Natalia Polenak était une sorte d’armure qu’elle s’était elle-même créée. On savait que derrière sa fierté se cachait sa dignité blessée. La fierté, cette cotte de maille sous laquelle elle cachait son traumatisme, la portant d’une façon si digne comme si elle était devenue qu’elle semblait être devenue sa seconde peau. » Atanas Vangelov (universitaire, critique littéraire macédonien)

Kica KOLBE est écrivaine, essayiste, traductrice et artiste peintre. Elle est née en 1951 en Macédoine dans une famille de réfugiés du nord de la Grèce. Elle a fait ses études de philosophie, d’histoire de l’art et de théorie de la littérature à l’Université de Belgrade (Serbie) et celle de Skopje où elle a obtenu un doctorat avec le sujet « L’esthétique dans la philosophie allemande du dix-huitième siècle ». Pendant une dizaine d’années elle a enseigné l’esthétique à la Faculté de philosophie de Skopje. Elle est membre de l’Association des écrivains de Macédoine et de la Société Macédonienne de Philosophie.

Depuis une trentaine d’années elle vit en Allemagne où elle se consacre à la littérature et à la peinture. Elle écrit en macédonien et en allemand. Le Chevalier et la Byzantine est son cinquieme roman.

Les Egéens (1999) qui traite du sujet de l’exode des Macédoniens pendant la Guerre civile (1945-1948) en Grèce, de leur déracinement et l’impossibilité de retrouver leur pays natal.

           La neige à Casablanca (2007) est un roman sur un pays que l’on veut fuir. Ana, le personnage principal, mène depuis une dizaine d’années une vie de nomade grâce aux bourses des fondations européennes, mais elle fuit sans cesse quelque chose. Les Balkans ? La Macédoine ? Elle-même ? Alors elle décide d’écrire une biographie virtuelle dans laquelle la Macédoine se transforme en Casablanca – une patrie au bout du monde. Cependant la vérité est moins virtuelle. La Macédoine est ensevelie sous une neige centenaire, qui recouvre la terre et les hommes.

« Casablanca, c’est la Macédoine, un pays que l’on cherche sans cesse à couper et découper. Casablanca c’est nous tous avec nos rêves perdus et nos espoirs », dit Kica Kolbe qui, pour ce roman, a reçu le Prix du meilleur roman de l’année en Macédoine, décerné par le journal Utrinski Vesnik. Ce roman était aussi candidat au Prix international Balkanika.

Les femmes Gavrilov (2008). Dans la famille macédonienne Gavrilov de Bitola, les femmes transmettent de génération en génération le secret du tissage en même temps que le secret de leur vie. C’est un véritable filet de noms, d’époques, d’artistes célèbres et de femmes de talent inconnues sur un fond historique et culturel macédonien et européen. Le roman a été nominé pour le Prix Balkanika. 

   Andrew Wachtel, essai sur Les femmes Gavrilov

Pays des réfugiés (2018) est le quatrième roman de Kica Kolbe. La narratrice est une petite fille, Frossé, qui raconte l’exode de sa famille en Macédoine pendant la guerre civile en Grèce (1945-1948). L’accent est mis sur le traumatisme psychologique provoqué par la guerre et la perte du pays natal, sur les sentiments, les peurs mais aussi les espoirs. Ce traumatisme que subissent également et pendant très longtemps les générations suivantes. Un sujet aussi vieux que l’histoire de la guerre mais jamais aussi actuel que de nos jours.

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LA BOITE A ECRITURE, roman de Milorad PAVIC (éditions Le Nouvel Attila, 2021)

sortie le 8 janvier 2021

Un livre-objet mythologique conçu comme une boîte marine passée de main en main, dont chaque chapitre raconte une histoire digne des Mille et une nuits 

 
Mythologie, Histoire, amour, Europe, Balkans… Ce livre-boîte est quelque part une métaphore de Milorad Pavic lui-même, l’auteur du Dictionnaire khazar, qui réussit à faire coïncider les récits et dialoguer les langues, en racontant les histoires trouvées dans ses différents tiroirs.

Un soldat serbe engagé de force dans l’armée bosniaque lors de la dernière guerre en ex-Yougoslavie cherche une méthode linguistique pour oublier sa langue maternelle. Il croise deux sœurs qui échangent des astuces pour s’offrir des fourrures en trompant leurs amants.

Les niveaux et serrures de la boîte guident le plan de l’ouvrage, comme dans un roman de Perec ou de Cortazar. 

 « L’horloge d’amour », une clepsydre mesurant la durée d’un acte (…) est une sorte d’histoire sans paroles de ce qu’est l’amour. »

Traduit du serbe par Maria Béjanovska

la maquette : Gabrielle Coze


 L’AUTEUR Milorad Pavić (1928-2009), est connu comme un Borges slave pour ses romans empreints de labyrinthes, de tiroirs et de constructions ésotériques, où se croisent rêve et réalité. Outre le Dictionnaire khazar, best seller mondial traduit dans près de 36 langues, il a publié des livres en forme de jeu de tarot, de grille de mots croisés, de clepsydre et de miroir…
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PRESSE

UN OBJET-LIVRE MAGISTRAL : http://evlyneleraut.canalblog.com/?fbclid=IwAR0Jj52kCc2Z4EzrSs2NVXApIfxTRpG3kSHfOZ2mgd9hPrAavYKh9jU07SQ

 » Chaque fois que l’Europe tombe malade, elle cherche à soigner les Balkans. » « La boîte à écriture » est un objet-livre magistral. Un phénomène éditorial, une chance inouïe. L’ouvrir délicatement, l’heure est certifiée »

UN AUTRE CHEF-D’OEUVRE DE PAVIC

COUPS DE CŒUR FNAC PIERRE OLIVIER FNAC VÉLIZY :

Du grand art! Après le fascinant « dictionnaire khazar », les éditions Nouvel Attila publient un autre chef-d’œuvre de Pavic, écrivain serbe génial malheureusement trop méconnu. « La boite à écriture » est un livre ludique rempli de mystères et de fantaisies dans lequel le lecteur s’amusera à découvrir ses multiples secrets.

COUP DE COEUR DE LA LIBRAIRIE VIREVOLTE :

UN LIVRE-OBJET FASCINANT, ET SES RECITS A TIROIRS SONT JUSTE SUBLIMES !

UN PETIT BIJOU A DECOUVRIR AU PLUS VITE !

« La Boîte à écriture » de Milorad Pavic est un petit bijou à découvrir au plus vite !

Je n’ai jusqu’alors jamais lu un livre comme celui-ci. Sa forme, qui est loin d’être un artifice, contribue à ce voyage littéraire vraiment hors norme, délicat et profond. » »Que de trésors et de secrets sont enfermés dans ce coffret ! Des objets divers comme une pipe, un couteau, une pièce de monnaie ou encore une pincée de sable, une bande magnétique, un extrait de journal, des lettres, des cartes postales, des confidences, des pages de livre arrachés sont donnés à lire au lecteur avec au départ des liens plus que ténus entre eux. On se laisse donc entraîner dans une espèce de jeu de piste orchestré de fort belle manière par un auteur espiègle grand amateur de jeux d’écriture. »

La suite de la critique sur : http://cafardsathome.canalblog.com/archives/2021/01/30/38787821.html

« Un objet livre poétique et intemporel. On aime s’y perdre dans le temps et l’espace mêlés au cœur de l’intimité des personnages. C’est fascinant et superbement mis en mot pour une lecture différente au charme fou. (Mr K Le 16 Janvier 2021 )

…ET LA BOÏTE INFUSE SA MAGIE…

« Le couple qui se déplace dans le livre, construit de main de maître par Milorad Pavić (1928-2009), l’auteur du célèbre , circule entre Paris et Kotor avec escale à Budapest, Salonique ou Trieste en passant par la Yougoslavie en guerre. En chaque lieu de villégiature se déroule une histoire apparemment autonome avec, sur le devant de la scène, l’un ou l’autre des deux personnages principaux. Peu à peu, la boîte à écriture infuse sa magie. Elle regorge de malices, d’aventures entraînantes, d’odeurs enivrantes, de jeux, de désirs, de duels amoureux. C’est ce que son détenteur découvre au fil de ses investigations. Tous les documents qu’il consulte s’emboîtent et finissent par former bloc. » (Jacques Josse, le 18 février 2021)

Lire toute la critique : https://remue.net/la-boite-a-ecriture…

LE DICTIONNAIRE KHAZAR, UNE OEUVRE OUVERTE SORTIE DE LA BOITE A ECRITURE

par Thierry Guinhut

« De quelle boîte mentale sortit en 1984 LE DICTIONNAIRE KHAZAR? Le moins que l’on puisse dire est que le Serbe Milorad Pavic maîtrise un sens du rangement passablement hétérodoxe. Car jaillissent de sa BOITE A ECRITURE autant les suggestions de l’imaginaire que celles d’un passé incertain. Histoire des Balkans et géographie des steppes, des confins de l’Eurasie confluent dans des histoires d’amour et de guerre, dans des mises en forme insolites autant que dans la grâce rugueuse et inoubliable du mythe. » »Livre-objet infiniment séduisant… un ouvrage onirique de plus en plus enivrant, se démultiplient les histoires, nourries d’échos et de leitmotivs, les appels poétiques, les secrets de la psyché, où la finesse intellectuelle, l’art des drames et de l’imaginaire s’allient à la fantaisie…une constellation d’histoires d’amour qui progresse par tiroirs successifs »

lire la critique complète : 14 avril 2021 : http://www.thierry-guinhut-litteratures.com/2016/01/milorad-pavic-le-dictionnaire-khazar-une-oeuvre-ouverte-au-service-de-l-imaginaire-d-un-peuple-disparu.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmaillie&fbclid=IwAR1DVRR3ocGMORicw6LgWzCs07GS9OCVadeeSycCnM6HLPD3snXUtAc7KiE

LA BOITE MAGIQUE DE MILORAD PAVIC

Un film documentaire consacré à l’oeuvre de Milorad Pavic. Une occasion de découvrir le cadre dans lequel il a écrit ses oeuvres mondialement connues, son bureau du 19ème siècle, les miroirs qui ont inspiré les rêves du Dictionnaire khazar, et la fameuse boîte à écriture aux tiroirs secrets qu’il a véritablement achetée à Kotor et dont a surgi son roman LA BOITE A ECRTURE qu vient d’être publié en français. Même si vous ne comprenez pas le serbe, les images parlent toutes les langues.

mai 2021 LE MATRICULE DES ANGES

« Hérité du Dictionnaire khazar avec ses « chasseurs » et « lecteurs » de rêves, I’onirisme y est omniprésent. Ainsi que les parfums, pour lesquels les . personnages féminins sont dotés d’un odorat hors du commun. Les histoires de couteaux et de duels rappelleront bien sûr Borges, mais un Borges moins prude, comme en témoigne, dans l’un des « petits compartiments noirs et blancs »», ce vieux sifflet en forme de phallus » : « Le sifflet sert à appeler l’esprit des morts. Le son est bizarre, quelque chose comme: « Kmt ! Kmt ! Kmt ! ». À son appel répondent les rêves glacés des âmes mortes quand ils se perdent dans les rêves des vivants pour s’y réchauffer ». (Jérôme Delclos)

LA BOITE A ECRITURE – UN CHEF D’OEUVRE https://charybde2.wordpress.com/2021/08/18/note-de-lecture-la-boite-a-ecriture-milorad-pavic/ (par Hugues)

Un puzzle ténu et magnifique, en trois dimensions et en plusieurs trames narratives à reconstituer le cas échéant, contenu dans une simple boîte à écriture de marine, entre France, Bosnie et Monténégro. Un chef-d’œuvre.

COUP DE COEUR DE LA LIBRAIRIE LE DIVAN A PARIS !https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782371000155-la-boite-a-ecriture-milorad-pavic/?fbclid=IwAR0zKO72SCCzOeb3lNACSuq4tI4G3LwDpjkXJ2ncjSbUrYWscQsVMb2tfKE

Librairie Le Divan aime et vous conseille:

ATTENTION ! OVNI littéraire inventif ! Pavic revient avec un ouvrage toujours aussi curieux qu’étonnant. Digne héritier de Calvino et Boulgakov. À découvrir sans attendre!

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LE CAHIER VOLE A VINKOVCI, roman de Dragan VELIKIC (Ed. Agullo, 2021)

LE CAHIER VOLE A VINKOVCI fait partie de la sélection pour le PRIX JEAN MONNET 2021!

sortie le 25 février 2021

«Rarement un livre me laisse sans voix. Et c’est un chef-d’œuvre – une magnifique mosaïque balkanique moderne d’après-guerre dans laquelle l’histoire et la fiction s’intègrent si habilement. Dragan Velikić crée une œuvre de haut niveau, dont vous ne pouvez tout simplement pas vous séparer, et c’est pourquoi, probablement à juste titre, il est considéré comme le nouvel Andrić.  » (Stefanos Cavalierakis, directeur du musée de la ville d’Athènes)

La nouvelle de la mort de sa mère surprend l’écrivain à Budapest et devient l’occasion d’ouvrir une boîte noire émotionnelle. De fragments de souvenirs en portraits esquissés avec sensibilité, c’est toute l’histoire de l’Istrie du XXe siècle, depuis le grand incendie de Salonique en 1917 jusqu’à nos jours, en passant par l’implosion de l’ex-Yougoslavie dans les années 1990, qui se trouve revisitée à travers les événements, les vies ordinaires ou extraordinaires de ceux qui se sont succédés sur cette terre, et la trace qu’ils ont laissée dans l’esprit du narrateur. L’histoire de pays, de villes, d’hôtels, de chemins de fer qui n’existent plus. De familles détruites et de personnes disparues. C’est aussi, et surtout, un portrait de la mère du narrateur, elle qui toute sa vie a collecté ces fragments, ces morceaux de mémoire, et qui, à la fin de sa vie, a fini par perdre cette mémoire. Un roman sur l’histoire, les histoires, le souvenir, réel ou recréé, les traces qu’on laisse.

Dragan Velikić est né à Belgrade en 1953. Après des études de Lettres, il dirige les éditions de Radio 92 et écrit des chroniques pour diverses revues. Ambassadeur de la République de Serbie entre 2005 et 2009, il est l’un des écrivains contemporains les plus connus de Serbie et a publié de nombreux romans, nouvelles et essais. Il a obtenu deux fois le prestigieux prix NIN : en 2007 pour son roman Ruski prozor, et en 2015 pour Le Cahier Volé à Vinkovci (Islednik). Ce dernier a en outre reçu le prix Vital et est traduit en onze langues dont l’allemand, l’italien et le grec. En 2019, Dragan Velikic a reçu le prix littéraire international Vilenica, récompensant l’ensemble de son œuvre. Il vit aujourd’hui à Belgrade.

DRAGAN VELIKIC, est lauréat de nombreux Prix dont deux fois de celui de NIN (le Goncourt serbe) et de VILENICA pour son oeuvre complète qui est traduite en 16 langues européennes, en farsi et en arabe.

Editions en hongrois, en farsi et en arabe

PRESSE

Magazine VSD, fevrier 2021 : « splendide voyage en Istrie ».

6 février 2021 : http://songazine.fr/v2/le-cahier-vole-a-vinkovci-dragan-velikic/

VOICI UN LIVRE PEU ORDINAIRE. TOUCHANT ET SURPRENANT :

« Ce livre vous donne envie de regarder les photos que vous gardez dans une boîte en carton, à la cave, de regarder la vie qui s’est écoulée depuis quelques décennies, et de sentir le parfum fugace de temps révolus ».

Avis des lecteurs :

2 février 2021 : https://www.babelio.com/livres/Velikic-Cahier-vole-a-Vinkovci/1288539

« Quel livre original …Un livre indescriptible , très bien écrit, un tourbillon de personnages qui ont vécu sur ces terres au XXème siècle.Un beau portrait de mère aussi, touchant, déroutant. Comme tout ce livre. « 

« En refermant ce livre, que j’ai lu intensément, passionnément, me sont restées des images, des visages, des tranches de vie, des émotions. Je me sens comme si j’avais moi-même voyagé, et que je ramenais dans mes bagages des souvenirs de rencontres qui m’ont enrichies.Quant à l’écriture, c’est le summum. Elle est d’une beauté ! Quelle maîtrise de la langue ! Bravo à la traductrice Maria Bejanovska, j’ai pris un tel plaisir à lire ce roman. Une véritable symphonie dont la musique entêtante m’a charmée du début à la fin. »

févier 2021 : https://lejardindenatiora.wordpress.com/2021/02/08/le-cahier-vole-a-vinkovci-de-dragan-velikic/:

« Je suis ravie d’avoir eu l’occasion de lire cet ouvrage qui m’a emballée comme rarement. J’ai pu aller à la rencontre d’un auteur, d’un territoire, d’une littérature inconnue ».

LE COUP DE COEUR DE LA LIBRAIRIE AB

Le coup de cœur de Florence pour un formidable roman chez Agullo Editions« Un très beau roman, mélancolique et passionnant. L’auteur adresse à sa mère une lettre d’amour et évoque les endroits et les personnes qui ont traversé son existence. Derrière l’histoire maternelle, apparaît comme par magie l’Histoire de la Yougoslavie.

Le 24 février

LE CAHIER VOLE A VINKOVCI fait partie de la sélection pour le PRIX JEAN MONNET 2021!

Ce prix récompense chaque année un écrivain ou une écrivaine pour un ouvrage traduit ou écrit en français durant l’année écoulée.  8 titres sont aujourd’hui en lice pour cette 27e édition de la récompense. 

Le 25 février 2021

« Dans son dernier roman déjà sélectionné pour le “Prix Jean Monnet de littérature européenne”, l’écrivain serbe Dragan Velikić nous entraîne à la recherche de la mémoire, celle du “cahier volé” où la mère du narrateur notait le nom des hôtels lors de ses errances à travers l’Istrie. Mais au-delà de l’histoire de son pays, c’est sur sa propre vocation d’écrivain que s’interroge l’auteur. »

« Le lecteur ne peut s’empêcher de penser à “La promesse de l’aube” de Romain Gary. Comment ces mères exigeantes, fières jusqu’au ridicule, rêvant de célébrité pour leur progéniture et un brin fantasques, peuvent-elles susciter le désir d’écriture ? »

le 18 mars 2021 https://netsdevoyages.car.blog/2021/03/13/le-cahier-vole-a-vinkovici-dragan-velikic/?fbclid=IwAR0HBqMGU18lAqN68ljTXTcvf_fyx3dWLkdCONK625PtC7jeDSVQSmL_8vA

« Comme Mendelsohn et Sebald , Velikic mène son enquête de manière circulaire. Il tourne et retourne, digresse, retrouve d’anciennes photographies, interroge des témoins comme le vieil horloger nonagénaire. Il fait revivre les anciens souvenirs familiaux comme ceux de son grand père cheminot. Surtout il raconte l’histoire de son ancienne voisine Lizeta, grecque, italienne et juive de Salonique dont les anciennes photos ont enchanté son enfance. L’incendie de Salonique (Aout 1917).

le 17 mars 2021 https://viduite.wordpress.com/2021/03/17/le-cahier-vole-a-vinkovci-dragan-velikic/

UN RECIT MAGISTRAL »Le cahier volé à Vinkovci est un récit magistral, son désordre apparent, ses détours, la plasticité de la prose de Dragan Velikic, donne une image saisissante de l’Istrie, de son histoire pleine de manipulations et de séparations. »

Les Notes (mars 2021) : « Une grande et belle histoire au service d’un émouvant parcours mémoriel »:

Revue HISTORIA (mars 2021) par Gérard de Cortanze :

le 7 mai 2021

https://www.courrierdesbalkans.fr/Blog-o-un-livre-de-la-memoire-et-de-la-colere?fbclid=IwAR2x0ycnU-m6J0I5rEEZ-kkXW1yILrR3zAoXpNxkQHM9l3wwodnLf2i8yVg#.YJZjhbEjQ3Q.facebook

UN LIVRE DE LA MEMOIRE ET DE LA COLERE » Dragan Velikic nous livre avec Le Cahier volé à Vinkovci un récit puissant, sinueux et émouvant, mais aussi traversé d’élans de colère, sur la fuite du temps et les bouleversements du monde. » (Pierre Glachant)

le 10 mai 2021

UNE PROSE TRES PERSONNELLE, A TENDANCE SPIRITUELLE ET PHILOSOPHIQUE » J’ai découvert un auteur avec une vraie finesse d’esprit et une vision très clairvoyante sur sa propre famille, son pays et qui possède d’une façon bien à lui de saisir et recréer le temps qui passe, et surtout la façon dont il passe. On se laisse voguer au fil de la pensée et des mots du lauréat du prestigieux prix Nin, qui clôt son périple, comme il l’a commencé à Belgrade, là où l’a commencé. Là d’où il aimerait repartir. »

« J’imagine que la traduction a été plutôt ardue à certains moments, en tout cas, elle est brillante, Maria Bejanovska a accompli là un formidable et minutieux travail de transcription. C’est une écriture très imagée, qu’il faut aborder sans précipitation et prendre le temps de déchiffrer la profondeur du sens de ses écrits.

https://tempsdelectureblog.wordpress.com/…/le…/…

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L’EUROPE PARLE MA LANGUE MATERNELLE (Vele Smilevski)

Vele Smilevski

L’EUROPE PARLE MA LANGUE MATERNELLE

Poème consacré aux poètes européens lauréats de la Couronne d’or décernée aux Soirées poétiques de Struga*, dont les poèmes sont traduits en langue macédonienne.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Nichita Stanescu à l’embouchure du Drim noir nous dit :

Je ne suis qu’une tache de sang qui parle.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Yves Bonnefoy cherche l’endroit triste

Où brille le poème du rêve.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Hans Magnus Enzensberger ajoute

Au labeur de Sisyphe le poids de la douceur 

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Raphaël Alberti traduit le souffle

Du vent libre et de son écho.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Artur Lundkvist livre à l’instant

La seule chose que nous avons et perdons sans cesse.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Tadeusz Rozewicz au bord du Lac, à l’aube,

Écrit le poème des choses à la fois proches et lointaines.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Ted Hughes rappelle : le pillage n’a jamais enrichi personne

Sinon le monument aux morts.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Lyubomir Levchev s’éloigne de « la rue sans nom »

Avertissant : là vit la fin.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Justo Jorge Padron dans une forêt de livres

Perçoit une foule qui souffre, vieillit et meurt.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Ferenc Juhasz dans un vers dessine un papillon

Qui telle une étoile au sourire divin annonce.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand Blaže Koneski assis en bordure du champ paternel

Dit avec douceur un simple et rude poème macédonien.

L’Europe parle ma langue maternelle

Quand le souvenir nous angoisse

Comme Edoardo Sanguineti qui au bord du Drim noir

Écrivit la main tremblante :

Je vis pour comprendre pourquoi en vivant

J’écris afin de comprendre pourquoi j’écris !

Et seulement après s’en retourna chez lui, par-delà la mer

Où se jette le Drim.

* Les soirées poétiques de Struga (SPE) (en macédonien : Struški večeri na poezijata, SVP) est un festival international de poésie  qui se tient chaque année à Struga, en Macédoine, depuis 1962.

Traduit du macédonien par Maria Béjanovska

Vele Smilevski (1949) , poète macédonien, essayiste, critique littéraire, professeur, journaliste et éditeur. Il est l’auteur de 14 recueils de poèmes, 2 romans et plusieurs dizaines de livres d’essais. Il a été Président de l’Association des écrivains de Macédoine pendant plusieurs mandats, Président des Soirées poétiques de Struga et membre du PEN club macédonien. Il est lauréat de nombreux Prix dont Grigor Prlicev (2012)

Le lac d’Ohrid

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ELOGE DU CONTRAIRE, essais de Goran Stéfanovski

En attendant la publication des essais de Goran Stefanovski, prévue pour l’année 2021 aux éditions L’Espace d’un instant, Paris, voici un court extrait :

« « Je suis fier de notre ténacité. Malgré notre identité détériorée, les mains liées, la bouche bâillonnée, la négation de ce que nous sommes et le morcellement de notre terre, je suis vivant et j’ai soif de la vie. Je sais que j’existe grâce à leur acharnement à vouloir me faire disparaître. Ma ténacité surgit du mortier dans lequel on m’écrase et de la poêle où l’on me fait frire. Ce mortier et cette poêle sont justement les lieux de mon pouvoir. »

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Radovan Pavlovski, le prince de la métaphore

Radovan Pavlovski – le prince de la métaphore –

le poète qui a « marié son âme aux longs chemins ».

Radovan Pavlovski est apparu dans la poésie macédonienne comme une pierre météorite. Dans les années 60, un jeune homme d’une vingtaine d’années débarquait on ne sait d’où. Il arrivait d’un lycée de province et avait composé des poèmes dans les marges de ses travaux scolaires. Il venait d’un village, perdu dans la montagne, inconnu de toute géographie, quelque part en Macédoine. C’est ce petit village, Železna Reka (Rivière de fer), souvent nommé dans ses poèmes, qui l’a façonné comme poète en le nourrissant de récits légendaires, de pratiques plus ou moins magiques, de rapports intimes avec la nature et la société paysanne.

Et voilà, ce jeune homme, étrangement doué, qui descend de sa montagne, ce garçon un peu bizarre, et qui se sent lui-même porteur de secrets qu’il ignore, il a sous le bras des cahiers pleins de griffonnages. C’est un poète, on le saura tout de suite, et d’évidence.

A Skopje il fera des études de droit et de littérature, travaillera comme journaliste et ne cessera d’écrire et de voyager. Il consacrera sa vie à la poésie.  A ce jour, il a publié 70 recueils de poésie et a parcouru le monde entier: Chypre, Sirie, Liban, Egypte, Russie (Moscou, Tachkent, Samarkand, Volgograd, Leningrad, Angleterre (Londre, Oxford), France ( il a séjourné pendant trois mois à Paris). En 2006, il est devenu membre de l’Académie macédonienne des Sciences et des Arts.

Ses poèmes sont traduits en cinquante langues dont en français  : Un autre oiseau dans un autre temps (Ed. L’Age d’Homme, 1981), un recueil épuisé depuis très longtemps.

« J’ai marié mon âme aux longs chemins. J’ai commencé à étudier le droit, mais la chimie et la magie du mot passaient par-dessus le droit, dans mon cas – le droit romain. Puis j’ai eu mon diplôme de littérature, je n’ai pas eu la meilleure note, le dix, j’ai obtenu le neuf parce que j’ai dit aux professeurs que Don Quichotte ne pouvait être écrit qu’en Espagne, comme Hamlet qu’en Angleterre et, dans le monde slave, Oblomov de Gontcharov qu’en Russie, pour tout l’oblomovisme de notre monde. Chaque poème à son pays natal, dans ma vie je n’ai jamais été ni rédacteur en chef, ni membre d’un jury, mais je sais que l’existence de mon peuple vit en moi et avec moi. » (Radovan Pavlovski)

MAIA

1.

Ce me fut une malédiction de regarder les étoiles le jour mon âme éteignait la foudre

Je m’approchais de toi mes doigts se remplissaient de nuit et de paroles

J’avais peur de me coucher seul sur la route comme un vagabond et m’endormir

Craignant que ne viennent les fourmis impériales me déchirer la peau

Mais tu m’enlevais dans les airs

Et comme un oiseau je perchais sur la tour

Tandis que devant moi mon âme éteignait la foudre

Dont s’illuminaient les nuages.

Nous choisîmes l’endroit. Un endroit pour des jardins et pour des cloches

J’entrais comme un cueilleur dans le jardin moi plein de sifflets

Et toi pleine de fruits. Je vis autour de nous des traces de voleurs

L’aurore glissait entre les doigts. Les grillons enfouissaient dans la terre

Une fleur blanche afin que l’hiver conserve quelque beauté

Je débroussaillais le chemin pour qu’il ne t’arrive aucun mal

Ce me fut une malédiction de regarder les étoiles le jour

Nous écoutions dans l’air les pleurs de notre progéniture

J’anéantissais toute autre richesse

Pour qu’on ne voie plus que notre pure richesse

Un incendie au cœur

J’étendais le bras sur la terre puisque tu venais

O cloches orgueilleuses qui avaient ébranlé le ciel

Parfumé de serpolet.

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EZERSKA – Poèmes du lac, de Risto Lazarov

Picture of a Lake Ohrid, Macedonia

Au milieu du lac

C’est sur une petite barque

au milieu du lac

que tu vois le mieux

comme il est grand.

Alors le coin de ton sourire

bleuit un peu :

au-dessus de toi un grand oiseau

sait que tu n’es pas protégé

et crie à tue-tête des prédictions.

Il est devenu fou de bonheur,

oh, il va se poser au fond du lac !

D’où on verrait le mieux

comme tu coules, toi aussi, et peines,

avant de te noyer,

à recoudre

ton dernier rêve.

Avec une aiguille d’eau. 

EZERSKA – POEMES DU LAC de Risto Lazarov

          

Risto Lazarov  (né en 1949 à Štip, Macédoine ) est poète, essayiste, critique, journaliste, traducteur et éditeur. Il est l’auteur d’une trentaine de recueils de poésie, de Oiseau nocturne dans le parc (1972) à Poèmes du lac (2020).

Ses poèmes sont traduits en anglais, en allemand, en russe, en serbe, en bulgare, en albanais, en slovène, en tchèque, en turc… Il a reçu de nombreux Prix dont celui des Soirées poétiques de Struga et, en 2019, « La plume de Kočić » et « Le livre de Kočić».

Il a traduit en macédonien Ceslav Milosh, Carl Sandburg, Charles Simić, Miljenko Jergović, Dragan Velikić, Abdulah Sidran, …

Risto Lazarov est membre de l’Association des écrivains de Macédoine. Il a été Président du PEN club macédonien de 2006 à 2014.

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